La nuit de tous les dangers... suite!

 

25 décembre

 

Je ne croyais pas si bien dire hier soir, 24 - dans mon dernier blog, juste avant que Benoît n’entre dans la basilique -, que c’était la nuit de tous les dangers… depuis la première, il y a 2000 ans, jusqu’à ce soir-là

 

L' « incident » est donc intervenu durant la procession qui marque le début de la célébration, exceptionnellement entamée jeudi à 22 h cette année[1] pour ménager le pape, âgé de 82 ans.

 

 

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Elle se prépare à sauter au-dessus de la barrière, saute… Elle prend le Pape par le col…

 

Des images filmées par des cameramen amateurs montrent en effet une femme au blouson rouge qui saute la barrière de sécurité, prend le pape par le col et le tire vers elle, le faisant tomber à terre, alors qu'il s'avançait dans la basilique accompagné d'une trentaine de cardinaux[2].

 

C’est là que le sens va diverger DE SUITE

 

  1. "C'était une agression mais pas dangereuse, car elle n'était pas armée", a expliqué à l'AFP le porte-parole du pape, le père Federico Lombardi, soulignant "la grande maîtrise de soi et de la situation" dont a fait preuve Benoît XVI qui s'est rapidement relevé pour célébrer la cinquième messe de Noël de son pontificat comme si rien ne s'était passé.
  2. Il s’agit d’une inconnue : elle a été arrêtée et était interrogée jeudi soir (donc pendant et après la messe de minuit 22h30) par les gendarmes du Vatican. Il semble qu'elle souffre de troubles psychiques.
  3. Dans son homélie, Benoît XVI a dénoncé "l'égoïsme, celui du groupe comme celui de l'individu", qui "nous tient prisonniers de nos intérêts et de nos désirs, qui s'opposent à la vérité et nous séparent les uns des autres".

 

Souvenons-nous… 2007, 2008, 2009, …

ü      L'an dernier, 2008, à la fin de la Messe de Minuit, une femme avait également escaladé des barrières et s'était approché du pape, mais avait été maîtrisée avant de parvenir à lui.

ü      Mais cet incident-ci, 2009, est le premier au cours duquel un assaillant parvient aussi près de Benoît XVI.

ü      Ce n'était pas le premier incident au Vatican. En 2007, lors d'une audience en plein air place Saint-Pierre, un Allemand perturbé avait sauté les barrières de sécurité et agrippé l'arrière de la voiture découverte du pape, avant d'être appréhendé par la sécurité.

 

Et il y avait eu la tentative d'assassinat de Jean-Paul II par Mehmet Ali Agça en 1981.

 

MOI,

je ne crois pas qu’il faille nécessairement souffrir de troubles psychiques, être déséquilibré ou perturbé, pour en arriver à ces extrémités.

Je ne crois pas que ces deux femmes et cet homme n’avaient pas, n’aient pas des raisons de se livrer intentionnellement à ces éclats dans un endroit aussi significatif du catholicisme romain « où tout semble (devoir) aller de soi … sicut erat in principio et nunc et semper et in saecula saeculorum. Amen !

 

« Elle n’était pas armée ! » La belle affaire ! Faudra-t-il en arriver au meurtre ?

 

 

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Toute cette année 2009 est considérée comme une année horribilis pour une grande partie des chrétiens romains. Après les années précédentes, il suffit de rappeler pour 2009

  1. "L'utilisation des préservatifs aggrave le sida", le 17 mars 2009, dans un avion qui l'emmenait en Afrique.
  2. « Pas d'avortement, même thérapeutique », le 21 mars 2009, suite à l'excommunication d'un médecin qui a fait avorté une petite fille de 9 ans, enceinte après avoir été violée par son beau-père.
  3. « Réintégrer un évêque négationniste », en réintégrant [Monseigneur] Williamson alors que celui-ci venait de dire qu'il n'y avait pas de preuve de l'existence des camps de concentration : mais finalement, après un temps très long de réflexion, décidant que « cela faisait un peu trop » !
  4. Et dernièrement la course aux Anglicans
  5. et la vénérabilité ensemble de JP II et de Pie XII !

 

In cauda venenum ! comme si rien ne s'était passé, a donc finalement expliqué à l'AFP le porte-parole du pape, le père Federico Lombardi, soulignant "la grande maîtrise de soi et de la situation" dont a fait preuve Benoît XVI qui s'est rapidement relevé.

 

Donc RAS ! Circulez !

Roma locuta, Causa audita !

 

 

 

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[1] Foi de vaticaniste : la première fois dans l’histoire du Vatican !

[2] Dans la bousculade, le cardinal français Roger Etchegaray, 87 ans, s'en est cassé le fémur et a été hospitalisé.

 

La nuit de tous les dangers...

24 décembre 2009

 

Depuis mon retour des Caraïbes (mi novembre), rien n’allait plus : lassitude, dégoût, acédie…

 

Et puis il y a 3 semaines, vers le 5 décembre, ma jambe droite se met à gonfler tandis que j’éprouve des tremblements de fièvre…

Phlébite… ? Médecin, traitement, rien n’y fait !

Le 12,  second accès de tremblements : doppler, piqûres… Ce n’est pas une attaque de phlébite !

Qu’est-ce ?

Les symptômes feront conclure à de l’érésipèle… Infection ! Cap sur Fontprè à Toulon…

Traitement : tout dégonfle : pénicilline, pénicilline, pénicilline…

 

Les maisons de convalescence étant sur occupées par les vieux parents que les français y placent pour s’en débarrasser ces jours-ci…, me voilà donc rentré dans mon loft…

Tout est bien…

 

Je serai donc seul cette année le 24.

Je méditerai, face à face avec le sens des choses.

 

Je vous souhaite de bonnes fêtes de Noël : rendez-vous autour des lumières de la nuit !

 

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... pourvu qu'il n'arrive rien au Père Noël...

 

A propos, si vous ne L'avez pas encore lu...

 

s  (dans la série best seller à La Sorbonne, Nice...

attention...

AVENT

 

 

 

Dans quatre semaines, un enfant naîtra, comme chaque année depuis 2000 ans, dans un Bethléem qui n’a pas changé : les occupations se suivent et se ressemblent, de la romaine à l’israélienne ! Certaines situations s’éternisent, car elles sont le ‘propre’ même de l’homme dont le péché s’acharne à exploiter ses semblables et à les soumettre au profit – le sien, bien sûr !-, qu’il soit économique, politique, idéologique ou culturel…

 

Noël aussi doit s’interpréter (au sens d’une interprétation musicale…) dans ce contexte !

 

Rome (Benoît XVI) aime faire des déclarations du genre:

« L’esprit de consommation risque de faire perdre la signification spirituelle de Noël pour ne voir que l’échange de cadeaux commerciaux. (…) Mais peut-être que la crise mondiale qui touche tant de familles et toute l’humanité peut être un stimulant pour redécouvrir la chaleur, la simplicité, l’amitié et la solidarité qui sont les valeurs mêmes de Noël ». Noël serait à accueillir comme un cadeau personnel : un « message d’espérance qui émane du mystère de la naissance du Christ … Même un non-croyant peut percevoir quelque chose de sa dimension extraordinaire, de sa transcendance, de son caractère intime qui parle au cœur ».

Et c’est vrai !

Paris dit de bien belles choses aussi (Cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris et président de la Conférence des évêques de France) : cette année, la « proclamation » de la naissance du Christ « survient alors que s’accumulent bien des raisons de s’inquiéter ». « Et pourtant c’est bien dans cette vie-là avec ses limites et ses ombres que Dieu a choisi de dresser sa tente … Il ne nous invite pas à sa joie parce qu’il saurait que les choses ne vont pas trop mal, que le plein-emploi serait proche, la guérison des malades presque acquise, la parfaite compréhension entre les hommes en très bonne voie. Dieu nous invite à la joie parce que vient au milieu de nous le Sauveur de tous les hommes. (…) Ceux qui choisissent de vivre avec le Christ trouvent en lui la raison d’être heureux, heureux de l’amour de Dieu, heureux de le partager, heureux d’aider les autres à voir leur vie sous un jour positif, heureux de contribuer à soulager les misères et à construire un monde plus juste. »

Qui peut dire le contraire ?

 

 

 

 

 

Le Conseil des Églises chrétiennes en France (Catholiques, Protestants et Orthodoxes) nous somme à une triple injonction pratique : lucidité, espérance, fraternité.

  1. Lucidité. Notre monde est en crise. (…) La “solution” toujours plus de consommation est une fuite en avant » (…).
  2. Espérance. (…) Dans une situation actuelle lourde de défiances multiples, il nous appartient de choisir de vivre dans la confiance et l’espérance. (…)
  3. Fraternité. (…) Sachons écouter celles et ceux qui nous invitent à “fêter Noël autrement”. Avec eux, choisissons la paix envers la planète et entre tous ceux qui la peuplent. 

 

 

Et Jacques Turck (Directeur du Service national Famille et Société) exige lui, une quadruple attitude : Comprendre, protester, agir, espérer.

  1. Comprendre : Personne ne semble plus rien comprendre à sa vie, à l’opposé des connaissances scientifiques qui s’affinent pour le bien de l’humanité. Personne ne semble plus pouvoir dominer la financiarisation de l’économie. La démesure a fait perdre le Nord à la boussole de la raison. La cupidité a créé des distances… : entre la finance et l’économie, entre le capital et le travail, entre les hyperactifs et les sans emploi, entre ceux qui possèdent et ceux qui ont faim, soif, qui sont sans toit et sans soins.

Ø      Cette distance EST le péché de richesse par excellence.

  1. Protester : Chacun se croit autorisé maintenant à revendiquer des droits qui le tournent toujours davantage vers lui-même que vers les autres. Pour leur obtention, l’individu est prêt à mettre tous les autres à son service. Il est urgent de dresser l’état des privilèges acquis à une époque où ils avaient leur raison d’être et qui aujourd’hui fragilisent ceux qui ont besoin de se déplacer, d’apprendre, de soigner, de travailler.

Ø      Nous SOMMES en état de péché quand les pays riches -dont nous sommes- transforment leur territoire en une propriété privée

  1. Espérer : L’espérance est confrontée à une crise spirituelle que seuls les entrepreneurs peuvent relever. Loin de nous la peur : il s’agit moins que jamais d’enterrer son imagination et ses biens au lieu de les mettre au service des autres. … Plus qu’un message, Noël est un visage.

Ø      La paresse EST un péché aussi grand que l’excès.

 

A Noël Dieu prend un visage qui ouvre un chemin tout tracé pour servir l’humanité dans la tourmente. Il faut désormais vivre Noël « autrement » !

 

 

 

Je ne vous dis pas encore Joyeux Noël : mais Bon Avent !

 

SIC TRANSIT

 

 

AVANT HIER

Z Ziggurat, Babel, Irak

HIER

 Tvin Towers, Manhattan

AUJOURD'HUI

 

To day Babels (Burj Dubai)

 

 

Banque Mondiale, New York

 

A SUIVRE...

 

 

 

 Ground Zero, New York

 

 

Bonne Année... liturgique!

 

 

 

 

 

 

... & par omission...

 

Pour les chrétiens en mal d’omission et de négligence …


      O Vérité chérie, ô juste Équité de Dieu,

comment comparaîtrai-je devant ta face, portant mon iniquité...,

le fardeau de ma trop grande négligence ?

Le trésor de la foi chrétienne et de la vie spirituelle,

hélas,

je ne l'ai pas donné au trésor des banquiers de la charité,

où tu aurais pu le retirer ensuite, selon ta volonté,

accru des intérêts de toute la perfection.

Le talent à moi confié, mon temps,

non seulement je l'ai dépensé en vain,

mais je l'ai même laissé fuir, gâté et perdu totalement.

Où irai-je ? De quel côté me tournerai-je ? « Où fuirai-je loin de ta face ? » (Ps 138,7)

 

o 

      O Vérité,

tu as pour assesseurs inséparables la justice et l'équité...

Malheur à moi, si je comparais devant ton tribunal

sans avoir d'avocat qui réponde pour moi.

O Charité,

toi, arrive à ma décharge.

Toi, réponds pour moi.

Toi, sollicite mon pardon.

Toi, plaide ma cause afin que, grâce à toi, je vive.


Sainte Gertrude d'Helfta (1256-1301), moniale bénédictine
Les Exercices, 7, Prime (trad. SC 127, p. 265 rev.)

Emprunté à EAQ, 18 nov 2009

DE QUI SOMMES-NOUS LES CONTEMPORAINS?

 

 

Job, notre contemporain

 

 

 A Françoise Mies…

 

Bénir ou maudire Dieu, c’est ce qui, un jour ou l’autre, frappe la foi au long cours …

Se plaindre de Dieu, c’est pousser un cri : à la fois un reproche et une demande de sens

Job, sur sa paillasse, se plaint avant tout de Dieu… à Dieu !

 

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Dieu l'avait créé avec bonté, et aujourd'hui, il voudrait le détruire (Jb 10,8‑14) ? Est‑il inconséquent? Est‑il pervers?

Voilà ce que Job a contre Dieu. C'est son contra Deum.

Mais ce contra Deum, à la différence de la réaction de nombre d’entre nous, contemporains, ne l'amène

ü      ni à un athéisme théorique ou de conviction (je ne crois pas en Dieu),

ü      ni à un athéisme pratique ou d’habitude (je vis comme si Dieu n'existait pas)'

ü      ni à la malédiction ou de militance (je maudis Dieu et le rejette).

 


Lui se plaint donc de Dieu à Dieu : si Job est grand, c'est d’abord et surtout parce qu'il OSE s'adresser à celui qu'il tient pour son adversaire, Dieu. C'est un BRAVE.

 

Quand Don Giovanni invite le Commandeur à table ( A cenar’ teco M’invitasti, et son’ venuto !), il va jusqu’à lui serrer la main, alors que Leporello, le pleutre serviteur, crie au désespoir (Ah Padrone, Ah Padrone, siamo tutti morti !).

 

Job, Don Giovanni : what’s the point ?

 


« Entre une lamentation et une plainte, entre une accusation formulée derrière le dos de l'adversaire ou adressée en face, s'ouvre un abîme : de même qu’entre une provocation et un challenge !

Le sens des mots ‑ le dit ‑ peut être identique, mais la manière de se tenir dans la relation et le langage ‑ le dire ‑ diffère totalement. Se plaindre de Dieu à Dieu, c'est lui dire: « Tu me fais mal, j'ai mal par toi. Mais en dépit de tout, en dépit de toi (Dieu!), je désire par‑dessus tout rester en relation avec toi ». La souffrance est relationnelle, elle est souffrance d'amour, et elle ose se dire dans la relation. Les pires accusations de Job n'expriment pas une volonté de rupture mais le désir de rester dans la relation. Pour le meilleur et pour le pire ‑ convenons que c'est le pire. Cette tournure de l'être vers Dieu, Job l'imprime jusqu'en son corps qui n'est pas seulement un cri mais un cri adressé: « Mon oeil pleure vers Dieu.» (16,20) » [1]

Don Giovanni relève le challenge, parce qu’il l’a provoqué : en fait, il a provoqué un mort, le Commandeur va l’emmener avec lui. Job peut tout dire de Dieu pour autant qu'il le lui dise à lui. La réponse de Dieu n'apporte pas de solution mais bien une réponse.

Mais quelle réponse !

 

 

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Dieu – qui est intelligent et qui aime ses créatures -, laisse Job répondre lui-même – comme le psychanalyste qui sait que seul le client doit se révéler à lui-même sa et la vérité!

 

« Pourquoi Dieu donne‑t‑il la vie si c'est une vie de souffrance?

Pour cette rencontre à nulle autre pareille?

Moi qui suis malade, dépouillé de mes biens, exclu de la société, en deuil de mes enfants, je suis consolé et j'atteste que pour cette rencontre (« je t'ai entendu et je t'ai vu ») et pour ce dialogue (« je t'interrogerai: fais‑moi savoir! »)' cela vaut la peine que Dieu m'ait fait sortir du ventre et m'ait donné la vie. »

 

Voilà ce que se dit Job, avec voix off de son anamnèse.

Job nous a laissé probablement les pires invectives jamais assenées contre Dieu. Mais aussi de vraies questions. Sans censure … Il a laissé retentir son cri, son reproche, son exigence de sens… en homme assis qu’il était, autant sur la cendre que sur un volcan. Job ne dicte pas de traité à ses amis, il vit un drame, il invite à ne pas s'arrêter à un moment de l'histoire – terrible, il est vrai ! -, mais à voir la trajectoire.


 

Il nous faut entrer dans le drame de Job : l’histoire nous y obligera, à l'une ou l'autre étape, un jour ou l’autre selon notre vie même :

  1. quand «tout baigne» (1,1‑5),
  2. quand le malheur s'abat « par surprise » et laisse tout à la fois hébété et livré à Dieu (1,21),
  3. quand on se retire de la vie sur la « cendre » (2,8),
  4. quand il ne reste plus que le « silence » (2,13),
  5. quand on se « lamente » sur soi (3),
  6. quand on « déblatère contre Dieu » et qu'on l'invective,
  7. quand on lui « demande raison »,
  8. quand on « espère en Dieu contre toute espérance » (14,1317; 19,25‑27),
  9. quand on rencontre « Dieu dans le face‑à‑face » (38,1‑42,6),
  10. quand on l'interroge et « se laisse enseigner par lui » (42,4 sq.),
  11. quand on quitte sa cendre et « redit «oui» à la vie » (42,10‑17),
  1. quand on meurt vieux et rassasié de jours (42,17).

 

On peut rester perplexe


Mais pour qui sait combattre dans l'attente et l'espérance, Job a ouvert la voie.

Le chrétien n'est pas sans questions... mais il sait à qui les poser.

 

Vincent-Paul Toccoli

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Au cours du temps ma "vision" de Job a évolué (et évoluera sans doute  encore).

Ce qui me choquait, c'est la perte des enfants, remplacés à la fin de l'histoire comme de vulgaires pions interchangeables. Quid de la vie? 

Job, le Pieux, se contente-t-il d'enfants de substitution? Au même titre que les autres biens, troupeaux, richesses et champs?

Puis, on imagine que Job se soumet à la volonté divine sans pour autant oublier ses morts, il est libre d'être, d'être sentimental, de pardonner à Dieu d'avoir laissé le Tentateur faire : il voit la trajectoire.

Heureux ceux qui savent discerner de tels chemins et comprendre ces choses avec le coeur.

Dont acte.

Mais voilà qu'aujourd'hui, je ressens un autre problème.

Job attaque Dieu, oui, bien plus que n'importe quel athée de service qui tue son Dieu.

Car Job pense que Dieu est là.

L'histoire de Job est avant tout une histoire. Certes chargée de sens, lourde de significations, porteuse de message.

 

 

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Tel un koan ruminé, remâché, ressassé sans cesse. Jusqu'à l'éclair.

Mais dans cette histoire, Job le Râleur, Job le Pauvre, Job l'éclopé, Job finit par entendre Dieu.

Tel le juge de la parabole qui cède à l'harcèlement de la veuve pour avoir la paix, Dieu répond à Job.

Quelle que soit la réponse, pas d'importance. Dieu a parlé, donc Il existe.

Donc aucune question, récrimination, imploration ne saurait plus avoir de sens.

Job a sa réponse. La réponse.

Contrairement aux contemporains de Jérémie, comme ceux de Jésus, qui demandaient de qui il tirait autorité:

"Parole de l'Eternel! Parole de l'Eternel! C'est bien beau, mais quelle preuve?"

 

 

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Avant, il croyait. Après, il sait. Avant, la foi. Après, la certitude. 

C'est plus qu'une nuance. C'est un changement de paradigme.

La vie n'a plus le même goût dés lors. Il faut tout accepter.

Heureux ceux qui ont cru sans avoir vu.

 

Bernard Prate



[1] FRANÇOISE MIES, Se plaindre de Dieu avec Job, Bibliste et philosophe, chercheur qualifié F.S.R.‑FNRS aux F.U.N.D.P. (Facultés Universitaires Notre‑Dame de la Paix, Namur), auteur de L'espérance de Job, préface M. Gilbert, Leuven ‑ Paris, Peeters ‑ University Press (BETL, 193), 2006, 653 pages.

 

Sur la terre comme au ciel...

 

Le 26 juin 1875, lors des terribles inondations de la Garonne, on prête à Mac Mahon, Président de la République venu sur les lieux, l’exclamation suivante : « Que d'eau ! Que d'eau ! » et le préfet lui aurait répondu : « Et encore, monsieur le Maréchal, vous ne voyez que le dessus ». Mais nous savons qu’on ne prête qu’aux riches !

 

 

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Ces jours, j’ai pensé à plus loin…

 

17 Le déluge fut quarante jours sur la terre; les eaux grossirent et soulevèrent l'arche, et elle s'éleva au-dessus de la terre. 18 Les eaux crûrent et devinrent extrêmement grosses sur la terre, et l'arche flotta sur les eaux. 19 Les eaux, ayant grossi de plus en plus, couvrirent toutes les hautes montagnes qui sont sous le ciel tout entier. 20 Les eaux s'élevèrent de quinze coudées au-dessus des montagnes qu'elles recouvraient.

21 Toute chair qui se meut sur la terre périt: oiseaux, animaux domestiques, bêtes sauvages, tout ce qui rampe sur la terre, ainsi que tous les hommes. 22 De tout ce qui existe sur la terre sèche, tout ce qui a souffle de vie dans les narines mourut. 23 Tout être qui se trouve sur la face du sol fut détruit, depuis l'homme jusqu'à l'animal domestique, jusqu'aux reptiles et jusqu'aux oiseaux du ciel; ils furent exterminés de la terre, et il ne resta que Noé et ce qui était avec lui dans l'arche.

24 Les eaux furent hautes sur la terre pendant cent cinquante jours. (Gn 7,17-24)

 

Il FAUT poser la question:

 

 

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Pourquoi toutes ces catastrophes, ces violences, ces morts, les horreurs des guerres?

Est-ce tout simplement parce que "ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort" ?

 

 

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Ou bien l'homme finira-t-il  peut-être par en avoir marre de souffrir et alors, en tirera-t-il peut être une leçon des erreurs du passé ?

 

 

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Que disent les Italiens d’eux-mêmes, cette semaine ?

  1. Cette semaine, pour la Sicile, par ex., le président de la République Italienne, Giorgio Napolitano, a plaidé pour "un plan sérieux en faveur de la sécurité, plutôt que des constructions pharaoniques", faisant allusion au projet de pont enjambant le Détroit de Messine, d'un coût de 6,1 milliards d'euros, dont la construction est censée débuter l'an prochain.
  2. "En Italie, on a construit n'importe où, sans respect des normes européennes", a dénoncé le président de l'Association italienne d'hydrotechnique, Massimo Veltri, cité par l'agence Ansa. Selon lui, "un plan extraordinaire de sauvegarde et de gestion du territoire s'impose, car il n'est pas possible que la pluie, même intense, puisse faire en un temps minimum des dizaines de victimes".
  3. Enfin, selon une enquête de la Protection civile et environnementale, 70% des communes italiennes sont soumises à un risque dans le domaine hydrotechnique. "Le territoire italien est rendu encore plus fragile par les abus, le déboisement des versants et l'urbanisation irrationnelle", dénonce cet institut.
  4. "L'automne, il pleut. Parfois beaucoup. Si vous avez construit dans le lit d'un fleuve, il y a une forte probabilité que votre maison soit balayée par les alluvions", expliqué la Stampa,
  5. tandis que le Corriere della sera consacrait un dossier aux "désastres environnementaux provoqués par l'incurie et les abus".
  6. Quant à la Repubblica, sous le titre "tragédie annoncée", elle rappelle que ce site avait été touché par un glissement de terrain similaire en octobre 2007 et en rediffuse les images sur son site.

 

Bine sûr que Dieu nous a donné la liberté d’agir mal ou bien, bien sûr que nous nous avons la liberté de choisir !

Mais quand l'homme comprendra-t-il, qu’en fin de compte le bien qu’il ne fait pas, est tellement plus beau... que le mal qu'il fait. Catulle déjà l’écrivait :

 

« Odi et amo ! Cur id faciam fortasse requiris… Nescio ! Sed fieri sentio, et excrucior !

J’aime et je hais ! Tu te demandes pourquoi ? Je l’ignore ! Mais je sais que c’est comme çà et cela me crucifie !

 

Depuis longtemps, et ces temps-ci, beaucoup de decision makers (ceux qui prennent les décisions) ont fait et font passer les habitants de la planète par des horreurs de toutes sortes : l’économie, la guerre, la pornographie ... jusqu’à cet ancien évêque  - du diocèse d'Antigonish en Nouvelle-Ecosse (Est du Canada) Raymond Lahey, âgé de 69 ans – qui remet çà…

 

A voile ou à vapeur : tout le monde semble vraiment à la même enseigne, le Cavaliere en tête avec Heffner et Polanski…

 

Oh! Il y aura toujours de la sueur, du sang et des larmes (sweat, blood and tears, promettait Churchill aux Londoniens pendant le blitz !), et du mal, du mal : avec un déséquilibré par ci, un psychopathe par là..., le suicide à la TéleCom étant devenu chez nous la solution finale au désespoir : une trentaine en 18 mois…

 

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Qui doit changer, quand et comment ? Les Chinois disent que le poisson commence à pourrir par la tête ! Et comment le monde changerait-il, si l’habitant du monde ne change pas ? Faut-il se mettre à danser la danse des esprits, pour réaliser ses rêves, comme les Wingman (ウイングマン, Uinguman) des derniers mangas nippons ?

 

 

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Car le monde spirituel lui aussi est rempli de Baalzebuth et autres Pazuzu : ces esprits sont présents dans la société qu’ils nous inspirent, parce qu’elle  les inspirent ! Et s’ils reviennent –disent les évangiles -, une fois chassés, ils sont pires qu’avant,… devenus Légion…

 

Homo homini lupus, mais aussi Homo sibi lupus :

si l’homme est un loup pour l’homme, il l’est d’abord envers lui-même.

 

L’homme se révèle souvent être la première victime de l’homme, et son premier bourreau.

Il peut toujours accuser Dieu, l’autre, quelque nom qu’il lui donne !

 

 

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Comme au jardin de la Genèse,

l’homme interpellé au pied de l’arbre accuse la femme,

qui accuse la bête… qui accuse…

La bête en nous ! La bête en l’homme !

En l’animal qui perd l’esprit !

 

 

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TOUS SAINTS

TOUSSAINT 2009

 

Ainsi, la liturgie de ce jour nous invite, d’entrée,  à partager l'exultation céleste des saints et à en goûter la joie : car il y a de la place pour nous chez eux. Les saints ne constituent pas une caste restreinte d'élus : c’est, nous dit-on, une foule innombrable, mondiale, universelle : enfin « catholique », même plus catholique encore que n’est notre Eglise sur terre à ce jour !

 

Et dans cette multitude, nous ne comptons pas seulement les saints officiellement reconnus, mais les chrétiens de chaque époque et de chaque nation, qui ont accompli la volonté de Dieu. Imaginez combien de visages regardent Dieu face et face, et que nous découvrirons quand nous irons à notre tour prendre place, - NOTRE  place -, auprès de lui…

 

 

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Oui, aujourd'hui, l'Eglise fête sa dignité de "Mère des saints » ! Elle est la métropole, c’est-à-dire la Ville Mère, celle de Dieu et des hommes, la ville du seul Dieu et celle de tous les hommes !

La capitale de Dieu ne manque d’aucun type humain : et en ces jours qui sont les nôtres – ici comme ailleurs dans le monde -, elle ne manque certes pas de fils contestataires et rebelles, de fils prodigues, déçus d’eux-mêmes et de leur mère, mais qu’elle sait devoir revenir un jour, parce qu’ils portent en eux les mêmes traits qui resplendissent déjà sur leurs frères glorieux : elle goûtera alors sa joie la plus profonde. Elle verra alors s’accomplir chez les hommes la réalisation du miracle éternel de l’Amour Eternel !  

 

 

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Que nous le livre de la Révélation (c’est ce que veut dire le mot Apocalypse !) – oui, que nous révèle le livre qui porte ce nom ? Il nous révèle que les habitants de la métropole divine sont "une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, de toute nation, race, peuple et langue" (Ap 7, 9). La globalisation : un seul peuple qui comprend

  • les saints du Peuple Choisi - à partir d'Abel le Juste et du fidèle Patriarche Abraham -,
  • ceux du temps de Jésus, le fils de Marie ;
  • les innombrables être humains mis à mort par l’Empire Romain aux débuts de notre Eglise,
  • toutes les femmes et tous les hommes formidables des vingt siècles de notre histoire chrétienne,
  • jusqu'à aujourd’hui, jusqu’à Oscar Romero, assassiné en pleine messe dans sa cathédrale de San Salvador,
  • à l’instar de son confère Thomas Becket, huit siècles plus tôt, en sa cathédrale de Cantorbéry ;
  • jusqu’aux moines de Tiberine, dont on n’a retrouvé que les têtes ( !),
  • à l’instar de leur prédécesseur aux portes du désert, Charles de Foucauld,  assassiné quelque cent ans auparavant sur la rive de la Saoura, dans son misérable ermitage de Béni Abbès.

 

 

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Encore aujourd’hui, les fils de Dieu témoignent du Christ au péril de leur vie, que ce soit au Brésil, en Chine et dans toute l’Afrique…Incarner l'Evangile dans son existence, sous l'irrésistible impulsion de l'éternel animateur du Peuple de Dieu qu'est l'Esprit Saint, demande

  • du courage,
  • encore du courage,
  • et toujours du courage !


Mais à quoi sert donc cette fête, notre louange des saints ? A quoi sert, au fond, de les célébrer ? Serait-ce un genre de cérémonie au monument aux morts de nos guerres successives ? Avec un peu d’orgue et un beau sermon ?

Car si leur aveuglant exemple ne sert qu’à une simple et banale commémoration annuelle, nous leur faisons perdre un morceau d’éternité, et à nous notre temps ! Mais si c’est pour leur demander de raviver en nous le grand désir de vivre proches de Dieu, dans la lumière de sa grâce, dans la grande famille de ses enfants : alors oui !

Ø      Puisque c’est notre vocation, après tout,

Ø      où que nous en soyons de nos démêlés avec nous-mêmes, avec l’Eglise et avec Dieu lui-même.

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Et si la gloire de Dieu, c’est l’homme vivant, alors donnons raison à St Irénée (130-200), l’évêque martyr de Lyon, né à Smyrne, âpre à défendre l'intégrité de la foi :

ü      du dessein de Dieu,

ü      de la vocation de l'homme,

ü      du mystère de l'Église.

 

  • « La splendeur de Dieu est vivifiante: ceux qui voient Dieu, reçoivent la vie.
  • C'est pourquoi, lui, l'insaisissable, l'incompréhensible, l'invisible
  • se donne aux hommes, en se rendant visible, compréhensible et saisissable,
  • pour vivifier ceux qui le reçoivent et ceux qui le voient.
  • Car vivre sans la vie, c'est impossible:
  • la substance de la vie vient de la participation à Dieu;
  • et participer à Dieu, c'est voir Dieu et jouir de son amour.

 

  • Ainsi les hommes verront Dieu pour vivre:
  • par cette vue, ils deviennent immortels et arrivent à Dieu…
  • Jésus, son Fils, est l'exégète du Père,
  • il montre Dieu aux hommes, et présente l'homme à Dieu,
  • tout en préservant l'invisibilité du Père,
  • de peur que l'homme n'en vienne à mépriser Dieu,
  • mais, en même temps,
  • pour qu'il ait toujours des progrès en vue,
  • il rend Dieu visible aux hommes en le montrant  de multiples façons,
  • de peur que, totalement privé de Dieu, l'homme cesse d'être.
  • Oui, la gloire de Dieu, c'est l'homme vivant,
  • et la vie de l'homme, c'est la vue de Dieu.
  • Si la révélation de Dieu, par la création, donne la vie à tout être vivant sur la terre,
  • combien plus la manifestation du Père, par sa Parole devenue Homme, donne-t-elle la vie à ceux qui voient Dieu! »

 

 

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Mais, demanderez-vous, comment pouvons-nous devenir saints, amis de Dieu?

 

Pour être saint, voyez-vous,

  • il n'est pas nécessaire d'accomplir des actions et des oeuvres extraordinaires, ni de posséder des dons exceptionnels ;
  • il est nécessaire avant tout d'écouter Jésus, et de le suivre,  muni de son  courage.

Celui qui a confiance en Lui et l'aime, accepte de se prendre en main : c’est cela vivre, d’abord !

Car il sait bien que celui qui veut garder sa vie pour lui-même la perd, et que celui qui se donne, se perd certes, et trouve précisément ainsi la vie. (cf. Jn 12, 24-25).

 

TOUT CE QUI N EST PAS DONNE EST DEJA PERDU !

 

Le chemin de la croix est un passage obligé : un passage, pas une résidence ! Le chrétien n’a rien à voir avec le sado-masochiste ! Renoncer à soi-même, c’est rejeter ce qui m‘empêche d’avancer  avec persévérance vers mon vrai moi-même !

« Ce sont ceux qui viennent de la grande épreuve - lit-on dans le Livre de la Révélation, l’Apocalypse - ils ont lavé leurs vêtements et les ont blanchis dans le sang, c’est-à-dire la vie de l'Agneau" (v. 14).

 

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Les saints donnent l'exemple de LEUR vie : ils ont ressenti la joie de celui qui a eu raison de faire confiance en Dieu – ça, c’est la foi -, car l'unique cause véritable de tristesse et de malheur pour l'être humain est de vivre loin de Dieu.

La sainteté exige certes un training constant, mais elle est à la portée de tous, si on le décide et qu’on s’y tient.

Dans la seconde lecture, Jean observe: "Voyez quelle manifestation d'amour le Père nous a donnée pour que nous soyons appelés enfants de Dieu. Et nous le sommes!" (1 Jn 3, 1).

Si cela est vrai – et c’est vrai pour celui qui veut devenir saint ! -,

  • comment demeurer indifférent face à un si grand mystère?
  • Comment ne pas répondre amour pour amour ?

Si le Christ a ouvert la voie – et il a ouvert la voie -,

  • imitons-le,
  • lions-nous à Lui,
  • entrons dans le mystère de sa relation à son Père

 

C’est ça, la sainteté !

C’est être Bienheureux par lui, avec lui et en lui, comme l’a fait retentir, il y a un instant, la voix de Matthieu (Mt 5, 3-10). Le pauvre, l'affligé, le doux, l'affamé et assoiffé de la justice, le miséricordieux, le coeur pur, l'artisan de paix; c'est Lui, le persécuté pour la justice.

 

Les Béatitudes dessinent la physionomie spirituelle de Jésus, et expriment ainsi son mystère. A nous de décider si nous voulons ou non participer à sa béatitude. Car il y a quelques arguments imparables, mes amis :

  • avec Lui, l'impossible devient possible : même les chameaux peuvent passer par un trou d'aiguille (cf. Mc 10, 25) !
  • et avec son aide, et uniquement cette aide-là ( !), il est possible de devenir parfait comme le Père céleste est parfait (cf. Mt 5, 48).


[Si la messe suit : Voici, en tout cas, venu le moment d’aller prendre des forces chez lui, puisque dans quelques instants il deviendra présent, sur la terre comme au ciel, avec du pain et du vin terrestres et éternels à la fois ! ]

 

 

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La voilà la communion de l'Eglise, la communion des saints : entre terre et ciel !

 

Amen !

 

 

 

 

De rats, d'enfants et de flûte


 

(Texte écrit pour mes amis d'une île des Caraïbes, à l'occasion de la rentrée...)

 

Le monde est dur, très dur !

En lisant les nouvelles, au jour le jour, - pas seulement celles de notre « cher et vieux pays », mais celles du « monde mondialisé » -, l’observateur peut dire que les hommes souffrent certes, mais surtout des méchancetés qu’ils se font à eux-mêmes ! 

 

 

 

 

 

Bien sûr, la nature est impitoyable ! Le Japon et la Chine, et la Californie, n’ont échappé ces derniers jours ni à l’eau ni au feu !

Bien sûr les Madoff sont encore nombreux, qui détroussent les millions de « petits porteurs » qui avaient économisé centime après centime !

Bien sûr, on meurt toujours « pour rien (?)  » en combattant en terre étrangère au nom du droit des gens et des accords internationaux !

 

 

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L’Etat, l’Eglise, la Famille souffrent dans les douleurs de l’enfantement d’un nouvel homme qui n’arrive toujours pas à « sortir » du ventre de l’Histoire…

 

Ces jours de rentrée – scolaire, politique, économique… -, je pense à nos enfants, aux enfants de notre île! On a le sentiment, même de loin, qu’une sorte de colère gronde, sourde et sournoise, qu’il suffirait de pas grand-chose, pour que… des « choses » arrivent, éclatent, se répandent !

 

 

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Notre île, c’est en France, et comme en  France  - mais peut-être plus encore qu’en métropole – les responsabilités, toutes les responsabilités deviennent plus pointues ! Quand le territoire est petit, tout devient vite malaisé à vivre, et les relations s’en ressentent : cela  se vérifie dans le couple, dans la famille, dans la communauté, dans l’île…

 

Les décisions, autant pour les grands que pour les moins grands, prennent des proportions décourageantes, parce que les opportunités sont directement dépendantes des conditions de vie. Travail, scolarité, temps libre ; investissement, orientation, culture ; sentiments, curiosité, convictions… Tout peut devenir problème, si l’enfant  - le fils, la fille - d’homme n’hérite pas des valeurs et des fondements qui lui permettent justement de se réaliser comme humain.

 

 

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Et il n’y a pas que l’intelligence scolaire qui compte, ni l’expertise professionnelle ! Moi qui signe ces lignes, j’ai étudié 18 ans après le bac, et travaillé un peu partout sur la planète ! Mais l’important qui me fait vous écrire, c’est que j’ai aussi reçu – non pas « en plus », mais « avec » -, le sens des choses, des hommes et du monde.

 

Le SENS !

 

Qui suis-je ? Que veux-je faire de ma vie ? Pour quoi ? Comment parler aux autres hommes, comment répondre aux questions insolubles que tout homme se pose, et qui supposent la foi (une certaine foi, en tout cas !) pour recevoir une réponse !

 

 

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Si l’on meurt d’amour, c’est de moins en moins comme aux époques romantiques, à la Roméo et Juliette : je t’aime, tu m’aimes, nos parents ne sont pas d’accord, alors on meurt ensemble !

Aujourd’hui, il y a toujours autant d’amour sur terre : mais on ne sait l’utiliser, on le gaspille ou on s’y prend mal ! Pornographie et consumérisme ! Et l’enfant vagit entre Sex, Sand and Stores : entre le sexe, le sable et les magasins ! Confondant amour et coït, nature et plaisir, besoin et superflu !

 

Faut-il attendre Le joueur de flûte ?[1]

 

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[1] C’est une légende allemande, transcrite par les frères Grimm : Le Joueur de flûte de Hamelin - Cette année-là le 26 juin 1284 vint un dératiseur. Les gens lui promirent une prime pour les débarrasser des rats qui infestaient la ville. L'homme prit sa flûte et attira, par sa musique, les rats qui le suivirent jusqu'à une rivière où ils se noyèrent. Mais les habitants revinrent sur leur promesse et refusèrent de payer le joueur de flûte. - Ce dernier quitta la ville, mais revint quelques semaines plus tard. Lorsque les habitants se rendirent à la messe, il joua de nouveau de sa flûte, attirant cette fois tous les enfants. Cent garçons et filles le suivirent hors de la ville jusqu'à une grotte qui se referma derrière eux.

 

 

 

CONFUTATIS

 CONFUTATIS 

 

Ce mois de septembre démarre vite et fort.

Bien sûr, c’est la rentrée pour tout le monde, pour l’école en tout cas : les petites et les grandes, pour qu’un jour les petits entrent dans les grandes, et qu’à leur tour ceux qui sont devenus grands accueillent les plus petits…

 

 

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C’est en tout ce qu’on attendrait dans un monde où si tout ne va pas si bien, tout pourrait aussi aller bien plus mal…

 

Et puis comme vous peut-être, je tombe sur ce fait divers. Et je tombe vraiment, parce que…

 

On lisait dans le  NOUVELOBS.COM,  le 1er  du mois, à 11h28, qu’une adolescente de 13 ans a tué son nouveau-né d'une trentaine de coups de ciseaux, la veille, juste après avoir accouché dans l'appartement de ses parents. La jeune « maman » avait  fêté ses 13 ans au mois de juillet : elle s'est enfermée vers 15h00 dans la salle de bains, et elle aurait tué son bébé aussitôt après avoir accouché, alors que sa famille se trouvait dans une pièce voisine. L'adolescente a été aussitôt conduite à l'hôpital de … où elle a été placée en garde à vue. Très choquée, elle n'a pas expliqué les raisons de son geste, et  sa mère a semble-t-il assuré aux autorités ne pas être au courant que sa fille était enceinte.

 

Pas de raisons à son geste : un geste sans raison ! Pas de « parce que », pas de « pour quoi »...

Et la mère qui ne voit pas qu’elle va devenir grand-mère ! Et son père, et ses frères et sœurs, et ses amies, et les voisins, et etc.…

 

 

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Cela m’a rappelé une autre histoire vraie, dont Viviane Janouin-Benanti avait tiré un roman en 2006, L'enfant assassin : un certain François Dicondale 12 ans, toujours enfant, même pas  adolescent…
Comment un enfant devient-il assassin ? Et pourquoi ? A-t-il de mauvais parents ? Est-il mal élevé ? Est-il insensible ou trop sensible ? Oui ou non, est-il fondamentalement méchant ou est-ce un accident ?

Terribles questions … sans réponse ? Qui accuser ?

Un crime d’enfant, ça se prépare, c’est prémédité ? Devient-on un criminel ?

Chercher  à comprendre, ça veut dire quoi ?

Comment juger un enfant qui pourrait être notre fils ?

Chacun est-il un enfant comme les autres, comme on dit ?

Il y aurait donc des enfants qui ne sont pas comme les autres ?

 

Dans l’éditorial des Etudes, septembre 2009 - tome 411/3, Pierre de Charentenay s.j. traite de l’actuel Débat sur l’anthropologie . On invoquerait à perdre la voix la dignité humaine et la liberté. Et ce, nous rappelle-t-il, « dans des sens opposés, et en son nom, on justifie des décisions bien différentes, depuis l’euthanasie jusqu’à la gestation pour autrui, l’information des donneurs de sperme et l’ouverture à toutes sortes de parentalité. » Quant à la liberté, elle est si multiple qu’on ne sait plus très bien ce quelle est : « la liberté de disposer de son corps et de sa vie, la liberté d’avoir un enfant quand on veut, la liberté de vivre en couple sous la forme que l’on souhaite... ».

Notre ami jésuite conclut, et me fait peur : « Le risque le plus grave de notre époque est celui de la confusion mentale qui ne sait plus sur quelle valeur fonder son existence et qui prend pour règle de vie ses désirs justifiés par des concepts absolutisés ».

 

 

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Vraiment « L’homme reste une énigme qui ne se maîtrise pas quand on veut et comme on veut ».  Qui va dire cela à eux qui rentrent en classe pour la première fois ?

Qui a dit cela à François Dicondale, 12 ans ?

Qui va dire maintenant cela à cette malheureuse mère- enfant infanticide, 13 ans ?

 

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