24. Septembre 2006
Rastibonne ne doit rien au hasard
Alors osons un mot (enfin, quelques mots...) sur le « coup de Ratisbonne ».
J’ai entendu et lu tellement de choses que je me dois, disent mes amis, d’oser à mon tour!
Alors je vais procéder sous la forme d‘un dialogue, comme celui que « le docte empereur byzantin Manuel II Paléologue, peut-être au cours de ses quartiers d'hiver en 1391 à Ankara, entretint avec un Persan cultivé sur le christianisme et l'islam et sur la vérité de chacun d'eux. »
• Le Pape Benoît est-il toujours le Professeur Joseph ?
Réponse : OUI !
• Le Professeur en lui pouvait-il laisser passer l’occasion de renouer avec sa carrière interrompue par son élection au pontificat suprême ?
Réponse : NON !
• Avait-il le droit de choisir un thème de son choix ?
Réponse : OUI !
• Quand on n’est plus professeur, mais pape, peut-on choisir n’importe quel thème ?
Réponse : OUI !
• Mais en position de pape, le professeur peut-il traiter le thème choisi, comme s’il n’était que professeur et non pas pape ?
Réponse : NON !
• Pourtant ce pape ex professeur avait-il cependant le droit de traiter ce thème ?
Réponse : OUI !
• « La foi et la raison » est-il un thème important - disons d’actualité -, aujourd’hui ?
Réponse : OUI !
• Fallait-il appuyer l’argumentation sur un étai médiéval ?
Réponse : Pourquoi pas ? Mais qui s’y connaissait, en dehors de lui-même, et, on peut le croire, peu de ses auditeurs de Ratisbonne, pour pouvoir, le cas échéant, écouter d’une oreille scientifiquement critique ?
• Etait-il opportun, judicieux - et, pour tout dire prudent -, de traiter de l’islam et de la violence, à ce moment-là et en ce lieu universitaire, ce jour anniversaire de la destruction du WTC ?
Réponse : Le pape Benoît a-t-il pris conseil - pour le choix du thème, en ce lieu et en ce jour -, auprès des cardinaux Sodano ou Bertone - ses secrétaires d’état sortant et entrant, ces mêmes jours ? Si oui, quel conseil en a-t-il reçu ? Si non, est-ce témérité, provocation ou naïveté ?
• Fallait-il qu’il se rétractât à plusieurs reprises, personnellement et par Cardinal Bertone interposé ?
Réponse : S’il a jugé nécessaire de se rétracter, c’est qu’il s’est rendu compte, que tout ex professeur et pape qu’il est, il « n’en est pas moins homme », et qu’en matière de prudence, il semble qu’on ne l’est jamais assez !
• Quels textes écrits officiels avons-nous donc jusqu’ici du pape Benoît ?
1. Une encyclique, sa première (Deus Caritas) qui est une sublime méditation mystique, une surprise alors qu’on s (‘) attendait (à) un « texte programme »,
2. et ces derniers jours une leçon universitaire d’historien de la dogmatique sur « Foi & Raison »– qui est une de ses spécialités - (dont il a d’ailleurs décidé de publier l’intégrale en allemand, avec les notes et l’apparat critique) :
soit 2 textes qu’il n’est pas nécessaire d’être pape pour les concevoir, les écrire ou les donner ! Que nous reste-t-il à faire encore ?
Réponse : Attendre le 3ème texte pour se faire une idée !
• Existe–t-il, sinon un terrorisme idéologique interdisant toute parole critique vis-à-vis de l’Islam (à cause d’une susceptibilité musulmane qui craint de se voir basculer dans l’islamisme), du moins une grande peur de la part des non musulmans de subir toutes sortes de sanctions par un groupe ou l’autre des fondamentalistes islamiques.
Réponse :
1. OUI, car notre fonctionnement culturel socio-mental occidental – et fondamentalement chrétien -, permet la critique de l’autre, essaie de comprendre l’autre, présente des excuses ou pardonne et exclut désormais le meurtre comme solution aux problèmes. Cette attitude et ce comportement ont mis 20 siècles à se constituer en nous : nous n’avons pas toujours été « comme çà ». Souvenons-nous-en !
2. En revanche le monde catholique chrétien, ou nos démocraties occidentales - aussi imparfaits soient-ils l’un et les autres -, présentent néanmoins un fonctionnement structuré en un centre et une périphérie : ce qui permet sinon de tout contrôler, du moins de savoir qui détient la dernière parole d’autorité. L’Islam et les islamismes fondamentalistes, en, revanche, sont constitués d’autant de confessions d’une part et de groupuscules extrémistes que les conjonctures socio-politiques en peuvent produire, d’autre part : ce qui ne permet jamais aucune solution d’ensemble aux problèmes tant religieux que géopolitiques.
• Finalement le pape Benoît a-t-il eu tort ou raison d’aborder « la question du fanatisme et de la raison. »
Tout bien examiné,
- il l’a décidé (quelles que soient ses raisons, avec ou sans conseil) : et de parler et d’en parler ;
- il a choisi le cadre universitaire, sans songer peut-être assez qu’il y a toujours deux niveaux de réception en communication : ce que l’on dit et ce qui en est compris ;
- il l’a fait les jours anniversaires de la destruction du WTC, pendant un voyage quasi privé dans sa patrie bavaroise natale et a cru que tout et tous se devaient de lui faire montre de bienveillance inconditionnelle (alors que « l’esprit est prompt, mais que la chair est faible « et que « personne n’est prophète dans son propre pays ni dans sa propre maison ») ;
- il est bon, tout compte fait - et malgré toutes ces circonstances ambiguës, tant pour les conditions spatio-temporelles que les formulations de l’argumentation -, que cette question ait été abordée, et le soit encore et encore dans les jours qui viennent (ne serait-ce que pour faire cesser l’irénisme stagnant et inopérant de cet « esprit d’Assise » lancé par le « santo subito », et qui n’a jamais été la ‘cup of tea’ ni le ‘Maβ Bier’ de son collaborateur et maintenant successeur) ;
Désormais, en tout cas, personne ne pourra dire que le pape Benoît n’a pas
- parlé
- nommément indiqué où la bât blesse
- appelé un chat un chat
- et montré la voie pour que n’ait pas lieu « the clash of civilizations »,
- c’est-à-dire :
• CE QUI VA CONTRE LA RAISON VA CONTRE DIEU.
• CE QUI DERUIT L’HOMME NE SERT PAS DIEU.
• LA FOI NE DOIT PAS ÊTRE IMPOSEE PAR LA FORCE.
• LA LIBERTE DE CROIRE EST FONCTION DE LA LIBERTE DE PENSER.
Mais sans oublier pour autant que
- la parole d’un pape pèse, quoi qu’il dise (alors que les paroles d’un professeur, si émient soit-il, s’envolent !) : Joseph Ratzinger est le pape, plus un professeur de théologie ;
- le pape est une puissance politique (qu’il le récuse ou en ait conscience) : avec ses nonces ambassadeurs et envoyés spéciaux ;
- à notre époque de la globalisation toute parole –maladroite ou non, (et la maladroite en particulier quand elle est capable de soulever la sensation) -, fait le tour de la terre à la vitesse de la lumière : l’Eglise est la maîtresse de l’universalité ;
- il faut, le plus possible, ne rien dire ni faire que des fanatiques ne puissent déformer, exploiter ni détourner : d’où la nécessité du conseil de proximité ;
- pour cela, il faut cesser de se méfier de tout et de tous, et de ne se fier qu’à son seul flair et à son goût de la dispute intellectuelle : on ne naît pas pape, on le devient.
RATISBONNE NE DOIT RIEN AU HASARD !
J’ai entendu et lu tellement de choses que je me dois, disent mes amis, d’oser à mon tour!
Alors je vais procéder sous la forme d‘un dialogue, comme celui que « le docte empereur byzantin Manuel II Paléologue, peut-être au cours de ses quartiers d'hiver en 1391 à Ankara, entretint avec un Persan cultivé sur le christianisme et l'islam et sur la vérité de chacun d'eux. »
• Le Pape Benoît est-il toujours le Professeur Joseph ?
Réponse : OUI !
• Le Professeur en lui pouvait-il laisser passer l’occasion de renouer avec sa carrière interrompue par son élection au pontificat suprême ?
Réponse : NON !
• Avait-il le droit de choisir un thème de son choix ?
Réponse : OUI !
• Quand on n’est plus professeur, mais pape, peut-on choisir n’importe quel thème ?
Réponse : OUI !
• Mais en position de pape, le professeur peut-il traiter le thème choisi, comme s’il n’était que professeur et non pas pape ?
Réponse : NON !
• Pourtant ce pape ex professeur avait-il cependant le droit de traiter ce thème ?
Réponse : OUI !
• « La foi et la raison » est-il un thème important - disons d’actualité -, aujourd’hui ?
Réponse : OUI !
• Fallait-il appuyer l’argumentation sur un étai médiéval ?
Réponse : Pourquoi pas ? Mais qui s’y connaissait, en dehors de lui-même, et, on peut le croire, peu de ses auditeurs de Ratisbonne, pour pouvoir, le cas échéant, écouter d’une oreille scientifiquement critique ?
• Etait-il opportun, judicieux - et, pour tout dire prudent -, de traiter de l’islam et de la violence, à ce moment-là et en ce lieu universitaire, ce jour anniversaire de la destruction du WTC ?
Réponse : Le pape Benoît a-t-il pris conseil - pour le choix du thème, en ce lieu et en ce jour -, auprès des cardinaux Sodano ou Bertone - ses secrétaires d’état sortant et entrant, ces mêmes jours ? Si oui, quel conseil en a-t-il reçu ? Si non, est-ce témérité, provocation ou naïveté ?
• Fallait-il qu’il se rétractât à plusieurs reprises, personnellement et par Cardinal Bertone interposé ?
Réponse : S’il a jugé nécessaire de se rétracter, c’est qu’il s’est rendu compte, que tout ex professeur et pape qu’il est, il « n’en est pas moins homme », et qu’en matière de prudence, il semble qu’on ne l’est jamais assez !
• Quels textes écrits officiels avons-nous donc jusqu’ici du pape Benoît ?
1. Une encyclique, sa première (Deus Caritas) qui est une sublime méditation mystique, une surprise alors qu’on s (‘) attendait (à) un « texte programme »,
2. et ces derniers jours une leçon universitaire d’historien de la dogmatique sur « Foi & Raison »– qui est une de ses spécialités - (dont il a d’ailleurs décidé de publier l’intégrale en allemand, avec les notes et l’apparat critique) :
soit 2 textes qu’il n’est pas nécessaire d’être pape pour les concevoir, les écrire ou les donner ! Que nous reste-t-il à faire encore ?
Réponse : Attendre le 3ème texte pour se faire une idée !
• Existe–t-il, sinon un terrorisme idéologique interdisant toute parole critique vis-à-vis de l’Islam (à cause d’une susceptibilité musulmane qui craint de se voir basculer dans l’islamisme), du moins une grande peur de la part des non musulmans de subir toutes sortes de sanctions par un groupe ou l’autre des fondamentalistes islamiques.
Réponse :
1. OUI, car notre fonctionnement culturel socio-mental occidental – et fondamentalement chrétien -, permet la critique de l’autre, essaie de comprendre l’autre, présente des excuses ou pardonne et exclut désormais le meurtre comme solution aux problèmes. Cette attitude et ce comportement ont mis 20 siècles à se constituer en nous : nous n’avons pas toujours été « comme çà ». Souvenons-nous-en !
2. En revanche le monde catholique chrétien, ou nos démocraties occidentales - aussi imparfaits soient-ils l’un et les autres -, présentent néanmoins un fonctionnement structuré en un centre et une périphérie : ce qui permet sinon de tout contrôler, du moins de savoir qui détient la dernière parole d’autorité. L’Islam et les islamismes fondamentalistes, en, revanche, sont constitués d’autant de confessions d’une part et de groupuscules extrémistes que les conjonctures socio-politiques en peuvent produire, d’autre part : ce qui ne permet jamais aucune solution d’ensemble aux problèmes tant religieux que géopolitiques.
• Finalement le pape Benoît a-t-il eu tort ou raison d’aborder « la question du fanatisme et de la raison. »
Tout bien examiné,
- il l’a décidé (quelles que soient ses raisons, avec ou sans conseil) : et de parler et d’en parler ;
- il a choisi le cadre universitaire, sans songer peut-être assez qu’il y a toujours deux niveaux de réception en communication : ce que l’on dit et ce qui en est compris ;
- il l’a fait les jours anniversaires de la destruction du WTC, pendant un voyage quasi privé dans sa patrie bavaroise natale et a cru que tout et tous se devaient de lui faire montre de bienveillance inconditionnelle (alors que « l’esprit est prompt, mais que la chair est faible « et que « personne n’est prophète dans son propre pays ni dans sa propre maison ») ;
- il est bon, tout compte fait - et malgré toutes ces circonstances ambiguës, tant pour les conditions spatio-temporelles que les formulations de l’argumentation -, que cette question ait été abordée, et le soit encore et encore dans les jours qui viennent (ne serait-ce que pour faire cesser l’irénisme stagnant et inopérant de cet « esprit d’Assise » lancé par le « santo subito », et qui n’a jamais été la ‘cup of tea’ ni le ‘Maβ Bier’ de son collaborateur et maintenant successeur) ;
Désormais, en tout cas, personne ne pourra dire que le pape Benoît n’a pas
- parlé
- nommément indiqué où la bât blesse
- appelé un chat un chat
- et montré la voie pour que n’ait pas lieu « the clash of civilizations »,
- c’est-à-dire :
• CE QUI VA CONTRE LA RAISON VA CONTRE DIEU.
• CE QUI DERUIT L’HOMME NE SERT PAS DIEU.
• LA FOI NE DOIT PAS ÊTRE IMPOSEE PAR LA FORCE.
• LA LIBERTE DE CROIRE EST FONCTION DE LA LIBERTE DE PENSER.
Mais sans oublier pour autant que
- la parole d’un pape pèse, quoi qu’il dise (alors que les paroles d’un professeur, si émient soit-il, s’envolent !) : Joseph Ratzinger est le pape, plus un professeur de théologie ;
- le pape est une puissance politique (qu’il le récuse ou en ait conscience) : avec ses nonces ambassadeurs et envoyés spéciaux ;
- à notre époque de la globalisation toute parole –maladroite ou non, (et la maladroite en particulier quand elle est capable de soulever la sensation) -, fait le tour de la terre à la vitesse de la lumière : l’Eglise est la maîtresse de l’universalité ;
- il faut, le plus possible, ne rien dire ni faire que des fanatiques ne puissent déformer, exploiter ni détourner : d’où la nécessité du conseil de proximité ;
- pour cela, il faut cesser de se méfier de tout et de tous, et de ne se fier qu’à son seul flair et à son goût de la dispute intellectuelle : on ne naît pas pape, on le devient.
RATISBONNE NE DOIT RIEN AU HASARD !


