12. Octobre 2006
par Godblog à 07:32
Décalogue de la sérénité de Jean XXIII
Rien qu’aujourd’hui,
J’essaierai de vivre
Exclusivement la journée
sans tenter de résoudre
Le problème de toute ma vie.
Rien qu’aujourd’hui,
Je porterai mon plus grand soin
A mon apparence courtoise
Et à mes manières:
Je ne critiquerai personne
Et ne prétendrai redresser ou discipliner
Personne si ce n'est moi-même
Rien qu'aujourd’hui,
Je serai heureux
Dans la certitude d’avoir été créé
Pour le bonheur,
Non seulement dans l’autre monde,
Mais également dans celui-ci.
Rien qu'aujourd'hui,
Je m'adapterai aux circonstances
Sans prétendre que celles-ci
Se plient à mes désirs
Rien qu’aujourd’hui,
Je consacrerai dix minutes
A la bonne lecture
En me souvenant que,
Comme la nourriture est nécessaire
A la vie du corps,
La bonne lecture est nécessaire
A la vie de l’âme.
Rien qu’aujourd’hui,
Je ferai une bonne action
Et n’en parlerai à personne.
Rien qu’aujourd’hui,
Je ferai au moins une chose
Que je n’ai pas envie de faire,
Et si j'étais offensé,
J'essaierai que personne ne le sache
Rien qu’aujourd’hui,
J’établirai un programme
Détaillé de ma journée.
Je ne m’en acquitterai peut-être pas
Mais je le rédigerai.
Et me garderai de deux calamités :
La hâte et l’indécision.
Rien qu’aujourd’hui,
Je croirai fermement
- même si les circonstances prouvent le contraire -
Que la Providence de Dieu
S’occupe de moi comme si rien d’autre
N’existait au monde.
Rien qu’aujourd’hui,
Je ne craindrai pas
Et tout spécialement,
Je n’aurai pas peur
D’apprécier ce qui est beau
Et de croire en la bonté.
Je suis en mesure
De faire le bien pendant douze heures,
Ce qui ne saurait pas
Me décourager,
Comme si je pensais que je devais
Le faire toute ma vie durant.
09. Octobre 2006
par Godblog à 18:22
Animal Farm
QUE LE PROFESSEUR J-C.AMEISEN ne se méprenne pas sur mon jeu de mots ! Car c’est de son patronyme que m’est venu l’ultime stimulus pour rédiger ce blog ! En allemand, « Ameisen » signifie « fourmis » au pluriel !
Car après cet « homme lapin » que la science chinoise aurait mis au point dès 2003 (je n’en savais rien ! Mais moi, on ne me dit rien !) ; après cet « homme-vache » que l’Advance Cell Techologie US aurait réalisé cinq ans plus tôt encore ..., voici que les Britanniques s’apprêtent à « progresser », munis de toutes autorisations de la HFEA - la Haute Autorité de sa Majesté, en charge des activités d'assistance médicale à la procréation et à la recherche en embryologie. Cette dernière en effet n'y verrait pas d'opposition de principe, pour avoir déjà autorisé en 2004 la création d'embryons humains à seules fins scientifiques.
Nous voici donc (enfin !) parvenus au carrefour des « embryons chimériques » - ces êtres vivants pour partie humains, pour partie animaux -, rajoutant à (ce qui reste de) notre conscience un problème éthique supplémentaire : celle du statut, à la fois humain et animal, de tels embryons.
La question est de savoir en effet si, dans ce cas précis, ces embryons chimériques doivent être qualifiés d'"humains", rapporte Jean-Yves Nau, dans son article paru dans l'édition du Monde du 07.10.06. On ne peut pas ne pas penser à cette célèbre Controverse de Valladolid, où disputent Sepulveda et Las Casas de la présence d’une âme chez les autochtones de la Nouvelle Espagne : les Indiens!
Les chimères du clonage seraient-elles nos nouveaux Indiens ? Selon notre réponse, il faudra remettre en question nos études sur le devenir des lignées de cellules souches porteuses d'anomalies génétiques responsables d'affections neurodégénératives. Notre professeur « Fourmis » prétend que problème éthique pourrait être résolu « si l'on parvenait à transformer dans un tube à essais des cellules prélevées sur un corps adulte en cellules ayant les mêmes propriétés que des cellules souches embryonnaires."
Adieu veau, vache, cochons, couvées..., lapins et fourmis...
A partir de là, moi, je jette l’éponge, car je sais plus très bien où j’en suis : j’imagine Auschwitz et Mengele d’un côté, et l’Île du Dr Moreau de l’autre. (Si le sujet ne me paraissait pas si grave, je citerais dans la masse de ma mémoire cinématographique récente les créatures amusantes de Johnny Depp – « depp » veut dire « crétin », en allemand -, imaginées parmi ses corsaires de Caraïbes enchantées ; et celles, plus monstrueuses encore, du Seigneur des Anneaux, de Tolkien-Jackson, créées dans les immenses territoires de Nouvelle-Zélande!)
Clonage, chimères...Le métissage ne relève-t-il pas d’un autre ordre embryonnaire, celui qui s’auto engendre par le jeu même des contaminations culturelles de proximité et de leur mutuelle fécondation ? • N’est-ce pas ce qui se passe chez nous dans les nouvelles générations « black-blanc-beur », futurs citoyens français qui ne se rendront bientôt même plus compte que leurs ancêtres se baignaient de l’autre côté de la même mer ! L’avenir des rapports entre Moïse, Jésus et Mahomet ne se joue pas dans les officines feutrées des dicastères romains, dans les bruissantes medressahs égyptiennes ou dans les sonores yeshivot jérusalémites ! Mais dans le 9.3 de toutes les banlieues, à l’université ou à l’ANPE ; dans les grèves sauvages et les rav' parties mortelles ; dans l’irrésistible progression (lente, trop lente !) de la conscience globale et de la représentation virtuelle. Aucune « Église » n’y pourra rien : leurs « idées » sont des armes, elles s’échangent comme des coups de feu !
Mais partager la même musique, les mêmes films, les mêmes modes de communication, la même galère, la même révolte, les mêmes luttes, et qui sait, comme le titrait jadis Le Clézio, la même « extase matérielle » : voilà qui forgera les « new net citizens ».
• N’est-ce pas ce que prêchait il y a quelque temps Michel Serres avec le métissage comme avenir et but : des cultures, des ethnies, des idéologies ? De la créativité.
• Et ne voilà-t-il pas qu’Edgar Morin vient de publier, au Seuil, un essai intitulé Le Monde moderne et la question juive. Il y invente le concept du "judéo-gentil", qui s'applique aux juifs intégrés comme citoyens dans les États démocratiques modernes. "Ce qui s'est avéré historiquement fécond, c'est la rencontre, la double ouverture entre juif et gentil, la double conscience qui permet le regard critique ou sceptique sur ce monde occidental dont on fait partie sans en faire vraiment partie", écrit-il. Changez « juif » par chacun...
Ainsi, dans notre nouveau royaume des hommes-fourmis (dont nous avons apparemment perdu les clés !), nous avons construit des usines pour fabriquer des embryons de laboratoire avec tous les êtres de la création (souris, lapin, vache) ! Une « Arche de Noé » pour « Livre des Merveilles » à la Marco Polo !
Nous sommes ainsi devenus les Frankenstein de cette nouvelle anthropologie fantastique digne des génies monstrueux de Mary Shelley et de Jorge Borgès, dont accouche cette ruine de l’âme qu’est en train de devenir la « science » de Rabelais.
Pourtant la résistance, qui vient toujours de l’Esprit, s’organise. Car le métissage de l’âme est d’un autre ordre que celui des corps : « Ne craignez pas ceux qui peuvent tuer le corps : ils ne peuvent rien contre l’âme... si vous résistez ! ». En effet, voici advenir l’homme-monde, l’homme-métis, l’homme-gentil !
Quand Alexandre veut unir les « Grecs » aux peuples de l’Orient qu’il traverse de Pella (Macédoine) au Sutlej (5ème affluent de l’Indus au Pendjab), il mêle, par des noces quasi quotidiennes, les corps de femmes de dizaines de clans, tribus, ethnies et peuples, à ceux de ses vétérans Macédoniens qu’il installe dans les 28 Alexandrie fondées par sa volonté sur la route de la soie ! Voilà pour le corps ! Et ainsi le « miracle grec » de Phidias, d’Homère et de Solon deviendra l’hellénisme au triple chef-d’œuvre : la statuaire gandharienne jusqu’au broque, la nouvelle lingua franca jusqu’à l’arrivée des vandales, et la philosophie jusqu’à La Sorbonne : désormais, un corps et une âme métissés, globaux et gréco-gentils sera l’héritage que Rome transmettra aux mondes issus du Mare Nostrum !
« Quand je vous parle des choses de ce monde, vous ne me croyez pas ! Comment me croiriez-vous si je vous parlais de ce qui vous dépasse ?