Les Saints Innocents...



Aujourd'hui commence le mystère de la Passion

C'est le mystère de la Passion que figurait déjà la myrrhe des mages ; on fait massacrer sans pitié des nouveau-nés... Que signifie cette tuerie d'enfants ? Pourquoi oser un crime si horrible ?
« C'est que, disent le prince et ses conseillers, un signe étrange a paru dans le ciel ; il assure la venue d'un autre type de roi. »

Comprends-tu ce que sont ces signes avant-coureurs ?...
Si Jésus est maître des astres, n'est-il pas à l'abri de tes attaques ?
Tu crois avoir le pouvoir de faire vivre ou mourir, mais tu n'as rien à craindre de quelqu'un de si doux : Dieu le soumet à ta puissance ; pourquoi conspirer contre lui ?...

Aujourd'hui commence le mystère de la Passion.

Saint Grégoire de Nysse (vers 335-395), moine et évêque
Sermon sur la Nativité du Christ ; PG 46,1128s (trad. coll. Icthus, vol. 8, p. 170)

Les anges se lavent-ils les dents avant d'aller dormir?

Les anges se lavent-ils les dents avant d’aller dormir ?

Comme il arrive trop assez souvent, Zenit livre les textes intégraux d’interviews ou d’interventions, « sans y mettre les doigts ». Et c’est là tout l’intérêt pour le lecteur avide de première main que je suis.

C’est la cas ce matin (ZF06122009) avec une interview de Mgr Giuseppe Pittau, sj, missionnaire au Japon depuis quarante ans, ancien recteur de l’Université Sofia de la Compagnie de Jésus à Tokyo. Il s’agit du taux de suicide élevé au Japon : 30.000 victimes par an, dont beaucoup de jeunes (de 80 à 100 par jour, soit plus de 3 par heure !) : voilà, imaginez que vous avez une classe de 30 lycéens devant vous, et qu’après chaque changement de cours, 3 d’entre eux ne reviennent pas en classe. Avec une moyenne de 6 heures de cours quotidiennes, votre classe est liquidée moins de 5 jours ! Pittau invoque trois raisons :
1. la très forte présence du machisme et du harcèlement ;
2. le manque de temps des parents
3. l’inadéquation des écoles, obnubilée par la frénésie de passer ses examens avec succès.
Mais plus loin, cet homme de grande expérience de la nipponité évoque deux réalités que le tout venant ne saurait apprécier à sa juste valeur :
1. cette nation a été capable de sauvegarder sa propre tradition religieuse (bouddhisme, shintoïsme, et autres petites sectes traditionnelles)
2. peut-être n’avons-nous pas encore pénétré suffisamment le sentiment religieux japonais

Vient ensuite le texte intégral de la catéchèse de Benoît XVI, à l’audience générale du 20 décembre. Dès le 4ème §, le pape cite Saint Maxime de Turin, évêque du IVe-Ve siècle : Le monde, par ses inquiétudes mêmes, nous parle de l'imminence de quelque chose qui le renouvellera, et il désire avec une attente impatiente que la splendeur d'un soleil plus resplendissant illumine ses ténèbres... (Disc. 61a, 1-3). Cela est de toujours, mais l’expression en était peut être neuve à l’époque avec le déferlement des Vandales en Lombardie ! Et continuant sa catéchèse, le pape pose LA question qui remet en perspective, si l’on peut dire, l’offre et la demande religieuses - formulant à la « catholique romaine» (comment pourrait-il culturellement faire autrement !), les deux questions précédentes formulées par Mgr Pittau, en symbiose anthropologique avec les hommes chez lesquels il « missionne » depuis 40 ans.

Mais qu’enseigne le Pape ?
L'humanité de notre temps attend-elle encore le Sauveur ?
Voilà, et massivement, la question de confiance !


Et en bon professeur, le bon docteur Ratzinger
1. fait d’abord l’état général des lieux, dans une graduation dramatisante :
• On a la sensation qu'un grand nombre de personnes considèrent Dieu comme étranger à leurs propres intérêts.
• Elles n'ont apparemment pas besoin de Lui,
• elles vivent comme s'il n'existait pas
• et, pire encore, comme s'il constituait un « obstacle » à éliminer pour se réaliser soi-même.

2. Puis, il passe à l’état domestique, un constat « pro domo » :
• Même parmi les croyants, — nous le savons — certains se laissent attirer par des chimères fascinantes
• et distraire par des doctrines erronées qui proposent des raccourcis pour obtenir le bonheur.
• Pourtant, malgré ses contradictions, ses angoisses et ses drames, et peut-être précisément en raison de ceux-ci, l'humanité cherche aujourd'hui une voie de renouveau, de salut, cherche un Sauveur...

Et à ce moment, notre catéchiste suprême passe soudain à l’argument imparable de l’inconscient auquel tout un chacun peut faire appel, sans le justifier, et pour cause !
• et attend, parfois inconsciemment, l’avènement du Sauveur qui renouvelle le monde et notre vie, l'avènement du Christ, l'unique véritable Rédempteur de l'homme et de tout l'homme.

3. Enfin, suivant en cela la technique de l’ACO, il exhorte à l’action : Voir Juger Agir.
• Notre tâche de chrétiens est de diffuser, à travers le témoignage de notre vie, la vérité de Noël, que le Christ apporte à chaque homme et à chaque femme de bonne volonté. Naissant de la pauvreté de la crèche, Jésus vient pour offrir à tous cette joie et cette paix qui seules peuvent combler l'attente de l'âme humaine.
• Mais comment nous préparer et ouvrir notre cœur au Seigneur qui vient ?

En exorde, le pape
• reprend Maxime de Turin, qu’il appelle de nouveau à l’aide, en retenant sa magnifique finale
Les vêtements fastueux peuvent couvrir les membres, mais n'ornent pas la conscience » (ibid.).
• et nous émet un voeu dont l’euphémisme vaut toutes les enquêtes et analyses de sociologie religieuse : ... que l'Enfant Jésus ne nous trouve pas distraits ou simplement occupés à embellir...

Le rapprochement Pittau/Ratzinger ne laisse de m’interroger depuis plusieurs heures.

J’ai la conviction que tous deux parlent en toute sincérité. Mais j’ai aussi la conviction que c’est le premier qui montre avec expérience que c’est « à condition de se faire tout à tous » que l’on peut « en sauver au moins quelques uns » (St Paul) ! C’est-à-dire que toute catéchèse qui ne postule pas l’inculturation du « messager » coulera comme la pluie sur les plumes d’un canard !

Oui, votre Sainteté : Maxime et vous-même dites la même chose - inconsciemment peut-être à votre tour !
• Oui, c’est la conscience qu’il faut orner, entendez : informer, former, modeler, adapter, ouvrir, sensibiliser à ce qui ne correspond pas à « ses données immédiates » (dirait Bergson »).
• Oui, arrêtons de nous laisser « distraire » (dirait Pascal) et de nous occuper « à embellir » les choses !

Si un grand nombre de personnes considèrent Dieu comme étranger à leurs propres intérêts. Si elles n'ont apparemment pas besoin de Lui. Si elles vivent comme s'il n'existait pas et, pire encore, comme s'il constituait un « obstacle » à éliminer pour se réaliser soi-même. Si Même parmi les croyants, certains se laissent attirer par des chimères fascinantes et distraire par des doctrines erronées qui proposent des raccourcis pour obtenir le bonheur...

LA RAISON PEUT EN ÊTRE AUSSI que
• ces hommes et ces femmes sont capables veulent légitimement sauvegarder leurs propres cultures, quelles qu’elles soient et dans quelque domaines que ce soit!
• Peut-être n’avons-nous pas encore – nous autres, Européens -, pénétré suffisamment le sentiment religieux contemporain qui n’est plus celui d’une tradition vénérable, romaine, occidentale, européenne...

Alors
• à la très forte et évidente présence d’un hédonisme, d’un mercantilisme, d’un matérialisme et d’un relativisme agressif;
• au manque de temps de tous les responsables en matière d’éducation et de formation ;
• à l’inadéquation crasse des diverses institutions (profanes et religieuses) locales, nationales et internationales, toutes obnubilées par leur auto conservation et par la frénésie du succès à tout prix,
il faut ajouter l’incapacité, je serais tenté de dire ontologique, de ceux qui détiennent l’autorité (de droit divin ou démocratique) de représenter – comme les saints de l’Eglise catholique romaine -, des modèles, patrons, exemples, paradigmes de comportement intègre et intégré des vertus nécessaires et suffisantes pour être « de bons citoyens et de bons chrétiens ». C’est ce que souhaitait Jean Bosco pour les jeunes qu’il accueillait dans ses diverses fondations, à l’exacte même époque, où Karl Marx créait à Londres, en 1864, l'Association internationale des travailleurs (AIT) connue sous le nom de 1ère Internationale : elle rassemblait des organisations ouvrières anglaises, françaises, allemandes, puis italiennes, espagnoles, américaines, etc., d'inspirations idéologiques diverses (proudhoniens, lassalliens, mazziniens, trade-unionistes, etc.). Leur réunion était, selon Marx, le produit spontané du mouvement prolétaire, engendré lui-même par les tendances naturelles, irrépressibles, de la société moderne, c'est-à-dire par le développement des luttes politiques et économiques de masses.

Les tendances naturelles, irrépressibles, de la société moderne génèrent aujourd’hui des comportements désorientants que nous n’avons l’habitude ni de rapprocher ni de considérer en tant que tels,
et où, par exemple,
• au plan géopolitique, « Bush reste Bush » (Edito du Monde 21.12.06), de fin de non-recevoir en fin de non-recevoir (des analyses et propositions du Congrès et de James Baker ; du dialogue politique avec l'Iran et la Syrie pour les convaincre de contribuer à la stabilisation de l'Irak). Parce que lui et Condie estiment ( ?) que « les États-unis ne sont jamais aussi forts que quand ils combinent la puissance et les principes ».
• au plan national, (Robert Solé, Le Monde 21.12.06) « après avoir rangé le poignard, Brutus, accompagné de son épouse, est allé embrasser César sur les hauteurs de Saint-Cloud : rabibochage entre Jean-Marie Le Pen et Bruno Mégret qui résume: "Réconciliation personnelle et amicale, et aussi réconciliation politique." Assez ridicule, mais parfait, mais surtout pervertissant l'un des plus beaux mots de l'humanité !
• au plan commercial, « en plein essor (Joël Morio, Le Monde 21.12.06), le marché du parfum pour hommes, comme celui des cosmétiques, se développe avec la multiplication des marques et des fragrances pour chaque saison. En termes de chiffre d'affaires, il pèse désormais 342,5 millions d'euros (en 2005), selon la Fédération des industries de la parfumerie, un chiffre qui représente la moitié des ventes réalisées sur les essences féminines.

Talleyrand, Machiavel et Brummell sont des enfants de chœur auprès de Junior, eFeN et J-P.Gaultier...

... et les adolescents japonais ne sont pas mieux aidés.
En japonais « scandale » se dit « shubun ». Deux caractères composent le mot, l’un signifiant «laid», l’autre «écouter». Un rapide détour par le dictionnaire nous apprend un fait bien curieux : le premier sinogramme symbolisait à l’origine le serviteur des dieux. Par quel concours de circonstances le signe dut-il abandonner la référence sacrée pour endosser le sens de laideur ? Laconique, notre dictionnaire se contente de remarquer que ledit serviteur «devint, plus tard, un personnage méprisable à éviter». Quoi qu’il en soit, le basculement sémantique corrobore le point suivant : avoir en charge le sacré ne permet ni de tenir à distance la dépravation, ni d’éviter que la fonction ne se trouve stigmatisée. Le charivari actuel autour des Japonais qui servent l’État – l’entité sinon la plus sacrée, du moins la plus sacralisée – en est une parfaite illustration. On assiste en effet au brusque effondrement d’un corps, celui des fonctionnaires, dont on avait longtemps loué le sens de la responsabilité et de l’intérêt général. Ses récents égarements (citons le cas du diplomate qui détourna des fonds secrets afin de s’acheter un cheval de course auquel il donna le nom de sa maîtresse) suscitent en retour des réactions dont l’excès, voire le ridicule, est à la hauteur de la bêtise des affaires qu’elles dénoncent ; c’est ainsi qu’un hebdomadaire a pu exiger le démantèlement du ministère des Affaires étrangères, paralysé il est vrai par des scandales à répétition. Nous pourrions en rire, si les shûbun qui grèvent la fonction publique japonaise et le méli-mélo médiatique qui en découle ne traduisaient une crise plus profonde – celle qui concerne la définition de l’État et sa mission. (Kazuhiko Yatabe)

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Prière pour le 22 décembre, 1er jour de l’hiver

Dietrich Bonhoeffer a donné sa vie jusqu’au martyre : quelques mois seulement avant sa mort, il écrivait dans sa prison :

Dieu, rassemble mes pensées vers toi.
Auprès de toi la lumière,
tu ne m’oublies pas.
Auprès de toi le secours,
auprès de toi la patience.
Je ne comprends pas tes voies,
Mais toi, tu connais le chemin pour moi.


"Mon premier point sera qu'il faut déraisonner ... Alfred de Musset


LA FOLIE NECESSAIRE

Qu’est-ce qu’ « un aliéné authentique ? » nous demande Antonin Artaud, dans un instant de lucidité entre deux chutes comateuses. C’est « un homme qui a préféré devenir fou...plutôt que de se rendre complice de certaines hautes saletés ». Et comme il essayait de monter pour la RTF en 1947, avec les voix de Roger Blin et de Maria Casarès, une suite de fulminations antireligieuses, sous le titre Pour en finir avec le jugement de Dieu, un père dominicain s’écriait : Enfin le langage vrai d’un homme qui souffre ! N’empêche que pour être sûr qu’Artaud ne repose pas en terre chrétienne, on raconta au prêtre que l’auteur de Le suicidé de la société (sur la vie de van Gogh, K éditeur, 1947) s’était suicidé ! Antonin Artaud, créateur, acteur et victime du Théâtre de la cruauté (1932)

Élève du Sacré-Cœur de Marseille à l’âge de 14 ans (1910), Antonin songe à devenir prêtre quatre ans plus tard (1914) : il a 18 ans. Il ne se présente pas à la 2ème partie du bac, est ajourné au Conseil de révision et détruit ses écrits. Son premier recueil de poèmes publié s’intitule Tric-trac du ciel (sic). Il se prend pour L’ombilic des limbes, en 1925. Avec Le théâtre et son double (1938), il passe définitivement « de l’autre côté » d’une certaine réalité, celle de tout le monde ! Désormais ce seront internements, électrochocs et soins psychiatriques. Sa « rencontre » avec van Gogh se fera lors de l’Exposition que l’Orangerie consacre à Vincent en 1947, et qui lui inspirera l’un de ses plus beaux textes Le suicidé de la société. Il eut son Ivry chez le Docteur Delmas, comme van Gogh eut son Auvers chez le Docteur Gachet. L’année suivante, aux ides de mars, il est retrouvé mort, assis au pied de son lit...

Un aliéné authentique serait donc un homme qui a préféré devenir fou plutôt que de se rendre complice de certaines hautes saletés. La formule m’a suffisamment com-motionné ce matin, - au moment où j’envoyais mes vœux de Noël, - pour que je m’y arrête un instant !

Il y aurait donc des aliénés « inauthentiques » : les fous « ordinaires », donc, ceux des traditionnels « asiles de fous » - qu’on appelle maintenant « hôpitaux psychiatriques ». Et puis, parmi eux, il y aurait ceux qui « préfèrent devenir fous » : qui ont donc choisi l’aliénation, plutôt que d’être des salauds, en hurlant avec les loups. Qui préfèrent qu’on les traite de fous, quittes à se voir supprimés ou mis à part.
De Socrate à Jésus, du Caravage à van Gogh, de Giordano Bruno à Hans Küng... pour faire court ! Socrate fut suicidé, Jésus crucifié, Caravage assassiné, Vincent maudit, Bruno incendié, Küng « seulement » interdit ... pour avoir préféré être tenus pour « fous » plutôt que complices de certaines « hautes saletés ». C’est le terme « hautes » qui m’a « plu ». Plu parce qu’étonné ! De quelles « hauteurs » peut-il donc bien s’agir sinon celles du pouvoir sous toutes ses formes discrétionnaires, et surtout la forme de l’intolérance et de la cruauté, justement, mais cruauté et intolérance ordinaires : celles de la pensée unique, de la fixation religieuse, de la mode politique, du prêt à porter esthétique, du consensus idéologique, on pourrait y ajouter, celles des empires commerciaux et financier et des complexes militaro économiques.

Que sert à l’homme de gagner l’univers s’il vient à perdre son âme...

Chacun sa folie, mais élue, vécue et assumée : ce sera selon, de la liberté de l’esprit à celle de la foi, de la liberté de l’art à celle de l’innovation, de la liberté de la pensée à celle de l’universel. Ne vous conformez pas au système, et le système vous rejette et vous le fait payer. En Chine, la famille doit payer jusqu’à la balle qui a servi à fusiller l’un de ses membres ! Mutatis mutandis...

Le langage vrai d’un homme qui souffre, disait notre dominicain !
Entre 1943 et 1946, chez Gaston Frédière, psychiatre peu orthodoxe à Rodez, Antonin écrit (sic) :
Il y a dans l’électrochoc, un état de chute,
une espèce d’abandon en flaque,
par lequel passe tout électrisé,
et qui lui donne non plus maintenant de connaître
mais d’affreusement et désespérément méconnaître
ce qu’on fut quand on était soi !

Et en 1948, quelques jours, quelques heures avant sa mort, il griffonna un étonnant autoportrait, au regard loin de toute théâtralité, mais voué à la seule quête intérieure. Il en écrivit la non moins étonnante légende suivante, en forme de poème libre (retranscrit tel quel dans la forme) :

Je ne veux pas être Jésus-Christ
je veux être l’homme que je suis
ici. Mais cet homme n’est
pas Antonin Artaud
né à Marseille le 4 septembre 1896
avec une conscience venue de
Dieu
mais la conscience de sa douleur
et de son martyre dans la vie
et je ferai autre chose
que Dieu
et que les choses avec cette conscience
là. En vérité je ne dois pas venir
d’ailleurs
que de moi-même et je
resterai moi-même contre Dieu
et pour toujours et
pour la première fois.

En ces jours de Noël, et au nom de tous ceux qui tiennent « le langage vrai d’hommes qui souffrent », il me plaît de souligner ce « contre Dieu », et de le traduire - comme Sacha Guitry ailleurs -, par « tout contre ».

Oui, il me plaît de croire qu’Antonin Artaud était « tout contre Dieu ». Car pour affirmer ne pas « devoir venir d’ailleurs que de lui-même », c’est qu’il possédait cette intuition existentielle fondamentale qu’exprimait en son temps Augustin le Berbère : Deus intimior intimo meo Dieu plus intime à moi-même que moi-même.

J O Y E U X N O Ë L ...

Noël 2006 qui ne sait plus

entre grotte bergerie et crotte chocolat
entre neige tardive et folie tramway
entre messe de minuit et messe dominicale
entre SDF et RTT
entre cent dix huîtres et deux cent dix huîtres
entre Pinochet qui meurt et Castro qui tient l’coup
entre Sarko qui découvre les pauvres et Royal qui l’a toujours dit
entre Chirac et les enfants qu’il faut sauver
entre Marie Marek et l’art porno
entre embryons de réserve et bébés congelés
entre Iran qui rit et Irak qui pleure
entre actions Wall Street et dérivés Euronext
entre Fatah et Hamas qui s’entre exterminent
entre Syrie et Israël qui observent
entre Bush et Blair qui avouent... enfin
entre football Bertone et Jésus Ratzinger
entre latin Laguérie et Apocalipto Gibson

Et s’il y avait eu de la place à l’hôtellerie !
heureusement que les bergers ont apporté de quoi manger...
et l’eau, où ont-ils trouvé de l’eau ?
Joseph ahuri, entre doute et stupéfaction
Elle radieuse, entre instinct et instant d’une mère

entre Rome et Province
entre Nazareth et Bethléem
entre occupation et résistance
entre fin et début
entre avant et après
entre anciens et nouveaux testaments
entre Dieu mono et Vie trine
entre paille et crâne
entre genèse et apocalypse
entre Hérode et Mages
entre Temple et circoncision
entre Synagogue et Eglise
entre catacombes et shoah
entre pape et césar
entre Pierre et Paul
entre dogme et foi
entre Dieu et les hommes...

... et lui qui hurle soudain dans cette nuit unique
parce qu’il sent tout çà
déjà...

Joyeux Noël !
vp

VIA FIDEI

Via Fidei

Pourquoi nier son plaisir, - moi, le mien ! –quand ZENIT nous transmet de « good news » venant de Rome, et non pas son habituel train insipide d’informations hétéroclites et bêtement enthousiastes.

Ainsi le Salésien Bertone (ZF06121806 ) « notre » Tarcisius familial – j’ai l’honneur d’avoir avec lui Don Bosco comme « père et maître de la jeunesse »-, Number 2 du corps mystique catholique, et son patron après Dieu, notre pape théologien, font ce matin la une de zenit.org !

Le Cardinal sportif lance la Clericus Cup (sic !) qui se disputera en 2007, de février à juin, non pas entre élèves ou anciens de nos écoles et institutions, mais entre clercs, -séminaristes, prêtres de toutes générations, puisque les mi-temps seront « de trente minutes chacune afin que les plus âgés, puissent supporter le rythme du jeu » ! La ligue comptera sur 16 équipes, dont une représentant le Saint-Siège, mais on ne précise pas si lui-même (on le dit encore vert, le Cardinal !) &/ou, osons l’écrire, Sa Sainteté elle-même fera/ont partie de l’équipe vaticane ! Et ceci ne sera qu’un commencement, nous assure-t-on, puisque si « la première édition de la Coupe aura lieu uniquement à Rome, entre jeunes séminaristes et prêtres de la capitale, il faudra attendre 2008 pour une éventuelle ouverture aux équipes d’autres régions. » En somme, la version Urbi et Orbi du Totocalcio !

Je suis – malheureusement -, persuadé qu’un Cardinal Marcinkus redivivus ne manquera pas d’organiser paris et pronostics à l’échelle planétaire : on a bien déjà commercialisé en son temps un CD du pape polonais et de son tube du Pater Noster !

Deux précisions ne manquent ni de prudence ni de sel.
1. Les matchs seront programmés sur semaine pour ne pas entraver le cours normal des services religieux le dimanche.
2. Les séminaristes africains, considérés comme plus « athlétiques », dont certains sont déjà des joueurs professionnels dans leurs pays, sont particulièrement recherchés par les prêtres entraîneurs, au même titre que les brésiliens et les argentins, réputés les plus « techniques ».
Bref, « mon » cardinal est un pro !


De son côté, Jean-Michel Coulet, directeur de L’Osservatore Romano en langue française (ZF06121807) a présenté au pape allemand lui-même, en compagnie des éditeurs français et américains, un nouvel ouvrage, L’essence de la foi, un recueil de citations pour entrer dans la pensée papale, dont il a personnellement établi le texte. Il s’agit d’une sorte de glossaire alphabétique, allant des mots « adoration » à « zèle », tous tirés des homélies et des discours prononcés depuis son accession au pontificat. Toutes les garanties sont assurées puisque l’opuscule est préfacé par le cardinal Georges Cottier, théologien émérite de la Maison pontificale. On nous précise que Benoît XVI est un pape qui écrit beaucoup et dont chaque parole prononcée est chargée d’un sens profond, qui offre une large réflexion. (What else ? comme pour le Nespresso !) : et on finit par vous le proposer comme « un beau cadeau à offrir à Noël ! ». Il paraît, -faut-il rire, sourire, se réjouir ou secouer la tête ! – oui, il paraît que les mots les plus utilisés dans le langage de Benoît XVI seraient : Dieu, Jésus-Christ, puis l’Amour, la foi et le trinôme liberté, justice et vérité. En somme J-M.Coulet nous (r)assure que le pape est bien catholique romain !

C’eût été, à mon avis un non événement (si on veut bien se souvenir de la centaine de milliers pages déjà noircies sur le sujet par notre pape théologien et qui avait « tout dit » sur le sujet depuis la parution de son « Einführung in das Christentum » en 1968 (1) ! -, c’eût été donc un non événement, si deux « petits mots » n’avaient pas été dits par le Chef de l’Eglise Catholique Romaine.
Zenit rapporte que le pape arrêta son regard sur la page consacrée à son maître à penser, saint Augustin et eut « la bonne idée » de rappeler la leçon de l’évêque d’Hippone, à savoir « que le christianisme n’est pas un système de connaissances mais une ‘voie’, ‘une voie dynamique, la voie de la vérité de l’homme».

Enfin, et en continuité avec la remarque papale, l’éditeur américain osa poser au pape cette question à la fois « cliché» et inépuisable parce que la réponse varie, sans se nier elle-même, en fonction de la maturité actuelle de celui qui répond :
- Très Saint-Père, combien de chemins mènent à Dieu ?
Zenit nous rapporte qu’un sourire aurait illuminé son visage:
- Autant qu’il y a d’êtres humains !


Pourquoi rapprocher ces deux informations ce matin, à quelques encablures de la nuit de Noël ? Parce que si les Numbers One et Two de mon Eglise d’une part font entrer le football au Vatican et d’autre part nomment « voies » tous les chemins humains qui mènent à Dieu, ils donnent à comprendre, - à leur insu, je ne sais, Dieu le sait ! –
- que toute religion, même et surtout le football (qui, qu’est-ce qui rassemble autant d’êtres humains à la fois sur toute la surface de la terre?) peut être pratiquée même à Rome, la catholique, tant qu’on ne la confond pas avec la foi,
- parce que la foi est un chemin, une progression, une histoire : une voie et un tao.


Aucun dogme jamais ne viendra à bout de l’Homme ! N’est-ce pas là le message de Noël ?

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(1) Einführung in das Christentum, München 1968; Vorlesungen über das Apostolische Glaubensbekenntnis. Paperbackausgabe 5.Auflage München 1985 (u. a. auch in holl. 3. Aufl. (1970), kroat.(1970), portug. (1970), japan. (1973), slowen. (1975), ungar. (1976), korean.2. Aufl. (1983), engl. 2. Aufl. (1985), frz. 2. Aufl. (1985), span. 6.Aufl. (1987), russ.Sprache (1988) erschienen), Indroduzione al cristianesimo.(italien.Ausgabe, 9. Auflage Brescia 1990; Introduction to Christianity (amerik .Ausgabe Neuauflage New York 1990); tschech. Ausgabe: Uvod dokrest'anství, Brno 1991; arab. Ausgabe: Beirut 1993; 2. poln.Ausgabe: Wprowadzenie w chrzescijanstow, Krakau 1994. Il faut ajouter l’édition chinoise depuis l’an dernier.




Vous avez dit "Chrétien"?


Des chiffres pour Noël
Chrétienne, l’Europe ? Chrétiens les Occidentaux ?

Les Chinois de Hong Kong, Macao, Pékin, Shanghai et de Canton, mais aussi de Singapour et de Taïwan... et d’ailleurs (on me dit qu’il en est de même pour la diaspora plus lointaine, à Vancouver, à San Francisco et à Montréal. Paris ne serait pas mal, non plus !), sont ceux qui « fêtent » le mieux Noël ! Qui n’y a pas passé décembre ne sait pas ce que veulent illuminations, décorations, feux d’artifice, pétards, vitrines, animations de rue et de magasins...pour Noël ! Et des crèches par milliers, partout et jusque dans les endroits les plus inattendus ! Et tous les personnages avec les minois le plus western possibles, comme dans les films « animé » de Hayao Miyasaki des Studios Ghibli ! Pas un visage chinois, pas d’yeux bridés, pas de signes distinctifs extrême-orientaux, sauf les lettres peut-être !

Chrétiens, les Chinois ? Chrétienne, la Chine ?

Avez-vous lu dans le Monde (AFP | 18.12.06 ) ou dans le Financial Times(December 17 2006 ) ? « 35 % des Français et des Allemands estiment que l'UE est avant tout un "club chrétien" » tandis qu’en même temps « une majorité de citoyens vivant dans cinq pays européens – Grande-Bretagne, France, Italie, Espagne, Allemagne – estime que la religion ne devrait pas constituer un obstacle pour adhérer à l'Union européenne » : la Turquie est au premier rang ! L’Autriche et la France, se montrent plus hostiles, là où la Grande-Bretagne y favorable. Le sondage a été réalisé entre le 30 novembre et le 15 décembre par Harris Interactive, auprès de 12 500 personnes issues de ces cinq pays européens ainsi que des États-unis. Un éclairage plutôt vif et cinglant chez l’ex-fille aînée de l’Église, à qui son (très saint) père a demandé il n’y a pas si longtemps ce qu’elle avait fait de son baptême !

D’autres données. Plus des deux tiers (69 %) des personnes interrogées en Grande-Bretagne, France, Italie, Espagne et Allemagne affirment ne voir aucune objection à ce que leur enfant se marie avec une personne d'une autre religion. Tolérance ou contrainte ? Ce sera de plus (no escape !) le fait - bon gré mal gré -, et en priorité à l’école, accueillant indistinctement, tous les enfants de la république, ces derniers ne voient plus « l’étranger » en celui avec qui ils partagent plus de 8 heures quotidiennes d’études, de jeux et de convivialité! Et comme les craintes existentielles (chômage, SDF, précarité) sont les mêmes pour tous les économiquement faibles, c’est par la masse des citoyens que le fait s’établira de toute façon... dans une ou deux générations! Sans compter le taux de croissance, élément culturel déterminant pour les diverses communautés !

Enfin, en matière de religion déclarée : 32 % des Français se disent athées, contre 4 % des Américains. Par ailleurs, 77 % des Américains estiment- ils ne sont que 10 % en France -, que les enfants devraient être en droit de porter des symboles ou des vêtements à caractère religieux à l'école. Les deux pays se retrouvent toutefois sur l'enseignement de la religion dans les écoles publiques : 72 % des Français et 59 % des Américains y sont opposés.

Résumons pour notre pays :
• 35 % de nos concitoyens estiment que l'UE est avant tout un "club chrétien",
• et donc plus de 50% estiment que la religion peut constituer un obstacle pour y adhérer ;
• pourtant, plus des deux tiers affirment ne voir aucune objection à ce que leur enfant se marie avec une personne d'une autre religion.
• 32 % se disent athées,
• et seulement 10% estiment que les enfants devraient être en droit de porter des symboles ou des vêtements à caractère religieux à l'école,
• mais 72 % sont opposés à l'enseignement de la religion dans les écoles publiques.

Chrétienne, l’Europe ? Chrétiens les Français ?

« Tout l’ monde », mélangé, ou quasi, trouvera bien une messe de minuit le 24.
« Tout l‘monde », ou quasi, est déjà en train de monter arbre de Noël et crèche.
« Tout l’monde » - oui, tout l’monde ! - va (s’) acheter un cadeau, en exigeant qu’on laisse ouverts les grands magasins le dimanche 24.
« Tout l’monde » va, ces soir-là, se passer un « Stille Nacht Douce Nuit » en fredonnant, - quand on peut, entre foie gras (mi cuit) et saumon fumé (le sauvage, c’est le meilleur !).
« Tout l’monde » ouvrira ses cadeaux en faisant l’étonné et le ravi (je le souhaite à chacun !)

Siddhârta le Bouddha est né, à peu près, en 623 avt JC : le monde bouddhiste fête sa naissance le 3 mai. Je me suis trouvé un 3 mai, au Monastère coréen de Song Kwang Sa, en l’an 2561 de l’ère bouddhiste. Le 2 au soir mon maître Chung San m’invita ainsi à la méditation du lendemain : « To morrow, it’s Christmas ! Come and let’us meditate together ! ». Et lorsqu’à 3 heures du matin, nous nous retrouvâmes dans le petit sanctuaire glacé, niché dans la montagne mauve du Chogyé, il m’accueillit par ces mots : « Happy Christmas, Vincent Paul ! »

« Chrétien, mon maître zen ? Chrétiens,... vous qui me lisez ? »

L E S E M I N A I R E D U L O F T

SEMINAIRE EXCEPTIONNEL
" L E L O F T ".


A. Les dates et les thèmes pour les 5 sessions prévues

LOFT 1
16/01; 30/01; 27/02; 27/03; 17/04

LOFT 2
23/01; 06/02; 06/03; 03/04; 24/04

1. De la « dyade corps / esprit » à la « triade âme / esprit / corps » : redistribution du champ de l’investigation thérapeutique.

2. Le corps, mémoire et forme de l’âme : le corps n’oublie jamais rien.

3. Les manifestations psycho somatiques et leur interprétation psychanalytique : mémoire et souvenir en thérapie.

4. La place du corps dans l’expérience spirituelle et mystique : les relations entre l’homme vital (barbarie), l’homme mental (intellect) et l’homme spirituel (religion)

5. Principe de plaisir et principe de réalité (Lust- und Realitätsprinzip) : éclairages et repérages pour une analyse des comportements ordinaires.

B. Qui ? Deux groupes.

1. Participants non spécialisés en « sciences humaines », mais intéressés et concernés par elles, dans leur vie quotidienne, environnement et profession. Je contacterai 80 d’entre vous.

2. Participants es qualités : psychanalystes [18] et psychothérapeutes [40] soit une 60taine - que je distingue des psychologues [41].

3. Donc 2 propositions distinctes : il est évident que suivant les disponibilités du calendrier, chacun pourra librement se décider pour l’un ou l’autre des groupes : je compte sur 10% environ de réponses positives.

C. D’Où ?

D’après les « Pages Jaunes »: des villes et communes avoisinant Cannes, pour faciliter les déplacements : Antibes-Juan, Cannes-Le Cannet, Grasse, Mandelieu-La Napoule, Mouans-Sartoux, Mougins, Sophia Antipolis, Valbonne.

D. Lieu de rencontre ?

1. Mon ambition étant
• de créer deux groupes de réflexion, d’échanges et d’approfondissement, à deux niveaux différents (Lofts 1 & 2)
• et de proposer mon loft cannois comme adresse, vu sa centralité (4 Bl d’Alsace, à 200 m de la gare et de 2 parkings : SNCF et Vauban, plus les rues parallèles de Suffren et Montaigne, parking gratis à partir de 19h)

je n’envisage pas, jusqu’à présent, de dépasser le nombre de 8 participants par groupe.

2. Si ma proposition avait plus de succès, il faudrait envisager un local plus grand : mais
• où
• et à quel prix de location ?

E. Modalités pour l’hypothèse 1 : 2 groupes de 8 participants dans mon loft de Cannes.
- Durée : 90 minutes (19h30-21h) + un temps convivial « ad libitum » autour d’un bol de soupe, d’une tranche de pain, d’un verre de vin et d’une pomme, « offerts par votre hôte »
- Coût : 15 € par soirée (ttc !), MAIS je souhaite que l’on règle les 5 soirées d’un coup, (soit 75 €) pour s’engager à respecter ce contrat. Il n’est rien de plus désastreux pour un groupe constitué que de voir son nombre flotter en fonction d’une lubie ou d’une paresse de ses membres... surtout quand ce groupe est volontairement restreint, ce qui serait notre cas de figure !

F. Modalités pour l’hypothèse 2 : le/les groupe/s sont plus nombreux que 8 participants.
- Durée : inchangée, mais sans agapes conviviales... (Je ne serais pas chez moi !)
- Coût et conditions : inchangés
- LIEU : je n’ai encore rien prévu, mais je pense pouvoir trouver une solution sur Cannes ou Sophia-Vallauris.

DEROULEMENT DU SEMINAIRE LUI-MÊME

• Nous disposerons donc de
- 5 sessions
- de 90 minutes chacune
- soit 450 minutes ou 7h30

• Chaque session comprendra
- un exposé du thème (15 minutes),
- tel qu’il lancera un débat (une bonne heure)
- et des « conclusions » que je tirerai ensemble avec les participants.

• Je compte
- vous rappeler la date de chaque session quelques jours auparavant
* personnellement par email
*et sur mon blog
- rédiger
*un texte pour l’exposé introductif
*ainsi qu’un texte à partir de nos échanges :
*textes qui devraient vous parvenir chaque fois par email.


Bulletin de réponse par email

Nom....................................................Prénom........................................

Je suis : du métier / intéressé/e (choisir)

Je choisis les dates du LOFT 1 / du LOFT 2 (choisir)

Portable/Fixe :........................................................................................

NB : ne pas envoyer de règlement pour l’instant : vous serez informé/e si le séminaire a lieu

Intimité du Christ...

Voici ma méditation de ce matin, 18 décembre, jour de la St Gatien...

Intimité du Christ



Jésus se fait deux oeufs sur le plat. Il n'est pas coiffé, pas rasé, pieds nus il a laissé sa croix dans un coin. Aussitôt qu'il a un moment, il dessine des enfants, des enfants, des enfants. Parfois, il lit les journaux et hausse les épaules. Ce que l'on colporte sur son compte l'irrite, accentue sa fièvre.
Jésus répare sa bicyclette, il doit aller livrer du poisson, il y a une éternité qu'il n'a pas eu le temps de téléphoner à sa mère. La dernière fois qu'il l'a vue, c'était au Golgotha, peu avant son décès. Il a des fins de siècles difficiles.
Gardien des eaux et des forêts de l'âme, il va, il va, opiniâtre, friand d'innocence. Les pauvres le rassemblent, il a toujours un visage pour les vaincus. Il évite les cathédrales comme la peste, il fait un grand détour à cause d'un rendez-vous qu'il a dans les yeux d'un aveugle. Tout à l'heure il se fondra à nouveau dans la foule, puis, après avoir escorté des révolutionnaires qui se déplacent nuitamment, par prudence, il recommencera à dessiner des enfants, des enfants si petits qu'il faut une loupe ou un coeur de mère pour les voir.
Je le salue distraitement, car il n'apprécie guère les démonstrations, car il doute, car il est mon ami. Je prends congé, je me rejoins dans ma vie si provisoire, si bâclée, si chaotique, que je n'y aurai pris, à vrai dire, qu'un intérêt limité.

Jean-Pierre Rosnay, né dans la banlieue de Lyon en 1926, entre dans les maquis de la Résistance contre le nazisme à l'âge de 15 ans et demi (il combat en Haute Savoie, au Mont Mouchet, dans le Vercors, et après son arrestation à Lyon, s'évade des geôles de Klaus Barbie). Il fonde après la guerre le mouvement poétique des Jarivistes (JAR) auquel participèrent entre autres son beau-frère Georges Moustaki, Guy Bedos, Georges Brassens, etc., et qui défraye la chronique en organisant des « scandales poétiques » (enlèvement de Julien Gracq, enterrement de l'Existentialisme), dans la lignée des Surréalistes à l'égard de qui il prend pourtant des distances en affirmant renouer avec une tradition poétique qui fait rimer le cœur avec la raison. Après Robert Desnos, avec Philippe Soupault et André Frédérique, il est un des précurseurs d'une poésie qui prend à contrepied le mythe du poète maudit et prétend trouver son public, en ne négligeant pas d'utiliser pour cela les nouveaux médias : il réalise des émissions poétiques à la télévision et à la radio, intitulées « Le Club des Poètes ». C'est aussi le nom qu'il donne en 1961 à son cabaret où, avec sa « muse » (c'est son mot) et épouse, Tsou, il organise depuis lors des rencontres avec des poètes et des spectacles poétiques.

COACHING & PSYCHANALYSE à CANNES


LIFE COACHING
&
PSYCHANALYSE

*NOUVEAU à CANNES*

Comment faire pour penser en homme d’action
et agir en homme de pensée ?

- Nous sommes séparés du monde par les outils mêmes dont nous nous servons pour le connaître.
- L’important n’est pas d’avoir vécu, mais de vivre...ce qui...n’est jamais acquis, mais toujours menacé.
- Vivre consiste à agir.
- La liberté ne se mesure pas aux choix dont chacun dispose, ou aux obstacles qu’elle rencontre en cours de route, mais au fait qu’elle mobilise tout ou partie de l’individualité :
• les sentiments que nous avons mûris,
• les passions que nous avons couvées,
• les actions que nous avons délibérées, arrêtées, exécutées,
• enfin ce qui vient de nous et ce qui est bien nôtre. »
(d’après Henri Bergson)

Protocole

• Sur rv téléphonique : 0610 366 864
• Entretien préalable gracieux
• Durée fonction du traitement (ponctuel, suivi filé)
• Coût négocié à partir du tarif en vigueur
• Au cabinet : 4 Bl d’Alsace, Cannes



FORMATIONS du COACH / PSYCHANALYSTE

- Psychanalyste, Travailleur social (Munich) & Théologien (Munich & Rome)
- Diplômé de Philosophie (Alger & Nanterre), de Littérature & de Langue anglaises, de Littérature Moderne & d’Études Classiques (Nice)
- Expert en Études & Pratique bouddhistes (Népal, Corée & Japon)
- Études libres en Communication (Stanford, CA), Autisme (Chicago & Munich) & Séméiotique (Bologne)
- Multi Consultant International en Staff Management & Groupes de Recherche Éthique (France & Sud Est Asiatique)
- Officier de Réserve de l’Armée de l’Air.


DOMAINES D’EXPERTISE DU COACH / PSYCHANALYSTE

- Développement personnel intégral (Rogers, Socrate & Montessori)
- Traitement des blocages psychosomatiques
(Freud & Jung)
- Aide à la réforme des modes d’existence, à la redéfinition des projets de vie, à la recherche du sens dans les diverses activités (Loyola)
- Facilitation d’intégration et d’anticipation (E.Morin)
- Accélération de changement de projet, personnel et collectif (Code Samouraï)
- Révélation des potentiels d’attractivité et de créativité


vincentpaul@toccoli.org

Blog: toccoli.kaywa.com/
Website : toccoli.org/
English, Deutsch, Italiano, Espanol

POUR QUI DANS LE MONDE DE L'ENTREPRISE ?

- Tout chef d’entreprise, cadre et responsable
affronté aux problèmes nés du conflit entre éthique & culture économique

- Tout acteur de la vie économique, commerciale et financière : désirant se rendre plus fort intérieurement, et devenir encore meilleur dans ses performances et sa vie personnelle, amoureuse, familiale et sociale.

- Tout partenaire de l’économie globale, perdant pied, ou craignant de flancher, affronté aux problèmes de restructuration, délocalisation et licenciement


SCIENCE, CONSCIENCE, PATRIMOINE PERSONNEL & CULTUREL, VIE INTEGREE, RESPONSABILITE GLOBALE :

voilà de quoi doit aussi être constituée la personnalité d’
UN PARTENAIRE ECONOMIQUE en phase

POUR QUI DANS LE MONDE DE LA RECHERCHE DE SOI ?

- Toute personne qui doute de soi, de ses capacités, de ses actes, de sa valeur

- Toute personne qui éprouve un vide intérieur, un non sens de son existence, un véritable et douloureux dégoût de vivre

- Toute personne qui voudrait intégrer harmonieusement toutes les contradictions de son existence quotidienne, tendue pénible pour lui et tous ceux qui l’entourent

CHACUN PEUT ÊTRE AIDE à

- Rééquilibrer sa vie en référence à des critères d’étalonnage existentiels

- S’ouvrir à ses proches, familialement, professionnellement et socialement

- Cultiver espérance et optimisme pratiques & pragmatiques

- S'inquiéter de soi & de son bonheur, en rendant son présent habitable


QUI DOIT ASPIRER AU GOUVERNEMENT INTEGRAL DE SOI ?

- Tout le monde, mais surtout !
- Toute personne qui exerce une profession ou un métier où le « gouvernement de soi » est à la fois la clé et la condition nécessaire pour s’épanouir, être réceptif et savoir profiter du bonheur de vivre !

- Toute personne en responsabilité d’autres personnes :
- ENSEIGNANTS & EDUCATEURS de toute institution
- PRÊTRES, PASTEURS, RABBINS, IMAMS, & autres responsables d’âmes
- CHEFS & CADRES SUPERIEURS D’ENTREPRISE
- PARENTS SURTOUT A CERTAINS ÂGES DE LEURS ENFANTS
- COUPLES EN DEVENIR, EN DELICATESSE ou EN DETRESSE
- etc.

ENTREPRISE COLOSSALE
Car elle obéit :
- à une stratégie diagonale, entre les chemins idéologiques ;

- à une dynamique du biais, par des chemins inusités ;

- à un exercice d’équilibre entre vie privée et vie professionnelle, par le chemin du discernement ;

- à une redistribution de son autorité propre sur l’ensemble de son être au monde, par le chemin de l’intégration.


J'(e r') OUVRE MON CABINET : PROGRAMME à LIRE ATTENTIVEMENT


CABINET

de

LIFE COACHING & PSYCHOANALYSE

Vincent Paul TOCCOLI
Psychanalyste, Consultant, Expert en Bouddhisme, Prêtre

Le Provençal
4, Bl d’Alsace
06400-CANNES

Port : +33(0)610 366 864

E-mail : vincentpaul@toccoli.org
Blog Perso : http://toccoli.kaywa.com/">http://toccoli.kaywa.com/
Blog Cinéma: http://cinesens.over-blog.com/
Website : www.toccoli.org/

English, Deutsch, Italiano, Espanol


EDUCATION
Graduated Psychoanalyst, Social-worker, (Munich) and Theologian (Munich and Rome)
Graduated in Philosophy (Alger & Nanterre), English Literature and Language, Modern Literature and Classical Studies (Nice)
Graduated Scholar in Buddhist Studies and Practice (Nepal, Corea & Japan)
Free Studies in Communication (Stanford, CA), in Autism (Chicago,Ill) & in Semeiotics (Bologna, It.)
Multi Consultant for Staff Management & Ethics Research Groups (France & South East Asia)
Lieutenant of the Reserve in the French Air Force


DOMAINES D’EXPERTISE
[Freud, Hagakure, Jésus, Jung, Loyola, Montessori, Morin, Rogers, Socrate, Sun
Tsé]
• Développement personnel intégral
(approche rogérienne, maïeutique socratique et autonomie montessorienne)
• Traitement des blocages
psychosomatiques (démarche freudo-jungienne)
• Aide à la réforme des modes
d’existence, à la redéfinition des projets de vie, à la recherche du
sens dans les diverses activités (autant professionnelles que
familiales et relationnelles : méthode ignatienne)
• Facilitation d’intégration et
d’anticipation (pensée complexe d’Edgar Morin)
• Accélération de changement de projet,
personnel et collectif (inspiration guerrière des samouraï : Hagakure
& Sun Tsé
• Révélation des potentiels
d’attractivité et de créativité (parabole des talents)

DECLARATION D’INTENTION

Comment faire pour penser en homme d’action agir en homme de pensée ?
Nous
sommes séparés
du monde par les outils
mêmes dont nous nous servons pour le connaître.
L’important
n’est pas
d’avoir vécu, mais de
vivre...ce qui...n’est jamais acquis, mais toujours menacé par les
habitudes, les idées vagues et les préjugés. « Vivre consiste à agir.
Vivre, c’est n’accepter des objets que l’impression utile pour y
répondre par des réactions appropriées »
« L’individualité
des choses et des êtres
nous échappe toutes les fois qu’il ne nous est pas matériellement utile
de l’apercevoir. »
La
liberté ne se
mesure pas aux choix dont
chacun dispose, ou aux obstacles qu’elle
rencontre en cours de route, mais au fait qu’elle mobilise tout ou
partie de l’individualité : « les sentiments que nous avons mûris,
les
passions que nous avons couvées, les actions que nous avons délibérées,
arrêtées, exécutées, enfin ce qui vient de nous et ce qui est bien
nôtre. »
(de ou
d’après Henri
Bergson)


ETHIQUE
DE LA CULTURE ECONOMIQUE
Plus
que la simple conquête des marchés et des bourses,- où elle doit
exceller, de
toute façon,- la culture économique atteint à une hégémonie telle
qu'elle est
en passe de devenir le moteur même de notre civilisation, voire de se
constituer en ordonnateur du tout-culturel.
Une
éthique des affaires et des comportements induits par les technologies
de la
communication interactive informatisée s'impose plus que jamais dans le
jeu nécessairement
aléatoire des mouvements commerciaux à l'échelle du monde. Si tout est
global,
l'éthique aussi doit le devenir, et une école d'éthique internationale
s'impose
avec de plus en plus d'urgence.
C'est
pourquoi le caractère holistique de la culture doit prendre en compte
ce qui ne
relevait jusqu'ici que de la spécialisation de quelques uns: la
décision
économique. Ceci vaut d'ailleurs pour tout le secteur de
l'informatisation.

SCIENCE,
CONSCIENCE, PATRIMOINE CULTUREL, VIE INTEGREE, RESPONSABILITE
PLANETAIRE :
voilà
de quoi doit aussi être constituée une CULTURE
ECONOMIQUE,
si
elle veut être en même temps ETHIQUE.


Rééquilibrer
sa vie
en référence à des
critères d’étalonnage existentiels
S’ouvrir
aux autres
cultures et à
toutes les cultures
Cultiver
une
espérance pratique et un
optimisme pragmatique
S'inquiétant
de
l'homme et de son
bonheur, en rendant son présent habitable


Le LIFE COACHING
un
nouvel atout professionnel pour l’intégration de
la
personne


La
demande de
référence éthique est en
croissance constante, même si, à l'heure actuelle, il est encore
difficile de donner des chiffres car les professionnels ont eux-mêmes
du mal à formuler ce manque : le coaching classique ne traite de fait
que les symptômes. On donne aux « cadres responsables » des réponses
managériales pour atteindre l'excellence : mais on ne se préoccupe pas
du vide intérieur évident dans cette génération de surdiplômés nés
après 1968. Cette demande est en train d'exploser... LE
« LIFE COACHING » prétend y répondre.


Notes sur le Life Coaching

« Pour
un gouvernement intégral de soi » :sera l’objectif de ce type
original de coaching, dont les savoirs et les visées (tout en
n’excluant
pas, si elles apparaissent, les dimensions psychologique,
professionnelle
et organisationnelle...) seront focalisées sur un développement global,
holistique....des dimensions méta- psychologique, méta-
professionnelle, méta-
organisationnelle !

L’objectif
de cette entreprise est colossal, surprenant, contestataire : dangereux
diront certains, non- professionnel diront d’autres. Car il obéit :
• à une stratégie diagonale, entre les
chemins idéologiques ;
• à une dynamique du biais, par des
chemins inusités ;
• à un exercice d’équilibre entre vie
privée et vie professionnelle, par le chemin du discernement ;
• à une redistribution de son autorité
propre sur l’ensemble de son être au monde, par le chemin de
l’intégration.

Il ne vise rien de mieux que de devenir le
manager de
soi-même !
La plus grande différence entre le coaching dit
managérial traditionnel
et ce type de coaching inédit, c’est que, dans le second, l’histoire
personnelle
est sollicitée avant tout le reste !

Car la question à résoudre n’est
pas
seulement d’ordre psy., pro. ou org. ! Il s’agit
• de pouvoir dire avec des mots qu’on ne
connaît pas encore, ce qui constitue le « Unbehagen », le « mal être »
d’une existence à quoi rien ne manque pour être heureuse, et qui
pourtant sonne vide et creux ;
• de re(trouver) des/les sources où
puiser un sens qu’on ne sent plus dans une vie consacrée à des
activités (« distractions »,
dirait Blaise Pascal) préoccupantes au point que nulle perspective
autre que la
rentabilité et le profit (choses respectables, mais qui à elles seules
ne sauraient servir de sens !)


Cette
quête est de
type méta- physique !


Un
véritable travail d’équilibriste sur l’étroit chemin qui serpente entre
• le schooling philosophique d’une part,
• et la quête de sens d’autre part.
Car
c’est le principe d’incertitude qui règle aujourd’hui plus que jamais
les
comportements des responsables d’entreprises engagées de plus en plus
dans des
refontes récurrentes de leurs frontières ou de leurs activités :
conduire
des fonctions et des projets aux contours incertains,
souvent sans le soutien des dirigeants et des collègues, est une
improbable
mission impossible, et requiert des « marines » du management.

Ce qui
est requis avant tout, c’est
• maîtrise de soi,
• capacité d’anticipation,
• démarche apaisante face aux multiples
antagonismes que charrient ces projets.


Ce
que le coaching révèle, en effet, surtout en nos temps de
bouleversements
globaux, c’est plutôt le brouillage des repères managériaux qui semble
marquer
l’histoire entrepreneuriale actuelle. Ce qui pousse à explorer d’autant
plus,
sinon de construire, tant en théorie qu’en pratique, le continent
encore
inconnu de ce « management des managers ».


Comment
éviter les pièges de la désillusion ?
• Cette invitation à un autre type
alternatif de coaching tend à dessiner de soi une image qui va servir
d’appel à un changement de vie.
• La problématique réside dans les
critères d’évaluation de ce changement : recherche ou fuite de soi ?
prétexte à démission ?
• Ainsi toute quête de soi passe par la
phase de la construction d’images de soi, mais ne peut s’en contenter.
• Cette longue décantation qui consiste
à dépasser l’idéalisation virtuelle de soi est l’enjeu exact du capital
spirituel : se détacher sans cesse des images obsolètes de soi pour
s’identifier sans cesse à d’autres.
• Le relation à soi et à ce qui dépasse
ce soi est une relation vivante, donc évolutive : il n’est pas aisé d’y
consentir, que ce soit par confort, laisser-aller ou lâcheté !
Le
« Life Coaching » propose de se réapproprier le soi-même qui perdure
au-delà des vicissitudes, seul capable de laisser les possibles
inattendus nous
surprendre. S’entraîner (training) à la docilité au flux de la vie.


Ce que
chacun doit
être pour être lui-même se situe bien au-delà de sa propre
imagination : mais
un au-delà qui prend en compte ce qu’il y a bien en deçà et qui ne
« convenait » plus.

Re - connaître pour naître à nouveau.

Le « Life Coach » : un accompagnant d’intégration

Voir
en relief

Pour
mieux voir, c’est-à-dire pour voir en relief et avoir le sens des
distances, il
faut avoir les deux yeux ouverts et… être vigilant.
Ceux qui voient mal le savent. Ce n’est qu’au microscope – ou pour
prendre les
photos – que l’on en ferme un, pour concentrer la vue sur l’autre. Dans
la vie intérieure,
c’est pareil : pour bien avancer, il faut voir en 3D. Mais ça ne se
fait
pas du premier coup, et ce n’est pas si simple. Il faut souvent aussi,
si ce
n'est toujours, un complément de regard. L’accompagnateur est ce
supplément de
regard. Mais attention : à certaines conditions seulement

La liberté !
La
condition essentielle, incontournable, c’est la liberté, de part et
d’autre. Ce
que nous souhaitons au fond, c’est que notre désir profond travaille
ou
prenne toute notre vie. Et pour cela, nous ouvrons notre vie au regard
de
quelqu’un qui va, avec nous, y rechercher les signes de ce désir
profond.
Quelqu’un de confiance. Et qui est là simplement pour être serviteur de
ce
désir dans nos vies. C’est le rôle de cet «accompagnant d’intégration
» : il ne commande rien dans notre vie, il est témoin attentif des
signes de
notre désir, sans aucun projet préconçu sur nous. Et cela est
essentiel. Là où
il n’y a pas le respect de la liberté, notre désir est en danger. Façon
de dire
que nous le sommes aussi !

Un
ami du « désir »
L’important
: c’est qu’il n’y en ait qu’un. On ne confie pas sa vie, pour une
relecture de
ses signes, à 36 personnes : ce serait de la dilution, ou comme un
navire
sans gouvernail. Cette personne ne doit pas être un proche. Qu'elle
sache
écouter, laisser de la place, dans le regard, le silence, la parole,
qu'elle
respecte notre vie profonde et notre liberté.
Car
l’accompagnement d’intégration est une œuvre éthique : il faut en
conséquence choisir quelqu’un en qui on puisse reconnaître « un ou une
ami(e) du désir », capable de discrétion et
de respect.
Et
chaque année, il sera bon d’évaluer le chemin parcouru. Vérifier
comment il a
construit ma vie. Si vraiment cela n’était pas le cas, il faudrait
revoir et peut-être
changer de route, éventuellement d’accompagnateur.


Comment ?
En
inscrivant de telles « rencontres d’esprit à esprit » (pour parler
comme les
anciens patriarches chinois) dans la régularité : une (ou deux) fois
par mois
par exemple, c’est une bonne fréquence. Quand on est en période de
décision
importante, ce peut-être un peu plus, mais ce n’est pas la quantité qui
compte,
c’est la régularité.
Et
en se préparant le cœur à ces rencontres, dans le silence et le
dialogue avec
notre désir. En relisant sa vie : je repense alors à ce qu’a été ce
temps de
vie pour moi, à mes rencontres, mes découvertes, à ce qui a été
important,
peines ou joies. Je re-cueille. Je prends même éventuellement des
notes. Alors
je suis prêt à parler avec mon accompagnant, pour garder l’essentiel
comme une
parole pour ma vie. Je partage ce que j’ai recueilli, avec simplicité.
Je
dis où est ma joie, mon souci, mon épreuve, ma tristesse peut-être.
Mais
en me rappelant bien que c’est un lieu sans voyeurisme, où le but est
de
partager ma vie mais pas de l’étaler. Les choses du désir ne s’étalent
pas, et
il y a de la discrétion dans l’accompagnement d’intégration, c’est
essentiel.
L’accompagnant
d’intégration normalement ne me dit pas ce que je dois faire. Il fait
écho à ce
que j’ai partagé, à ce que je deviens dans ma vie concrète.


NB :
Un
ami ne peut pas être un tel accompagnant d’intégration : il faut
toujours
de la distance, pour mieux respecter la liberté profonde nécessaire à
cette
quête du désir et de sa voix. Mais si à l’inverse l’accompagnant
devient un
ami, on peut la garder comme ami, bien sûr ! Mais il faut alors choisir
un
autre accompagnant !

CROISSANCE HUMAINE & CROISSANCE D’INTEGRATION

Dans
une société sécularisée qui tend à disjoindre a culture et le
« croire », une aspiration se manifeste aussi bien dans le domaine
profane, l'éducation, la profession, la santé, l'affectivité, que dans
le
domaine de l’ «intime », où le désir de croissance s'exprime par un
renouveau de l’intériorité et des voies qui balisent la quête
intérieure.

Comment
tenir ensemble, articuler l'une à l'autre, ces deux dimensions d'une
maturation intégrale, en évitant le double risque
• d'un développement humain grevé par le
souci de soi
• et d'une croissance intérieure sans
repères ni racines?
Ce
« nouveau paradigme », comme on l'a appelé, n'est plus le progrès
matériel,
mais le développement psychique. Le malheur de l'homme, son
déséquilibre
interne et son matérialisme destructeur, disait-on, vient de ce qu'il a
tout
misé, depuis l'aube de l'époque moderne, sur le développement de sa
raison, de
ses facultés discursives et fabricatrices, en oubliant l'autre
dimension de son
être, intuitive, affective et mystique. Abraham Maslow élabore une
théorie qui
forme le soubassement du culte du «développement personnel ». Le point
essentiel de cette théorie est la distinction entre deux types de
besoins
psychologiques.

• En premier lieu, les êtres humains
ressentent des besoins de base, besoin de sécurité, d'appartenance,
d'affection et d'estime, dont la non-satisfaction entraîne des carences
affectives, des névroses ou des blessures psychiques. Cette première
série de besoins st l'objet de la psychothérapie, dont la fonction est
réparatrice.

• Mais, outre ceux-ci, l'homme aspire à
l'accomplissement de son être au niveau supérieur: c'est le désir
ardent de grandir, de développer ses qualités, de s'épanouir,
d'actualiser ses potentialités. Ce domaine est celui du développement
personnel, de la maturation, et non plus celui de la guérison. Alors, la
personne ne cherche pas seulement un mieux-être, mais un plus-être, la
réalisation de soi.

C'est
ainsi que le « développement personnel » aborde les questions du sens
de
l'existence et de la vie intérieure. Ce qui est essentiellement
recherché
ici, c'est le développement
• de la conscience au-delà des limites
de l'ego,
• la communion avec le monde cosmique
• et la réalité intime.

Les
« états modifiés de conscience » sont ceux qui font percevoir un
au-delà du
moi, par une expérience transpersonnelle.
Mais
la médaille a son revers. L'individu se retrouve sans cesse confronté à
son moi
idéal. Et le voici sommé de parvenir à l'excellence, d'être performant
et de
faire la preuve de l'épanouissement de sa personne, au risque d'être
disqualifié.

N’oublions
pas que l'amour est pèlerin, il ouvre des chemins ans les profondeurs
de la personne,
la transforme par son passage et, après bien des méandres, l'entraîne
enfin,
avec toutes ses facultés d'intelligence, de sensibilité et d'action, à
ne plus
vouloir que ce que notre destinée veut dans la docilité à l’intuition
fondamentale
de sa propre ligne de vie. Mais ce
chemin passe par des seuils, des morts et des résurrections...




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