A BON ENTENDEUR...

Livre de Jérémie 1,4-5.17-19.

« Avant même de te former dans le sein de ta mère, je te connaissais ;
avant que tu viennes au jour, je t'ai consacré ;
je fais de toi un prophète pour le monde.
Lève-toi, tu transmettras tout ce que je t'ordonnerai.
Ne tremble devant personne, sinon, c'est moi qui te ferai trembler devant eux.
Moi, je fais de toi aujourd'hui une ville fortifiée, une colonne de fer, un rempart de bronze,
pour faire face à tout et à tous : puissants, chefs, prêtres, et au monde entier.
On te combattra, mais on ne pourra rien contre toi,
car je suis avec toi pour te délivrer.
J’ai dit !. »

ITE MISSA EST , par Yves Deniau et Henri Grouès

ITE MISSA EST , par Yves Deniau et Henri Grouès
ITE MISSA EST , par Yves Deniau et Henri Grouès

ITE MISSA EST

Jean-François Deniau est mort le 24 janvier (NOUVELOBS.COM | 25.01.2007). C’est dur de mourir, quand meurt quasi le même jour un homme que tout le monde connaît, admire et aime : je parle de l’Abbé Pierre.

J’ai rassemblé quelques réactions de lecteurs du NouvelObs à la disparition de l'ex-ministre et académicien à l’âge de 78 ans. (Je vous les livre comme anonymes et sic !) : en guise de rattrapage, en somme !

• une langue c'est tue
un homme courageux nous quitte
mais il lui doit tant de chose simple aujourd'hui
la démocratie avec le traité du marché commun
et aussi peu connu de tous
la constitution de l'Espagne moderne d'aujourd'hui
et le courage de dire merde
poliment mais fermement (26.01 à 14h23)

• Hommage à un honnête homme
Notre pays voit disparaître l'un de ses serviteurs les plus illustres, il s'agit d'une grande perte pour la France.
Défenseur des droits de l'homme, des minorités, de la liberté aux quatre coins du monde, Monsieur Deniau incarnait une certaine idée de la France, la vraie, faite de grandeur et d'humanisme.
S'élevant constamment au dessus des partis, des hommes et des océans, cet aventurier a tout au long de sa vie poursuivi son id&al, un rêve fou de bonheur, de prospérité et de paix auquel chaque être humain avait droit.
Merci pour votre oeuvre et puisse-t-elle inspirer encore longtemps les nouvelles générations de citoyens engagés...
Finalement, comme vous le disiez si bien, la sphinx a fini par vous rattraper, mais peut être cette fois-ci vous conduira t-elle vers une voie insoupçonnée?
Adieu grand homme et gardons tous en mémoire qu'au delà de l'espoir il y a l'espérance.(25.01 à 17h19)

• Les médias et JF Deniau
Je trouve que la nouvelle de la mort de ce grand humaniste a pris peu de place dans les médias. Les journalistes pensent peut-être que les français sont plus intéressés par la guéguerre entre Nicolas et Ségolène. J'ai peur qu'ils aient raison. (25.01 à 14h50)

• Si cet homme avait vécu au 16ème siècle, on l'aurait qualifié d'honnête homme. (25.01 à 13h20)

Je pense à Salieri qui a – malheureusement pour lui !– vécu à la même époque que Mozart ! Qui connaît encore le premier, sinon, pour certains d’entre nous, par le film de Milos Forman !

Après la cérémonie de ce matin à Notre Dame – belle, sobre, émouvante – je voudrais revenir encore, mais une dernière fois, sur l’héritage hautement spirituel que nous laisse « l’Abbé » (Vincent de) Pierre, dont j’ai glané les éléments dans les divers échos qu’a suscités sa « rencontre » avec son Dieu !

QUE RETENIR ?
• Il ne demandait rien, il exigeait. Il n’implorait pas, il accusait !
• Pour lui, rien ne remplaçait l’injonction de charité. Il ne l’incarnait pas, la charité : il voulait introduire la fraternité dans la justice.
• Il aimait à dire : « De temps en temps, faire ce qui ne se fait pas, çà fait du bien : je crois que le Bon Dieu m’a donné le flair des insolences mesurées. »
• Il fut l’initiateur d’une autre temporalité, une constance, une éternité.

ET L’EGLISE ALORS ?
Par deux fois, le NouvelObs (NO 24.01.07) appelle notre abbé : l’ecclésiaste, sans guillemets! (Traduction grecque de l'hébreu קהלת Qohelet, "celui qui s'adresse à la foule"), et le NO insiste : « l’Ecclésiaste! Engagé ». L’auteur du livre biblique proclame avec emphase la "futilité" et l'obsolescence de tout action humaine, sage et fou connaissant le lot commun de la mort. Bien que le NO ait très certainement voulu écrire « ecclésiastique », ce quiproquo est à la fois amusant et fort approprié !

En effet, chacun se rend compte que « la barque de Pierre » – l’autre, le romain ! – tangue : dérapages papaux et fin de l’état de grâce ; montée du doute, désarroi et critique ; absence de vision et flou géopolitique ! Et, pour arranger le tout, une double obsession, celle du sexe et du relativisme !

En regardant ce matin la cérémonie de Paris dans les « étranges lucarnes », je pensais mollement à Rome : et soudain, - à la lecture du mot papal, formel et protocolaire, * transmis par le cardinal Bertone au Cardinal Ricard qui l’a lu -, je me suis entendu m’interroger, in petto, mais suffisamment fort pour que j’entende ma voix intérieure : « Y a-t-il un pilote dans ... la barque romaine ? » (« fluctuat », certes, mais gare au « mergitur »)

Toute sa longue vie, l’abbé sut profiter des espaces de liberté, en ignorant les contraintes de l’institution. Il se situait pratiquement entre institution et anti institution : « Si l’Église veut continuer d’exister, elle doit être en phase avec son temps. »

IL EST TEMPS DE CONCLURE !
Deux mots : l’un pour inaugurer, l’autre pour clore sa vie sacerdotale. Frédéric Lenoir, devenu son ami, révélait ce matin, urbi et orbi, une confidence que l’abbé lui avait faite. Lors de sa confession de retraite d’ordination, le jadis Père Henri de Lubac, plus tard Cardinal, lui aurait souhaité la grâce de l’ « anticléricalisme des saints » ! D’autre part, lui, l’abbé, aimait à dire : « La messe, c’est la sieste de mon âme ! »

Je voudrais réunir en cet adieu, Yves Deniau et Henri Grouès, et leur laisser la charge de l’ « ite missa ». De « là-haut », ils nous disent chacun : « C’est à vous d’être formidable, moi j’ai fini ! »

* « Informé du décès de l’abbé Pierre, le Saint-Père rend grâce pour son action en faveur des plus pauvres, par laquelle il a donné un témoignage de la charité qui nous vient du Christ. Il le confie à la miséricorde divine et demande au Seigneur d’accueillir dans la paix de son royaume ce prêtre qui a toute sa vie lutté contre la misère. En gage de réconfort et d’espérance, Sa Sainteté vous envoie de grand coeur, ainsi qu’à la famille du défunt, aux membres des Communautés d’Emmaüs et à toutes les personnes réunies pour la cérémonie d’adieu la Bénédiction Apostolique ».


HOMMAGE

Dernier hommage

Aujourd’hui, vendredi 26 janvier, dernier hommage à l’Abbé Pierre, en la cathédrale Notre-Dame de Paris.

J’aimerais réunir les lignes qui suivent et vous les proposer comme prière de recueillement! Le premier texte est d’aujourd’hui, l’autre de toujours.

1. Merci l’Abbé !

... L’Abbé Pierre n’a eu de cesse, tout au long de sa vie, de bousculer et d’inviter la société toute entière et chacun de nous en particulier à tourner son regard vers celles et ceux qui avaient perdu tout espoir et toute dignité.

À chaque fois que dans notre pays, ou ailleurs dans le monde, Dieu est menacé dans l’homme ou l’homme menacé comme image de Dieu, nous avons pris l’habitude d’entendre résonner la voix de l’Abbé Pierre. Sa voix était celle des hommes et des femmes qui sont sans toit et sans voix. Il avait l’audace des prophètes et la force des athlètes. Devant lui des chemins s’aplanissaient et des routes s’ouvraient. Place aux petits et aux pauvres : ils sont visage de Dieu.
Tout ce qu’il était, il le devait à l’Évangile dont il se nourrissait chaque jour. La Parole de Dieu était sa boussole et sa marche celle d’Emmaüs. Sa vie entière était fondée sur le Christ. L’Abbé Pierre quitte la scène de notre monde pour entrer dans le face-à-face avec le Créateur. Son départ marque notre Église, et plus largement l’ensemble de nos contemporains...
Merci l’Abbé d’avoir réveillé nos consciences...

Père Benoît Gschwind (26 janvier 2007)
Assomptionniste
Rédacteur en chef de Prions en Eglise

2.
La vie présente est un chemin qui mène au terme de notre espérance, tout comme on voit sur les pousses le fruit qui commence à sortir de la fleur, et qui, grâce à elle, parvient à l'existence comme fruit, même si la fleur n'est pas le fruit. De même, la moisson qui naît des semences n'apparaît pas immédiatement avec son épi, mais c'est l'herbe qui est la première à pousser ; ensuite, une fois l'herbe morte, la tige de blé surgit et ainsi le fruit mûrit à la tête de l'épi...

Notre Créateur ne nous a pas destinés à la vie embryonnaire ; le but de la nature n'est pas la vie des nouveau-nés. Elle ne vise pas non plus les âges successifs qu'elle revêt avec le temps par le processus de croissance qui change sa forme, ni la dissolution du corps survenant à la mort. Tous ces états sont des étapes sur le chemin où nous avançons. Le but et le terme de la marche, à travers ces étapes, c'est la ressemblance au Divin...; le terme attendu de la vie, c'est la béatitude. Mais aujourd'hui tout ce qui regarde le corps -- la mort, la vieillesse, la jeunesse, l'enfance et la formation de l'embryon -- tous ces états, comme autant d'herbes, de tiges et d'épis, forment un chemin, une succession et un potentiel permettant la maturité espérée.

Saint Grégoire de Nysse (vers 335-395)
moine et évêque, Sermon sur les défunts

CRAINTE ET CLEMENCE : LE CHEMIN DE DAMAS

C’est aujourd’hui la fête du Chemin de Damas.

Admirable texte d’un Père de l’Eglise, l’immense Jean Chrysostome (vers 345-407), évêque d'Antioche puis de Constantinople, docteur de l'Église, dans sa 7ème Homélie sur la conversion !

Je ne résiste pas au plaisir de vous la proposer comme méditation ce matin, tellement elle nous concerne, chacun et chacun, sur notre chemin en quête du sens de ce qui nous arrive !


« Il faut que nous gardions toujours à l'esprit combien tous les hommes sont entourés de tant de témoignages du même amour de Dieu. Si sa justice avait précédé la pénitence, l'univers aurait été anéanti. Si Dieu avait été prompt au châtiment, l'Eglise n'aurait pas connu l'apôtre Paul ; elle n'aurait pas reçu un tel homme dans son sein. C'est la miséricorde de Dieu qui transforme le persécuteur en apôtre ; c'est elle qui change le loup en berger, et qui a fait d'un publicain un évangéliste (Mt 9,9). C'est la miséricorde de Dieu qui, touchée de notre sort, nous a tous transformés ; c'est elle qui nous convertit.

En voyant le goinfre d'hier se mettre aujourd'hui à jeûner, le blasphémateur de jadis parler de Dieu avec respect, l'ignoble d'autrefois n'ouvrir sa bouche que pour louer Dieu, on peut admirer cette miséricorde du Seigneur. Oui, frères, si Dieu est bon envers tous les hommes, il l'est particulièrement envers les pécheurs.

Voulez-vous même entendre quelque chose d'étrange du point de vue de nos habitudes, mais quelque chose de vrai du point de vue de la piété ? Écoutez : tandis que Dieu se montre exigeant pour les justes, il n'a pour les pécheurs que clémence et douceur. Quelle rigueur envers le juste ! Quelle indulgence envers le pécheur ! Telle est la nouveauté, le renversement, que nous offre la conduite de Dieu... Et voici pourquoi : effrayer le pécheur, surtout le pécheur obstiné, ce serait le priver de toute confiance, le plonger dans le désespoir ; flatter le juste, ce serait émousser la vigueur de sa vertu, le faire se relâcher de son zèle. Dieu est infiniment bon ! Sa crainte est la sauvegarde du juste, et sa clémence retourne le pécheur. »


QUE TOUTE LANGUE CONFESSE QUE LE SEIGNEUR EST JESUS CHRIST

QUE TOUTE LANGUE CONFESSE QUE LE SEIGNEUR EST JESUS CHRIST

QUE TOUTE LANGUE CONFESSE QUE LE SEIGNEUR EST JESUS CHRIST

Jeudi: 25 janvier:"Que toute langue confesse que le Seigneur est Jésus Christ" (Phil 2, 11).

8ème jour

Il faut pouvoir le dire !

Mais comment le dire quand on ne connaît ni le nom de Jésus,
Ni ce que Christ veut dire,
Et quand le titre de Seigneur est obsolète,
Encore que certains latins se saluent côté ville d’un Signor ou Seňor !

Quant à confesser !
Pourquoi ne pas parler une langue ordinaire
Pour que des gens ordinaires comprennent de quoi il est question !
Car ce Jésus est une question avant d’être une réponse :

Et « si jamais personne n’a parlé comme cet homme »,
C’est qu’il disait et continue de dire via les évangiles
Ce que personne n’ose articuler,
Sans se mettre lui-même en question, justement !

Il dit que c’est le corps qu’il faut respecter, d’abord !
Ce corps appelé à durer, même si c’est sous un autre mode !
Ce corps qui sera le lieu de vérification objective de la charité,
D’après Matthieu au chapitre 25 !

La résurrection, qui est ici, et maintenant,
Nourrir, abreuver, accueillir, vêtir, soigner, visiter,
Et respecter le corps, n’importe lequel,
Sans acception ni exception !

Qui ne respecte pas le corps
Ne peut respecter l’âme, ni l’esprit, ni le cœur !
Et qui bafoue déjà l’esprit, l’honneur et la justice,
Est prêt à la shoah de tous les corps ! (*)

Se battre pour le vrai,
Souvent mène à tuer!
Se battre pour le préférable,
Inclut la tolérance en excluant l’intolérable !

La saga des rapports de notre corps au monde
Et à ce qui le dépasse,
C’est l’histoire des manières qu’ont (eues) et l’homme et Dieu
De nier ou d’aimer un corps qui n’est pas sien !

(*) Heinrich Heine, poète juif allemand (né à Düsseldorf 1797, mort à Paris en 1856) avait bien prédit que « ceux qui brûlent les livres finissent tôt ou tard par brûler des hommes ».

MON SALUT RESTE LOIN

MON SALUT RESTE LOIN

MON SALUT RESTE LOIN


Mercedi : 24 janvier : "Mon salut reste loin" (Psaume 22, 1).

7ème jour

Mon Dieu !

« Çà, on peut l’dire, que mon salut reste loin !
Et puis on l’sait !
C’est pas demain l’avant-veille qu’on ras’ra gratis !
Et la vie s’ra jamais un long fleuve tranquille ! »

Mon, notre salut reste loin,
Parce que restent loin de réalité qui résiste
Ceux qui ont en ont la charge, et elle leur résiste à eux aussi!
Il faut à ces gens-là que la réalité obéisse à leur vision, quand ils en ont !

Sinon, pour eux, c’est la réalité qui a tort,
C’est la vie qui a tort,
C’est les hommes qui ont tort !
Notre salut reste loin, parce que, proche ou lointain, chacun est (devenu) parano !

Moi, j’ai beau t’appeler la nuit, le matin ou le soir
Rien ne change !
Pourtant tu n’as pas toujours été sourd !

Je ne sais plus qui est déconsidéré :
Moi qui crie, ou toi qui te tais !

En tout cas, je coule,
Et « chui » pas seul !

SANTO SUBITISSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSIMO

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