Les Enfants perdus d ‘Alpha
Les Enfants perdus d ‘Alpha
ou
Les harragas de l’esprit
Fondamentalismes et radicalismes
sont les produits d’arbres secs et l’expression des peurs
de ceux auxquels on explique que tout va mal sans proposer de solution fût-elle farfelue.
Claude Christian Pierre
De l’endroit pastoral où je me situe et où j’évolue sur la Technopole Internationale de Sophia Antipolis et parmi les étudiants-chercheurs– milieux humains aux conditions de travail intéressantes mais difficiles, aux situations familiales compliquées, soumises aux perspectives politiques et professionnelles aussi troubles qu’incertaines ainsi qu’à tous les stress et à toutes les dérives de la vie chère et de l’inflation, (même, et c’est là le paradoxe, si nous ne sommes pas dans une situation d’inflation. La Banque Centrale Européenne y veille tant que nous souffr(ir)ons d’un Euro beaucoup trop fort. Les difficultés ressenties proviennent en fait plus d’une confiscation des revenus pour alimenter le fameux « modèle social » français qui, usé jusqu’à la corde, coûte de plus en plus cher à entretenir, aux perspectives politiques et professionnelles aussi troubles qu’incertaines.) - : je dois constater que l’opinion qui prévaut se résume à trois réalités devenues malheureusement des clichés : horizons bouchés, jeunesse désorientée et en partie désespérée, vie citoyenne et ecclésiale bruyante, bavarde, mais superficielle sinon inexistante...Tous les ingrédients pour une tragédie ordinaire sont réunis.
À peine remis des attentats de New York, de Londres et de Madrid, le monde se retrouve plongé dans le cauchemar et la hantise d'une reprise généralisée du terrorisme fondamentaliste radicalisé avec les kamikazes de Casablanca et les voitures piégées d’Alger, sans compter les attentats quotidiens de Bagdad. Al Quaïda n’est plus seulement une ombre qui pèserait sur le monde, mais est devenu une « manière de vivre », paradigmatique de toutes les autres ombres, idéologiques ou matérielles de la globalisation, qui rendent opaque la quête d’un sens pour vivre, comme citoyen et comme croyant, et nous condamnent, faute d’en trouver ou d’être aidés à en trouver un, à inventer, dans la colère, le sang et la fureur, voire la rage, un quelconque ré- enchantement du monde, même si c’est du toc !
De Washington à Moscou, et de Rome à Dharamsala, on occupe la scène comme on peut, ou comme on sait faire : Bush ne cesse d’inventer n’importe quoi pour soutenir qu’il a (toujours eu) raison en matière d’Irak ; Poutine ne peut (plus ?) supporter les journalistes ni aucune contradiction ; depuis un certain (long) temps, le Dalaï Lama semble s’être effondré dans une méditation nirvanique in(dé)finie; et notre pape théologien ne cesse d’écrire, et n’hésite pas à publier maintenant sous un double nom (1) !
La Chine, elle, attend patiemment son tour : elle sait que l’Occident ne sait plus comment faire, que l’Europe n’a plus d’ « idée », et que la civilisation chrétienne bégaie d’incapacité et baille d’ennui, en « croyant que le ciel t’aidera, même si tu ne t’aides pas ! » La Chine connaît la durée, le sacrifice, et la décision associée à l’opportunisme. Elle est le nouveau Bayard global: elle est fière (depuis plus de 4000 ans), pure (de tout scrupule et de tout remords, en tout cas depuis le sac du Palais d’Été les 7 & 8 octobre 1860), joyeuse (de tous ses bouddhas heureux auxquels elle n’a jamais cru) et conquérante (avec ses 10% de croissance annuelle). Même si ces 10% de croissance annuelle (comme du reste celle de l’Inde) soient des croissances en trompe l’œil qui s’appuient d’une part sur un accroissement des facteurs de production mis en œuvre et non pas sur l’augmentation de la productivité des facteurs unitaires de production (théorie de Krugman) - seule croissance « durable » - , et en laissant d’autre part des pans entiers de la population à l’écart de cette croissance ce qui est un facteur de troubles intestins à prévoir. De toutes façons, les Fils du Ciel ne peuvent se payer le luxe spirituel d’être fragiles devant un dieu quelconque, et surtout pas devant un Jésus-Christ acceptant et soumis à une mort infâme : l’avenir est au cynisme à la Sun Tzé (2)
Indiscutablement – et pour m’occuper de ce qui me regarde -, la méthode employée par Rome constitue un authentique tournant. On n'avait jamais assisté à la transformation de la chaire de St Pierre en chaire d‘Université : j’ai déjà écrit en, son temps (blog de l’époque) que Regensburg n’est pas un accident ! Regensburg est l’inauguration d’une autre façon d’être SSD (Servus Servorum dei) : le Vicaire du Christ est désormais un enseignant, à l’érudition insondable, à la spécialisation pointue et à l’expérience montaignienne, celle du « poêle » (le tour de son bureau de travail). Le nouveau vicaire du Christ était, est et sera toujours un Unversitätsprofessor ! Que ce soit la première encyclique du pontificat « Deus Caritas est », puis l’exhortation apostolique « Sacramentum Caritatis» : elle ne diffèrent en rien, sinon en la forme, du 1er tome de sa dernière œuvre Jésus de Nazareth (un premier tome de 450 pages va du baptême de Jésus dans les eaux du Jourdain à la Transfiguration) qu’il signe "Joseph Ratzinger-Benoît XVI", se montrant par là double en un ! « C'est une première à bien des égards, commente Henri Tincq. Jamais un pape régnant n'avait publié un ouvrage qu'il qualifie lui-même de "quête personnelle", c'est-à-dire ne revêtant pas l'autorité de son magistère. Dans sa préface, il prend même soin d'indiquer que "chacun sera libre de (le) contredire". Tincq continue : « L'ouvrage de Benoît XVI puise dans sa nostalgie de jeune croyant lisant des auteurs (Daniel-Rops, Romano Guardini sont cités) qui ne séparaient pas encore le "Jésus de l'histoire" et le "Christ de la foi"...Il veut réconcilier l'histoire et la foi : "Le Jésus des Évangiles est une figure historiquement sensée et convaincante. Elle est plus logique et compréhensible que les reconstructions que nous avons dû affronter ces dernières années. La Crucifixion ne peut s'expliquer que parce qu'il s'est vraiment produit quelque chose d'extraordinaire, parce que la figure et les paroles de Jésus ont dépassé radicalement toutes les espérances et attentes de l'époque". Ce livre de Benoît XVI se veut un avertissement à l'humanité : "Nous déclarons Dieu mort, ainsi sommes-nous aussi Dieu ! Et les hommes ne sont plus propriété d'un autre, mais les seuls patrons d'eux-mêmes et les propriétaires du monde." Mais "là où Dieu est considéré comme une quantité négligeable que l'on peut écarter au nom de choses plus importantes, alors ces choses prétendument plus importantes échouent, conclut-il. L'expérience négative du marxisme n'est pas la seule à nous le démontrer." (3)
La tentation est forte d'incriminer la politique de réconciliation catholique menée par le successeur de Jean Paul II depuis son arrivée au pouvoir : il aura 80 ans lundi 16 avril (aujourd’hui où j’écris ce billet) et fêtera, trois jours plus tard, le deuxième anniversaire de son élection. Sans besoin de referendum (l’Église n’est pas une démocratie), il est en train d’offrir une véritable amnistie générale aux « terroristes » "repentis" de la phalange lefebvriste pour qu’ils réintègrent la vie catholique romaine !
Y a-t-il un lien entre cette clémence pontificale (toute personnelle ! L’Esprit Saint ?) et les désaffections en masse que je constate autour de moi, accompagnée d’une disqualification, en masse elle aussi, d’épiscopes issus des messianismes charismatiques de ces dernières décennies? J’assiste, impuissant, à des conduites suicidaires : chez les pasteurs comme chez les ouailles ! Cette question est âprement et tristement débattue de chez les catholiques les plus dévoués, ébranlés par ce désaveu de leur cohérence et de leur fidélité ! Beaucoup voient avec amertume - dans cette brusque et spectaculaire remanifestation de la peur atavique et du refus d’un avenir autre -, la preuve ou la confirmation que le chef de l’Église Catholique Romaine s'est fourvoyé en faisant preuve de mansuétude pastorale calculée, aux dépends de l’ouverture aux cultures du monde condamnées a priori par l ‘anathème du relativisme : en son nom - nouveau crime de lèse orthodoxie romaine-, voici exclu et excommunié tout ce qui n’est pas dans la suite rigide de l’histoire des dogmes (spécialité primordiale du pape bavarois).
Aussi imparfaite que soit cette politique de réconciliation catholique voulue par le maître de la nouvelle pensée unique romaine; aussi ambiguës que soient ses motivations profondes (où nazisme, hitlérisme et communisme des années 40 se mêlent, dans son histoire personnelle, avec les peurs issues des révoltes estudiantines de la Freie Universitäts Berlin des années 70 et de la Rote Armee Fraktion du groupe Baader-Meinhof des années 70 et 80- ne s'agit-il pas plutôt de blanchir les forces de sécurité « grise » (Légionnaires du Christ, Opus Dei et Charismatiques divers) pour leurs excès fondamentalistes, pendant toutes ses années passées (1981-2005) à la tête de l’ex Saint Office, et de faire descendre de tous les maquis de la prudence machiavélique, les combattants de la restauration et de la reconquête « catholique »!
Cela seul peut-il expliquer le nombre croissant de nouvelles recrues « super religieuses » ? Ces combattants d'un nouveau type n'appartiennent pourtant pas à la génération du Renouveau traditionnel, si on peut dire ; ils n'ont pas grand-chose à voir non plus avec ceux qui se sont battus dans es forces de « sécurité grise » dont je parle plus haut ! Sont-ils les enfants naturels de ceux qui se sont un temps laisser appeler la « génération JPII » ? (Très) Jeunes pour la plupart, ces kamikazes cathos semblent être pour la plupart le pur produit des « dommages collatéraux » des fameux cours Alpha ? (4)
Nourris de symboliques anglo saxonnes et surtout néo conservatrices nord américaines (5), les enfants d’Alpha n'ont pas de repères culturels propres (cousins, par cela, des orphelins de Confucius nés après 1949) : ce sont des émigrés de l’inconscient collectif auquel ils appartenaient, des colonisés mentaux, implantés d ‘imaginaires incompatibles (comme le deviennent à leur tour les enfants du Shinto) ! Eux-mêmes se moquent bien des anciens groupes de pression woytiliens : loin de voir en eux les héros de la « guerre de libération » de leur Église (assimilée un temps à la Pologne !), ils les tiennent en fait pour des anciens combattants en perte de vitesse et de crédit, qui se sont maintenant « placés », après le décès grandiose du Santo Subito. Leurs modèles désormais ? Des hommes capables de tenir tête aux puissances qui s’opposent à leurs exigences de communautarisme identificatoire et de corporatisme confessionnel ! En France, il n'y a pas de groupe néo conservateur en soi, mais des individus qui se retrouvent dans un certain nombre de thèses des néo conservateurs US. Par exemple des gens qui ont, dans les années 1990, été favorables à l' "ingérence humanitaire" peuvent être, dans une certaine mesure, rapprochés des néo conservateurs (6) Et plus récemment, c’est-à-dire aujourd’hui - révélés par notre campagne présidentielle et « la vraie nature » de Benoît XVI -, de nouveaux leaders font surface. (7)
Pas de surprise à attendre : la règle non avouée du pouvoir ecclésiastique est de récupérer peu à peu le plus de terrain perdu possible. Seule (petite ?) incertitude - et l'hypothèse n'est pas absurde - : combien de temps durera encore le pontificat de Benoît XVI ? Quel type de pape le Saint esprit se décidera-t-il à nous envoyer en suite?
Aucune solution de politique catholique n'est en vue. Avec tous les dangers que cela comporte. Même ceux qui composent avec le pouvoir se retrouvent tôt ou tard marginalisés, voire bâillonnés : parce qu'il redoute de se retrouver dans une situation analogue à celle de Jean XXIII et de Paul VI quand l’ouverture à l’avenir faisait naître à la fois et bouillonner l’espérance et l’imagination créatrices ! Le pouvoir veille au grain. Mais il le fait de la façon la plus maladroite qui soit, en neutralisant au passage toute velléité d’élaboration et de réception d’une nouvelle anthropologie pratique. Car vouloir considérer « le monde de ce temps » et l’existence humaine conjoncturelle, non pas seulement du point de vue déductif de Sirius, mais en faisant patiemment l’analyse concrète des situations concrètes, serait opter avec détermination pour la vision d’un Grégoire le Grand (8), alliant la rigueur de l’analyse à la vigueur de l’action. Ce serait enfin faire montre d’une autorité spéculativo pratique, dont notre pontife manque souverainement, malgré les multiples analogies que son identité entretient avec celle de son illustrissime prédécesseur!
Les jeunes rêvent comme jamais d'un ailleurs de plus en plus inaccessible, au fur et à mesure que notre Occident se referme sur lui-même. Chômage, injustice, mal-vivre, paupérisation matérielle et culturelle, humiliations diverses... Ceux qui ne font pas partie des nomenklaturas de l’argent et de la naissance tentent de « fuir » par tous les moyens. Le phénomène des harragas (9) de l’esprit, est en augmentation vertigineuse. L'Europe n'aura bientôt plus le monopole de ces fuites désespérées. Déjà, globalisation oblige, la jeunesse du monde dit civilisé est tout autant atteinte par ces tentatives forcenées d'émigration intérieure...
Si le désespoir est si profond, c'est que les perspectives de changement sont nulles. Chacun se sent forcé de s’avouer que la vie politique - qu’elle soit celle de la cité ou celle de l’Eglise, est un leurre.
Quels résultats ?
- Le ressentiment et la frustration grandissent.
- Pas ou peu de relations de confiance entre gouvernants et gouvernés, entre fidèles et pasteurs.
- Les uns et les autres s'observent - de loin - avec méfiance.
- C'est la règle du sauve qui peut : les uns et les autres, pour le pire.
- Pas étonnant, dans ces conditions, que ceux qui sont au bas de la hiérarchie sociale, nationale comme ecclésiale, lorgnent, tôt ou tard, du côté des extrémistes. Qu'ont-ils à perdre ?
- Dans ce terreau, jeune et prêt à tout, les manipulateurs ont de quoi puiser.
- Et le gisement n'est pas près de tarir...
NOTES
(1) 8ème Anathématisme : Si quelqu'un ne confesse pas que les deux natures ont été unies en Jésus-Christ en une seule personne ; qu'il soit anathème. (IIe concile de Constantinople, convoqué en 553 par l'empereur Justinien)
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(2) L’objectif de l’action et de l’existence étant de contraindre l’autre à abandonner la lutte, y compris sans résistance, grâce à la ruse, l'espionnage et une grande mobilité : il s’agit de s’adapter à la stratégie de l’autre, pour s'assurer la victoire à moindre coût.
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(3) Henri Tincq, Le Monde du 15.04.07
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(4) Voilà ce qu’on peut lire sous la plume de Anne-Marie Laidet dans Références: Témoins, n°136, septembre octobre 2001 : « Quelle église pour les nouveaux chrétiens? Après avoir suivi les cours Alpha, les nouveaux nés dans la foi poussent les églises à se mettre en question et souvent à changer leurs habitudes. Le révérend Sandy Millar de l'église Holy Trinity à Brompton en Angleterre précise qu'il est impossible au Chrétien de rester seul dans la nature, il lui est indispensable de rejoindre une église. Reste à examiner dans quel genre d'église nous les intégrons. Les pratiques traditionnelles sont parfois bien différentes de ce qu'attendent ceux qui sont fort éloignés de tout concept religieux. Retournons aux sources. Quel genre d'église Jésus recommande-t-il? Une église généreuse et aimante, une église d'adorateurs et de serviteurs car l'Église est l'épouse du Christ. Que veulent ceux qui entrent dans une église pour la première fois? Ils veulent savoir si Dieu existe vraiment, s'Il est vivant. D'où la recherche de fraîcheur, de spontanéité, de liberté en liturgie afin que nous ayons tous l'occasion de dire à Dieu combien nous L'aimons. Mais tout changement prend du temps et a besoin d'être expliqué et sous-tendu par un objectif pour l'église. Jeunes et anciens doivent collaborer, unis par le réel désir de faire entrer les autres dans le Royaume de Dieu et soutenus par une intercession mutuelle. Reste à supprimer le rigide, le hiérarchique, le non-pratique et par dessus tout en étant obéissant à l'Esprit. Dans ce processus de changement, la bonne nouvelle est que Jésus intercède pour nous et, comme dit le révérend Sandy Millar avec beaucoup d'humour, la mauvaise nouvelle est que nous allons à coup sûr avoir besoin de Son intercession! »
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(5) L'axe central de la pensée des néo conservateurs est une revitalisation des valeurs patriotiques à l'intérieur des États-Unis et une politique dynamique à l'extérieur : les États-Unis d'Amérique doivent être respectés à travers le monde et reconnus comme la nation phare des droits de l'homme et de la démocratie, un principe politique que les néo conservateurs s'évertuent à promouvoir activement. Traduction « en français » : « Revitalisation des valeurs catholiques à l’intérieur de l ‘Église Catholique et un engagement dynamique à l’extérieur : l’Église Catholique Romaine doit être respectée à travers le monde et reconnue comme la seule Religion révélée et vraie, un principe religieux que les enfants d’Alpha s’évertuent à promouvoir activement »
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(6) Le nom a été forgé par Jean-François Revel, dès 1979. L'idée d'ingérence humanitaire est réapparue durant la Guerre du Biafra (1967-1970). Le conflit a entraîné une épouvantable famine, largement couverte par les médias occidentaux mais totalement ignorée par les chefs d'États et de gouvernement au nom de la neutralité et de la non-ingérence. Cette situation a entraîné la création d'ONG comme Médecins sans frontières qui défendent l'idée que certaines situations sanitaires exceptionnelles peuvent justifier à titre extraordinaire la remise en cause de la souveraineté des États. Le concept a été théorisé à la fin des années 1980, notamment par le professeur de droit Mario Bettati et l'homme politique Bernard Kouchner.
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(7) « Pour convaincre les populations européennes, là où les responsables politiques ont échoué, les néo-conservateurs ont fait appel à Benoît XVI et à l’Église catholique. Les dirigeants de la Conférence épiscopale des États-Unis et ceux de la Commission des épiscopats de la Communauté européenne se sont réunis du 21 au 23 septembre à Bruxelles pour soutenir le « Nouvel agenda transatlantique ».À Washington, les néo-conservateurs ont décidé d’adapter leur dispositif organisationnel à leur nouvelle stratégie. Le groupe qui, au sein de l’American Enterprise Institute, avait été chargé de rédiger le programme de la présidence G. W. Bush, le Project for a New American Century (Projet pour un nouveau siècle américain), a été discrètement dissout il y a deux semaines. Il a été remplacé par un American Committee for a Strong Europe (Comité américain pour une Europe forte). Par « Europe forte », il faut comprendre, une Europe capable de suppléer les troupes US dans le monde et de vaincre les résistances anti-globalisation dans sa population. Ce Comité, qui évitera d’intervenir trop ouvertement dans la politique de l’Union, a immédiatement sollicité des « amis de l’Amérique » pour le faire en son nom. Ainsi, l’Arabie saoudite a-t-elle répondu présent pour financer les prochaines campagnes électorales de Nicolas Sarkozy en France et permettre aux néo-conservateurs d’en finir avec Dominique de Villepin. Des mesures similaires ont été prises pour chaque grand État membre de l’Union. » Thierry Meyssan, Journaliste et écrivain, président du Réseau Voltaire (voltairenet.com)
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(8) Le 3 septembre 590, Grégoire 1er devient pape, malgré ses protestations, par la volonté des Romains, qui veulent mettre un terme à la décadence des moeurs ecclésiales. Le choix populaire s'avère excellent. Le nouveau pape affirme sa suprématie sur les autres évêques tout en se qualifiant humblement de servum servorum Dei («serviteur des serviteurs de Dieu»).Il entreprend la conversion des Barbares. Dans les instructions que donne le pape aux missionnaires, il insiste sur la nécessité de respecter les coutumes locales et de faire confiance au temps pour amener les païens au christianisme. C'est ainsi qu'avec Grégoire le Grand, la chrétienté d'Occident sort de sa léthargie et entreprend d'évangéliser les populations païennes.
Il réorganise l’Église romaine, fixe la liturgie, réforme la discipline ecclésiastique, envoie des missionnaires en Angleterre. Devant l'affaiblissement de l'empire d'Orient, il prend en main la défense de l'empire contre les Lombards, puis il décide de faire la paix avec eux, s'attirant l'hostilité de l'empereur romain d'orient. « J'attends plus de la miséricorde de Jésus de qui vient la justice que de votre piété. » écrit-il à l'empereur Maurice. Le pape se tourne alors résolument vers les royaumes barbares de l'Occident, rompant le lien entre christianisme et romanité. Le dimanche 3 septembre 2006 (ZENIT.org), Benoît XVI déclarait : « La vie du pasteur d’âmes doit être une synthèse équilibrée de contemplation et d’action, animée par l’amour qui ‘atteint des sommets très hauts lorsqu’il se penche, miséricordieux, sur les maux profonds des autres’ » en citant Grégoire le Grand.
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(9) Ces embarcations précaires où l'on s'entasse pour une périlleuse et souvent mortelle traversée de la Méditerranée.
Jour Anniversaire du Pontife Romain
Joseph Cardinal Ratzinger - Pape Benoît XVI
V-P.Toccoli, sdb
DGODB, Rome






