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L’été fut à la fois long et vite !

Long car j’ai bourlingué sans arrêt ; vite, parce que j’ai le sentiment de n’être pas parti !

 

Mariages à bénir sur la Côte, à Paris et Grenoble, et jusqu’au Maroc…

Remplacements paroissiaux,  ici et ailleurs (jusqu’à Saint Barthélémy des Antilles)…

Visites reçues et rendues de partout…

Interventions et conférences, interviews et préparations de mes cours de rentrée à Cannes U. 

 

Rentrée, vous avez dit rentrée ? Mais qui peut rentrer sinon celui qui est sorti…

 

Bien sûr que je ne regrette rien ! Jamais, d’ailleurs ! Mais il faut que je me repose… un peu !

 

Comme chacun d’entre vous, certainement, j’ai rencontré toutes sortes de gens - parmi les invités des mariages, surtout. Jeunes gens perdus dans la fête et le désarroi, venus pour festoyer – ce qu’ils ont fait, et abondamment ! -, et pensifs soudain devant la destinée qu’est tout engagement qui se déclare pour la durée, toute la durée, « jusqu’à ce que la mort nous sépare », quand ce n’est pas « jusqu’à ce que mort s’en suive » ! Questions de temps, et question du temps, à propos de la pérennité de nos promesses, de nos décisions et de nos engagements !

Et puis, dans cette île des milliardaires, St Barth, un – jeune ! la quarantaine ! - curé épuisé, découragé, près de jeter l’éponge : solitude, déception, vide…, dans un sanctuaire de beauté naturelle et de dévoiement matériel, où toute chose tend depuis quelques années à amasser un argent qui s’accumule sans combler et qui encombre sans satisfaire…

 

Je « rentre », un peu désabusé, moi aussi, à propos de l’efficacité de ce que l’on peut faire…Je sais… Si le grain ne meurt… Autre est celui qui sème, autre celui qui récolte… L’essentiel est invisible pour les yeux …

 

Je me les sers avec assez de verve, mais je ne permets pas qu’un autre me les serve !

dirait Cyrano !

 

Oh, n’ayez crainte, je retourne au charbon : l’espérance est encore plus forte que les faits… !

Mais elle ne cesse de me relancer sur la suite… Quelle suite ?

 

  • Que dire, que faire devant l’impuissance des pouvoirs à contenir crises, guerres et laisser allers ?
  • Que dire, que faire devant la puissance des medias et des fameux NTIC (Nouvelles Techniques de l’Information et de la Communication) ?
  • Que dire, que faire devant un Quotidien qui nous submerge, une Ecole qui frémit d’impatience et de découragement, un Etat qui se débat entre l’être et le paraître, une Eglise qui tend les verges pour se faire battre et s’étonne ensuite de la volée qu’elle reçoit ?

 

J’ai beau fourbir mes armes aux meilleurs ateliers, encyclopédiser mon information universelle, capaciter au mieux du possible - et aux limites de l’impossible -, ce que Dieu m’a donné de talents…

J’ai beau chercher à être plus et mieux à l’image visible (le Christ) du Dieu Invisible (le Père) par l’intelligence et la force de l’Esprit (qui conduit l’Eglise, et je le crois, l’humanité toute entière…)…

je dois reconnaître qu’on peut finalement perdre espoir, comme le curé de St Barth, comme tout éducateur en charge de ses semblables, acculé à

 

continuer malgré tout, en dépit de tout, contre vents et marées, à temps et à contretemps,

 

à remonter avec Sisyphe au sommet de la montagne le rocher de l’espérance brute, comme preuve à polir sans cesse qu’il refuse la fatalité et croit encore à la liberté et à la grâce !

 

Il faut y croire…

 

Je vous souhaite en cette rentrée de rendre compte aux autres de l’espérance qui est en vous, sans désespérer celle que vous avez fait naître chez eux !

 

 

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