27. Octobre 2008
ENTRE FILLES AÎNEES….
NB : Ce blog est un peu plus long que d’habitude : mais on peut le lire par morceaux, chacun d‘ eux tenant par lui-même. Les titres vous guideront…
En ce dimanche 28 octobre, par exemple, on a – moi en tout cas ! - des raisons de baisser les bras ! Ainsi on apprend coup sur coup que
- à New York, le FMI blanchit Dominique Strauss-Kahn (ouf !), mais... que le bureau exécutif du Fonds monétaire international souligne QUAND MÊME que les actes commis par son directeur sont "regrettables et reflètent une sérieuse erreur de jugement" (c’est grave çà, même si la vie que mènent les gens… etc. etc ! DSK, secoué (le pôvre !) par la révélation d'une relation extra-conjugale, a néanmoins (ce néanmoins est tout à fait remarquable !) présenté ses excuses (oui : des EX-CUSES !!!) ;
- à Paris, un jeune de 19 ans meurt poignardé dans le XIXe, (pas le 19ème siècle, le 19ème arrondissement !), Boulevard de l’Algérie (avouez que cela ne s’invente pas !) ;
- dans l’Allier, dans la France profonde, à Toulon-quelque chose : une mère avoue avoir noyé son fils de 3 ans dans la baignoire d’une chambre d’hôtel ;
- à Dharamsala, le daïla-lama n'a plus d'espoir pour un Tibet libre : le bodhisattva – le sauveur, le messie bouddhiste -, jette l’éponge !
Mais, nous autres, Français – nous assure-t-on tous les jours -, nous avons des quoi nous réjouir, puisque les relations franco-chinoises, par exemple, sont "au beau fixe", SELON L ELYSEE ! Oui,
iterum dico Gaudete !
Les relations franco-chinoises
qu’on se le dise,
sont "au beau fixe", selon l'Elysée
Tournée désormais la page du désaccord franco-chinois !
Effacé de l’Histoire "l'épisode douloureux" de la bousculade de la jeune athlète chinoise handicapée Jin Jing lors du passage de la flamme olympique à Paris
Mais aussi :
Oubliée la répression par la Chine d'émeutes au Tibet, en mars !
Oubliées les manifestations pro-tibétaines de Paris lors du passage de la flamme olympique dans la capitale française, début avril
Oubliée la crise tibétaine mise désormais de côté !
Oubliées les déclarations du Président de la République Française de lier sa participation à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Pékin, le 8 août, en tant que président en exercice du Conseil européen, à la reprise du dialogue entre les autorités chinoises et des représentants du dalaï-lama, le chef spirituel des Tibétains ! On en vient à dire maintenant que sa présence aurait même (???) contribué à décrisper les rapports entre les deux pays. Il était convenu à Toyako de ne plus faire de déclaration publique sur le Tibet avant la session suivante des discussions sino-tibétaines, en octobre !
MAIS depuis …, la crise financière internationale a rejeté dans l'ombre la plus épaisse la question tibétaine et il n'a été question ni du Tibet ni du dalaï-lama lors de l'entretien que le président français a eu vendredi 24 octobre avec son homologue chinois, Hu Jintao, avant le début du sommet du Forum Europe-Asie (Asem).
Qu’on se le dise : la Chine a gagné et continue de gagner !
Elle en prend l’habitude : elle ne la perdra plus !
Ainsi : tournée la page du désaccord franco-chinois !
Tout cela "appartient au passé", assure l'Élysée.
En revanche – on ne sait qui prend sa revanche sur qui ? -, nos deux présidents ont décidé deux choses bien plus importantes pour l’heure et à la fois:
- renforcer leur concertation sur la crise financière,
- donner un lustre particulier au 45e anniversaire de l'établissement de relations diplomatiques entre la France et la Chine (le 27 janvier 1964). Par exemple : « une visite officielle du président français en Chine et une visite du président chinois en France ». Passionnant, non ? Et plus loin : « signer une série d'accords économiques et culturels, en matière d'échanges d'étudiants ». On croit rêver !
Et pour rebondir de sommet en sommet : d'ici là – la nature ayant horreur du vide ! -, le Premier ministre chinois, Wen Jiabao, aura participé
- le 1er décembre à Lyon à un sommet UE-Chine et
- le 2 décembre à Paris à un sommet France-Chine.
Lux ex Oriente
Alors je me suis arrêté un instant sur la Chine…puisqu’elle donne désormais le ton, par France interposée !
Désormais c’est donc de Chine que viendra la lumière : Lux ex Oriente !
Il faut s’abonner à la revue HiFi Le Monde Chinois
Et ce, malgré la "liste noire" des exportations et des exportateurs chinois dangereux de cette « usine du monde » qu’est devenue la Chine. Les derniers en date - je crois, car il est difficle de suivre…-, c’est à Hong Kong, des œufs chinois infectés à la mélamine : les autorités sanitaires de HK précisent qu'elles ont découvert 4,7 parties pour un million de mélamine dans ces œufs produits par l'entreprise Hanwei de Dalian. 3.600 enfants sont toujours malades par des produits contenant un excès de mélamine. Vous vous rappelez : des produits d'alimentation pour animaux exportés vers les États-Unis, des jouets, des poissons, du dentifrice et des produits chimiques mal étiquetés ont été parmi les produits ont défrayé la chronique pour avoir causé des empoisonnements. Au point que le groupe de jouet américain Mattel a annoncé qu'il allait procéder au rappel de 1,5 million de jouets en raison d'un fort taux de plomb décelé dans la peinture.
Mais plus loin, me suis-je demandé, que signifierait aujourd’hui une étude anthropologique du nouvel Homme de Pékin : Pierre Teilhard de Chardin, sj, a beaucoup travaillé sur le site paléontologique de Zhoukoudian près de Pékin, et a participé à la qualification de l'Homme de Pékin comme Homo faber, c'est-à-dire maîtrisant la taille des pierres et le feu.
Qu’est devenue l’âme de cet homo faber face aux / contre les valeurs occidentales ?
Depuis 1919 – entre le ‘début de la fin’ de l’Empire Céleste et la création dans les années 1930 au Nord-Est chinois, du Mandchouko, un Etat de marionnettes, sous contrôle japonais -et encore plus depuis la révolution de 1949 – prise de pouvoir par Mao tse tong, vainqueur du Kuo ming tang de Tchang kaï chek -, l'idéologie dominante en Chine sacralisait le progrès et la science. Aujourd'hui, de plus en plus d'intellectuels se réclament au contraire de la culture classique chinoise.
Mais qu'est-ce au juste que la culture chinoise ? Les Chinois sont en pleine introspection, ils sont en train de se réapproprier leur culture à la recherche de ce qui forme le socle de leur identité qui renvoie aussi à la vieille controverse entre l'ancien et le nouveau.
- En mai 2004, était publié un “Manuel pour une éducation fondée sur les classiques de la culture chinoise” [Zhongguo wenhua jingdian jichu jiaoyu songben], pour promouvoir auprès des enfants l'apprentissage par cœur des classiques.

- Du 3 au 5 septembre 2004 s'est tenu à Pékin le Forum culturel, qui avait pour thème “La culture chinoise face à la mondialisation”. Une “Déclaration sur la culture” précise notamment : “Nous demandons que chaque pays et chaque peuple
Ø aient le droit et l'obligation de conserver et de développer sa propre culture traditionnelle,
Ø qu'ils aient le droit de décider en toute indépendance
- d'accepter,
- de n'accepter qu'en partie
- ou de ne pas accepter du tout des éléments culturels étrangers,
Ø et qu'ils aient également le droit d'exprimer leur propre opinion sur les questions culturelles qui concernent l'ensemble de l'humanité.”
· Le 21 septembre, un article du Nanfang Dushi Bao soutenait : “La culture chinoise doit suivre la tendance mondiale si elle veut survivre”, dans laquelle la déclaration précédente était critiquée sur trois plans :
- qu'a le droit de faire l'Etat dans le domaine culturel ?
- Quelle issue pour la culture chinoise dans la grande vague de la mondialisation ?
- Est-il pertinent de chercher son salut dans l'éloge de la spécificité orientale ? (allusion aux déclarations tonitruante de Lee kwan Yew past premier ministre de la république de Singapour de 1959 à 1990)
· Le célèbre historien et philosophe Li Zehou avait renchéri en déclarant dans une interview : “Je n'approuve pas le fait de nier ou de négliger les valeurs et principes que l'humanité a encore en commun. Je m'inscris en faux contre le relativisme culturel qui veut qu'il n'existe pas de distinction entre civilisation du progrès et civilisation arriérée, et que les civilisations primitives et les civilisations modernes sont équivalentes.”
“Tous ces grands débats sur les cultures chinoise et occidentale ont lieu en réponse au grand bouleversement que constitue la mondialisation”, observe Yuan Weishi. Il y a plus d'un siècle, la réponse des intellectuels chinois à ce grand bouleversement n'était pas du tout la même, mais ce n'est qu'à partir du Mouvement du 4 mai 1919 [contre Confucius et le confucianisme] que la critique et la remise en cause des traditions culturelles sont devenues la ligne dominante. Ce n’était pas une simple critique de la culture traditionnelle, mais la liquidation complète de cette culture plurimillénaire, une attaque systématique des principes et des notions traditionnels, pensant se couper ainsi totalement de la tradition féodale et pour rejeter ce fardeau, responsable à leurs yeux de l'arriération de la Chine.
Beaucoup de penseurs actuels, conscients des “errements des esprits et du néant spirituel” depuis près d'un siècle, ont appelé à une “reculturation” pour faire renaître une “âme chinoise”, dont ils espèrent qu'elle “mettra fin à l'individualisme et au matérialisme forcenés, à la concurrence malsaine, au pillage des ressources et à bien d'autres phénomènes inquiétants”.
Cela répond à un profond besoin de la société

Les efforts spontanés de la population pour faire renaître les traditions culturelles trouvent leur origine dans la perte de sens moral et d'intérêt culturel de la vie sociale. “Dans un contexte social marqué par la mondialisation, l'utilitarisme et le matérialisme, les jeunes et les adolescents perdent rapidement leur identité culturelle de Chinois. Ils ignorent parfois tout de leurs traditions, de la calligraphie ou de la musique chinoises. En revanche, il ne se passe pas de jour sans qu'ils n'étudient l'anglais de Cambridge, et ils considèrent McDonald's et Kentucky Fried Chicken comme faisant partie de leur univers familier. Dans toutes les régions de Chine, le développement économique s'accompagne de graves atteintes aux monuments historiques et à l'environnement. A certains endroits, même la prise en charge des personnes âgées, cette notion morale fondamentale, se perpétue difficilement. Tout cela en dit long sur la profonde crise morale et culturelle provoquée par l'effondrement des traditions.”
Un animal économique
Aucun peuple au monde, souligne par ailleurs Yang Dongping, ne se fixe comme objectif éducatif et culturel de rejeter et de briser ses propres traditions culturelles historiques [comme la Chine l'a fait au XXe siècle]. A une époque de mondialisation croissante, la mise en avant plus poussée de l'identité nationale devient une aspiration valable. Un peuple qui ne respecte pas ses propres traditions culturelles ne peut inspirer le respect aux autres nations. La montée en puissance de la nation chinoise ne saurait correspondre à la seule émergence d'un “animal économique”.
- Reconstruire des traditions implique que l'on ait un système constant de valeurs culturelles inhérentes.
- En revanche, comment, en tant que Chinois, peut-on avoir besoin de reconnaître sa propre culture nationale ? Comment peut-il y avoir un problème de reconnaissance ?”

« Il a toujours été de bon ton de vilipender sa propre culture et son propre pays, de rabaisser son propre peuple et de ne reconnaître que les acquis de l'Occident en ignorant ceux de l'Orient. Aussi, en tant que Chinois, on peut se demander de quel côté se situe notre identité culturelle.” Dans le monde actuel, la vague de la modernisation consiste en une internationalisation des règles du jeu, en une mondialisation de l'économie et une intégration des marchés. Si la Chine veut conserver une place sur la scène mondiale, elle a vraiment besoin que ses enfants apprennent à s'adapter à l'environnement international, à faire bloc, à se fortifier et à se développer, et non pas à s'autodétruire. Pour cela, il est nécessaire de disposer du fondement de la culture traditionnelle chinoise, car, lorsqu'on ne sait pas qui l'on est, au moment de passer à l'action, on ne sait d'où l'on parle et d'où l'on agit.
« Certains prétendent que la culture traditionnelle chinoise permettrait de résoudre les problèmes que rencontre la civilisation occidentale. Comme si notre civilisation pouvait sans coup férir résoudre les problèmes qui se posent dans d'autres civilisations ! D'autre part, quand on voit les problèmes que connaît la société chinoise aujourd'hui, on peut se demander s'ils ne proviennent pas pour une bonne part de nos traditions mêmes”, confie le philosophe Tang Yijie, professeur à l'université de Pékin, lors du Forum Culturel 2004.
"Face à l'Occident, on alterne injures et courbettes"
Du Weiming, professeur titulaire de la chaire de philosophie et d'histoire chinoises à l'université Harvard, confie de son côté : « Quand on rudoie les fondements culturels en cherchant à les oublier, non seulement on se met dans l'impossibilité de les appréhender, mais on a une compréhension forcément superficielle de la culture étrangère envahissante. Car, du fait d'un enracinement superficiel, l'ouverture n'est qu'un leurre. On n'est ouvert qu'en apparence et, en réalité, face à l'Occident, on alterne injures et courbettes à n'en plus finir ! Et en ce qui concerne notre culture, nous ne cessons de nous fustiger tout en estimant que nous sommes un peuple extraordinaire. Comment est-ce compatible ?”
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Le gouvernement chinois a publié lui-même une liste de 429 entreprises qui ont été sanctionnées pour des entorses aux lois sur les exportations. Mais, via le ministre adjoint du commerce, Gao Hucheng, il demande aux médias étrangers de ne pas surexposer ces scandales qui, selon lui, ne concernent qu'une minorité des sociétés exportatrices chinoises. Mais qu’est-ce qu’une « minorité, quand on a 1 300 000 habitants ? Gao Hucheng a beau répéter que les produits fabriqués en Chine sont dans leur très grande majorité sûrs et de grande qualité, et annoncé que "la Chine va renforcer la coopération internationale sur la sécurité des produits", le « made in China » est déjà devenu synonyme de « n’importe quoi », et bientôt d’invasion larvée !
Un représentant de l'espèce Homo erectus (entre - 2 millions d'année et - 250 000 ans) : autrefois appelé Sinanthropus pekinensis ou Sinanthrope, il est aujourd'hui rattaché à la sous-espèce Homo erectus pekinensis. Bulletin de la Compagnie de Jésus. Études (1897). 1897-1940 : « La découverte du Sinantrhope »
Inspiré e (Dai Lian - Courrier International)
En fondant à Guiyang - capitale de la province du Guizhou, dans le sud-ouest de la Chine -, l'école Wang Yanming (1472-1529), qui dispense un enseignement confucéen. Cette démarche fut qualifiée de “tentative d'abêtissement sous couvert de conservatisme culturel” et d'“obscurantisme culturel”.