A V E N T

Il y a un début à tout


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Qui cherche matière à polémique, en ces temps de crise morale du capitalisme, n'a qu'à se pencher sur le montant des émoluments accordés aux dirigeants de Porsche. Au cours de l'exercice fiscal 2007-2008, les six membres du directoire du fabricant allemand de bolides ont encaissé 143,5 millions d'euros, en hausse de 27 % sur un an, selon le rapport d'activité publié mercredi 26 novembre.

Les experts estiment qu'environ la moitié de cette somme est tombée dans l'escarcelle de son président, Wendelin Wiedeking :

  • soit 77 millions d'euros, c’est-à-dire davantage que les revenus cumulés des quatorze patrons les mieux payés du DAX, l'indice vedette de la Bourse de Francfort
  • et 21 346 euros/heure... pour le patron de Porsche !

 

Ce soir - 29 novembre 2008 - dans les salons de l'hôtel de Crillon, place de la Concorde à Paris, se déroulera le Bal des Débutantes, le Non-événement mondain et dansant par excellence ; Ah le dur passage à l'âge adulte. Les sourires des lolitas bien élevées "débutaient" enfin la vraie vie.

Ah le beau spectacle, quelle chance de princesse :

en être ou pas !

 

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Et ce matin, un autre début…

Tout le monde peut débuter.  Débuter l'Avent. Débuter la marche vers Noël.

 

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Car il y a toujours eu grand monde et grand monde !



 

 

 

Il y a une justice...

Dimanche 23 novembre 2008

 

Solennité du Christ, Roi de l'Univers

 

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J'irai délivrer les hommes où qu’ils soient dispersés, perdus un jour de brouillard et d'obscurité. C'est moi qui leur redonnerai des forces et les ferai reposer. L’homme perdu, je le chercherai ; l'égaré, je le ramènerai ; le blessé, je soignerai ; le faible, je le conforterai… Et le bien portant sera à mes côtés pour m’aider…

Chacun saura qui je suis vraiment…

 

 

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Car si je suis est ressuscité d'entre les morts, c’est pour être parmi les morts le premier ressuscité. Adam est mort : moi aussi ! Mais, moi,  je suis ressuscité !

Ainsi tout homme désormais mourra comme moi, et ressuscitera comme moi. Alors, quand le mal basculera une fois pour toutes dans le néant, ma mission sera achevée et je pourrai à mon tour m’en remettre à Dieu le Père : c'est lui en effet, et lui seul, qui doit encore vaincre le dernier ennemi, la mort !

Et Il sera enfin tout en tous.
 

 

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Au jour du Grand Retour, l’univers global sera convoqué : chacun devra être enfin confronté avec sa vie.

  • Ainsi les uns s’entendront dire par le Maître de tous les temps et de tous les espaces :

« Entrez dans le séjour préparé pour vous depuis la création du monde.

Car j'avais faim, et vous m'avez donné à manger ; j'avais soif, et vous m'avez donné à boire ; j'étais un étranger, et vous m'avez accueilli ; j'étais nu, et vous m'avez habillé ; j'étais malade, et vous m'avez visité ; j'étais en prison, et vous êtes venus jusqu'à moi ! »

 

 

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Et eux s’écrieront de surprise : « Mais quand est-ce que nous t'avons vu...? Tu avais donc faim, et nous t'aurions nourri ? Tu avais soif, et nous t'aurions donné à boire ? Tu étais un étranger, et nous t'aurions accueilli ? Tu étais nu, et nous t'aurions habillé ? Tu étais malade ou en prison, et nous t’aurions visité ? ... Quand sommes-nous venus donc jusqu'à toi ? »

 

Alors, dans un sourire, le Maître de Gloire leur répondra :

« Chaque fois que vous l'avez fait l'un ou l’autre des habitants de la terre, ces petites gens qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait. »

 

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  • Et les autres – combien seront-ils ? Je ne sais, Dieu le sait ! -, se verront proprement chassés ! Eh oui !

« Allez-vous-en loin de moi, hors de ma présence à jamais…

Car – oui ! -, j'avais faim, et vous ne m'avez pas donné à manger ; j'avais soif, et vous ne m'avez pas donné à boire ; j'étais un étranger, et vous ne m'avez pas accueilli ; j'étais nu, et vous ne m'avez pas habillé ; j'étais malade et en prison, et vous ne m'avez pas visité. »

 

 

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Eux aussi hurleront de surprise : « Mais ce n’est pas possible ! Quand est-ce que nous t'avons vu avoir faim et soif, être nu, étranger, malade ou en prison, sans nous mettre à ton service ? »

 

La réponse résonnera alors dans l’éternité bleue :

« Chaque fois – vous entendez ? -, chaque fois  que vous ne l'avez pas fait à l'un ou l’autre de tous ces moins que rien qui sont mes frères, à moi non plus vous ne l'avez pas fait. »

 

A bon entendeur, salut !

 

 

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Relecture de

Ezéchiel : 34,11-12.15-17 ; 1 Corinthiens : 15, 20-26.28 & de Matthieu : 25,31-46.

pour le temps présent...

Se non è vero, è ben trovato !


 

C hrist G loire à  T oi

 

 

Voici deux lettres, toutes deux authentiques.

  1. L’une a été écrite par Sœur M., moniale visitandine à Nantes.
  2. La réponse est signée Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT.

Lettre adressée par Soeur M. au siège national de la CGT.

« Madame, Monsieur,

Religieuse cloîtrée au monastère de la Visitation de Nantes, je suis sortie, cependant, le 19 juin, pour un examen médical. Vous organisiez, une manifestation. Je tiens à vous féliciter pour l’esprit bon enfant qui y régnait. D’autant qu’un jeune membre de votre syndicat m’y a fait participer ! En effet, à mon insu, il a collé par derrière sur mon voile l’autocollant ci-joint après m’avoir fait signe par une légère tape dans le dos pour m’indiquer le chemin.

 

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C’est donc en faisant de la publicité pour votre manifestation que j’ai effectué mon trajet. La plaisanterie ne me fut révélée qu’à mon retour au monastère. En communauté, le soir, nous avons ri de bon cœur pour cette anecdote inédite dans les annales de la Visitation de Nantes.

 

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Je me suis permis de retraduire les initiales de votre syndicat (CGT = Christ, Gloire à Toi). Que voulez-vous, on ne se refait pas. Merci encore pour la joie partagée. Je prie pour vous.

 

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Au revoir, peut-être, à l’occasion d’une autre manifestation.

Soeur M.  »

Réponse du secrétaire général de la CGT.

 

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« Ma soeur,

Je suis persuadé que notre jeune camarade, celui qui vous a indiqué le chemin, avait lu dans vos yeux l’humanité pure et joyeuse que nous avons retrouvée dans chacune des lignes de votre lettre. Sans nul doute il s’est agi d’un geste inspiré, avec la conviction que cette pointe d’humour " bon enfant " serait vécue comme l’expression d’une complicité éphémère et pourtant profonde.

 

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Je vous pardonne volontiers votre interprétation originale du sigle de notre confédération, car nous ne pouvons avoir que de la considération pour un charpentier qui a révolutionné le monde.

Avec tous mes sentiments fraternels et chaleureux,

Bernard Thibault, Secrétaire général de la CGT »

 

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vive, la source...

LA MEMOIRE PRESENTE

 

Juste, pour mémoire, quelques méditations… & quelques images…

 

 

 

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L'oubli est la condition indispensable de la mémoire.


 Alfred Jarry (Extrait de Le Périple de la littérature et de l'art)

 

 

 

Il faut rêver à haute voix,

il faut chanter jusqu'à ce que le chant s'enracine, tronc, branches, oiseaux, astres,

chanter jusqu'à ce que le chant engendre et que sourde de la côte du dormeur

l'épi rouge de la résurrection,

l'eau de la femme,

la source pour boire et se voir et se reconnaître et se reprendre,

la source pour se savoir homme,

l'eau qui se parle à elle-même dans la nuit et nous nomme de notre nom …

la vie et la mort ne sont pas des mondes contraires,

nous sommes une seule tige avec deux fleurs jumelles,

il faut désenterrer la parole perdue, rêver vers l'intérieur vers l'extérieur,

déchiffrer le tatouage de la nuit et regarder midi dans les yeux, lui arracher son masque,

se baigner dans le soleil et manger les fruits de la nuit,

épeler l'écriture de l'étoile et du fleuve,

écouter ce que disent le sang et la marée, la terre et le corps,

revenir au point de départ …

 

Octavio Paz

Prix Nobel de littérature 1990

"La Jarre Cassée", dans « Liberté sur parole »

 

 

 

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L'un des avatars philologiques du mot "dolor", en terre gallo-romane, est d'avoir à désigner la douleur et le deuil, selon que l'articulait la langue d'oc ou la langue d'oil ! La peine éprouvée et la peine signalée ! Ainsi, le deuil renvoie à la douleur qu'il montre, et essentiellement une douleur de (devoir) perdre. Etre en deuil, c'est avoir douloureusement perdu : porter le deuil, c'est l'indiquer aux autres. En revanche, faire son deuil de quelque chose ou de quelqu'un, c'est (finir) par y renoncer, avec un assentiment de la volonté, quelque douloureuse que soit la perte, en quelque peine qu'ait coûtée la décision de s'en détacher !

 

"Devoir se résigner à perdre", subir, - et d'autant plus douloureusement, - le deuil, c'est qu'on a été "surpris" sans y être préparé, ou qu'on n'a pas su/voulu reconnaître ses signes avant-coureurs. Se propage alors autour de lui une atmosphère d'injustice diffuse (plainte contre X", comme un sentiment de fatalité avec relents de déception (on était persuadé que cela n'arrive qu'aux autres). Le deuil n'est plus que le constat d'une effraction imméritée, d'un événement fatal, d'une erreur du destin : incapable de confesser son impréparation, chacun (se) doit d'accuser le sort !

 

Payer ses facture dès réception, faire réviser régulièrement sa voiture … ou son cœur, réserver à temps un titre de voyage ou une chambre d'hôtel … est une affaire de discipline personnelle : si le deuil se transforme en signe de mon laisser-aller ou de mon imprévoyance, il ne pourra être vécu que "négativement", c'est-à-dire avec du regret, du remords et de la mauvaise conscience. Il muera vite en lamentation et en auto-dé-responsabilisation : en "partant", l'autre "m'abandonne" ! Et si je reste seul, c'est de sa faute ! Regretter l'autre, alors, c'est d'abord "lui" en vouloir des liens que "nous" avons tissés avec lui !

 

 

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Accompagner celui qui part, m'offre enfin l'occasion de me demander si je sais, - si j'ai appris à, - cultiver en moi, au cours de mon existence quotidienne, qu'il me faut (c'est même mon intérêt !), par nécessité vitale, me détacher, me libérer, me dépouiller en permanence de tout ce que j'accumule, emmagasine et possède, de tout ce dont je "dispose", tant au plan matériel, qu'affectif et spirituel (père, mère, frères et sœurs, famille, mari, épouse, enfants, amis ; ainsi qu'amour, tendresse, certitudes, croyances) … Me faire à cette idée, m'y entraîner : trancher délibérément, pour ne pas me retrouver, un jour (demain, tout à l'heure …) défait, pillé, violé ! Vivre fondamentalement convaincu que je suis né nu, et que je m'en retournerai nécessairement nu, qu'il n'y a aucune raison de ne pas utiliser tout ce dont j'ai besoin et tous mes dons … mais avec la distance intérieure qui me gardera toujours de tomber sous leur dépendance, une distance susceptible d'établir entre moi et le monde, - tout le monde !-, entre moi et la création, - toute la création ! -, entre moi et tous les objets de culture, - toute la culture !  - … la différence fondamentale qui me constitue dans la liberté et signifie que bée un abîme incommensurable entre ce que je suis et ce que j'ai ! Tâche première et toujours ultime de n'exister qu'en fonction de la vie et non de ses aléas ! Si je ne constate pas en moi, profondément ancrée, implantée, enracinée, ou si je n'ai pas acquis, - quel qu'en fût le biais, - cette "évidence de base" que rien ne tient en dehors de la vie, … j'aurai besoin de difficulté (pour ne pas dire brutalement que je serai parfaitement incapable,) à aider un autre, cet autre que j'accompagne, (mon alter ego, mon autre moi-même, "moi autre") : faire le deuil, tout bien considéré, consiste à ré-intégrer l'origine, en re-trouvant l'intégrité prim-ordiale.

 

 


 

 

 

Vécu de la sorte, le deuil provoque des retombées positives, dont la première est le marquage de mon autonomie. Il n'exclut nullement la peine, mais la tristesse ; il ne dispense pas de hurler : mais un temps seulement. Mais il fait articuler des paroles qu'un cœur captif croira, et de bonne foi, irrévérencieux, voire scandaleux, comme celle de devoir convenir sans m'effondrer de désespoir, que sans sa mère ou son père, que sans son mari ou sa femme, etc. on peut vivre fort bien, mais "autrement". Mais porter sa tristesse en bandoulière et ne plus cesser de pleurer, tout cela prouve, - en plus de la peine, - que notre "attachement" nous "ligotait", en fait, à une vie que nous avions cru "nôtre", alors qu'elle appartenant à un autre : le temps s'est arrêté au moment de la perte. Et perdant l'autre, nous perdons tout, c'est que nous ne vivions pas depuis bien avant la perte ! Cela rend un son terrible : c'est pourtant la seule vérité. Mais juger cette réflexion étrange, inhumaine, fausse, ne serait-ce qu'excessive, c'est n'être pas prêt à faire jamais le deuil de qui que ce soit !

 

Rester libre vis-à-vis de ceux qu'on aime et qui vous aiment, - se libérer d'eux, s'il le faut, - est une condition pour continuer à les aimer. N'être pas toujours prêt à se détacher d'eux (partir, laisser, quitter …), c'est exclure d'être jamais libre. C'est n'avoir jamais perçu la voix d'une volonté plus grande, d'une raison plus haute, d'un amour plus fort : toutes les décisions ne s'originent pas dans la chair et le sang. Il se trouve que chacun/chacune est le fils/la fille d'un père (cet homme-là) et d'une mère (cette femme-là), et les remercie pour le don d'une vie reçue. Mais en dépit de toute cette reconnaissance, et la façon dont les parents aiment leurs enfants les entrave dans la conquête de leur autonomie et de leur liberté, "cet" amour est mauvais, intolérable, inadmissible. Si l'amour est nécessaire, il n'est jamais suffisant !

 

 

 

 

 

Il est préférable pour mener une vie sainement libre, de renoncer à ce qui peut paraître important, - et qui l'est indéniablement souvent, - pour ne retenir que ce qui peut être reconnu comme l'absolu nécessaire. La pratique de la vie seule montrera, - comme pour un nécessaire de voyage, - que cela se réduit à "peu de choses" : un ou deux visages indélébilement mémorisés, une voix ou un air, une couleur, un paysage entrevu lors d'un voyage. L'odeur chaude d'une brioche, la pluie sur le carreau un jour de grippe, un livre, peut-être … le tout em-baluchonné dans une ou deux certitudes bien solides ! Tout est vie, tout peut devenir de l'être, si je le devine : on est ce que l'on est devenu. C'est, dans le temps, cette mémoire vive ! Chacun en a connu, des personnes, des lieux, des expériences, et la mémoire même qu'il en a, a transformé son être propre : il ne peut même plus se comprendre lui-même, sans tout ce et tous ceux qui l'ont fait, en déplaçant en lui une bascule ontologique. Il est capable alors de passer d'un état de son être à un autre état, accompagné lui-même en ce passage, par celui qu'il accompagnait à finir sa tranchée …

 

 

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On se sépare aussi sur les chemins de compassion. L'accompagnant dit alors : "Tu sais, si j'avais la parole, n'oublie pas que la tienne résonnait sans arrêt au fond de moi. Et je sais que la mienne était souvent en fait l'écho de ta propre parole. Peut-être ne faisions-nous que compatir l'un avec l'autre, nous passant la parole, comme un bâton de pèlerin … Vois-tu, j'ai cru souvent me parler à moi-même, à l'autre en moi, me souhaitant pour ma tranchée la même résolution de présence, de paix et de silence. Ce doit être quelque chose comme çà le courage ! Je me suis souvent vu partir avec toi, n'attendant rien et tout, ne sachant plus très bien, mais disposé à cadencer mon souffle au rythme du tien. Souvent aussi j'ai cru entendre entre nous vibrer comme un frisson, peut-être parce qu'une porte, "là-bas", s'était ouverte …". L'accompagnant dit alors : "Je vois sur la grand'table la lourde nappe dépliée, achalandée par Dieu sait quels greniers comblés, opulente de Dieu sait quels secrets ! Je vais approcher des places réservées : je voudrais voir la mienne … depuis ici déjà …" L'accompagnant dit alors :

 

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"Enseigne-moi les sutures du tracé minutieux des nouvelles frontières : plus tu t'avances vers là-bas, et moins je suis, et je chancelle. En prenant du champ devant moi, tu éclaires ce dont je ne me doute même pas encore ! Il faut donc nous quitter pour nous voir "autres" !

 

Je garderai, le temps qu'il faudra, ma lampe allumée. Je ne la laisserai pas se consumer en vain : je crois que j'ai appris l'économie, pas l'avarice. Je veillerai sans gaspiller mes réserves. Je planterai ma lumière comme un fanal sur la tranchée. Quand l'alter et l'ego s'apercevront qu'il (n') est (plus) temps, ils se démettront même de leur compassion, pour s'en remettre, en-fin, à la miséricorde et célébrer la vie !".

 

 Vincent-Paul Toccoli,

 in Finale de Petit Traité de la compassion

 

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