Pentecôte digitale

 

Let’s poke together, BXVI!

 

Wouah !

 

Puisque vous êtes désormais mon Pope2you.net, je peux vous retrouver sur YOUTUBE !

http://www.pope2you.net/index.php?id_testi=1

 

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Et nous réciterons ensemble notre iBreviary, mis au point par votre cher don Paolo Padrini - curé de Stazzano particulièrement friand de la conception de petits programmes d’évangélisation digitale - pour techno-prêtres, consultable quotidiennement sur le touch screen du téléphone sur notre iPhone personnel !

Lui s’est déjà positionné sur Facebook. Vous, pas encore, mais je suis sûr que ça viendra ! On va bientôt pouvoir poker et avoir un chat together !

 

Enfin ! Une nouvelle étape d’évangélisation du social networking : on pourra vous toucher « digitalement », créer avec vous un contact plus virtuel que vertueux, puisque nous autres jeunes – à ce qu’on dit de nous -, nous aim(eri)ons passer notre temps à exalter nos émotions sur le www. Don Padrini nous explique que la fonction de son petit programme est ”d’exalter les dynamiques relationnelles sur l’expérience chrétienne”.

 

 

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Wouah !

 

Mais cher BXVI, pourquoi, vous qui êtes si intelligent – le plus grand théologien à ce jour, à ce qui paraît ! Bye Bye, Thomas ! Bye Bye Hans ! -, oui pourquoi, au lieu de vous cacher derrière vos feuilles de lecture, ne passez-vous pas à la cyber-pensée ?

 

C’est bien déjà de leur avoir fait le coup, à la journée mondiale de la Jeunesse à Sydney : mon cousin cartho-de-Versailles y était, et  il est resté vachement surpris du BXVI” - contraction-diminutif utilisé en signature du SMS envoyé par l’organisation à tous les participants !

C’est pourquoi, le janvier d’après, moi-même (pas mon cousin catho-de-Versailles !) j’ai cru les journaux qui annonçaient que vous vous lanciez sur YOUTUBE avec la création de plusieurs chaînes (en italien, anglais, espagnol, allemand) dédiées à toutes vos activités !

 

 

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Et puis ça nous change de JPII : une autre vision, comme on dit ! Vous êtes son antithèse (comme en dissert !) : la puissance de l’image médiatique de l’autre était fortement conditionnée par son aspect ”physique”, ”matériel” : vous vous rappelez ? Vous l’avez peut-être vu de vos yeux nageant en piscine papale (comme Obama dans la mer) ou sur des pistes de ski (normal pour un type des Carpates), ensanglanté Place St-Pierre (ça, ça a marqué, l’attentat de 1981 !) ou lors du suivi de son agonie (là, y z’ont poussé !).

 

Vous, vous flottez plutôt dans l’ ”immatériel” - vous avez même une grande affinité pour ça ! On peut pas dire que ce truc stimule beaucoup l’émotivité populaire, ou celle des jeunes : pas la mienne en tout cas ! Les croyants (comme mon cousin catho-de-Versailles) ont peut-être encore besoin d’imaginer des Papes et des Saints faits de chair et d’os comme tous les autres êtres humains.

 

Moi, je m’en fiche, ch’crois pas !

Un truc pourtant, vous en ferez ce que vous voudrez ! S’il vous parvient (???)

 

Ch’crois pas que vous compreniez bien qu’on parle plus comme avant 68, par exemple ! Même mon cousin catho-de-Versailles – on va au lycée ensemble : il est 1er en français pourtant!- me dit de plus en plus souvent qu’y vous comprend de moins en moins !

Alors, puisque c’est la Pentecôte aujourd’hui, in SPIR ez-vous en !

 

 

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Eux, y paraît que TOUT LE MONDE les comprenait… et y z’avaient ni Facebook, ni Iphone, ni Ipod, ni Ibreviary…

Demandez à votre patron : il lui reste peut-être une langue de feu en rab!

 

 

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Salut !

Le cousin du cousin-catho-de Versailles

REVELATIONS ou HELLSPEL


 

L’actualité fait peur, parce que l’actualité est terrible !

 

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Le plus terrible, c’est quand l’actualité est toujours d’actualité, et enfin quand la terreur est devenue, devientprions pour l’avenir, puisque cela ne sert plus à rien pour le passé et que le présent est déjà loin -, le système, et ici  (horreur totale) : LE système d’éducation !

 

On achève bien les ch’vaux ![1]

 

Voici ce que nous apprenons, révélé d’Irlande[2] et d’Allemagne[3].

 

De la catholique Irlande, la révélation est un scandale qui a duré jusqu’en 1990. Des milliers d'enfants ont été battus, violés, maltraités jusque dans les années 1990 affirme un rapport accablant rendu public après neuf ans d'enquête.

Neuf ans d'investigations, un rapport de 2.600 pages de la commission d'enquête : coups, viols, humiliations, agressions sexuelles. Témoignages de plusieurs milliers d'anciens élèves, des femmes et des hommes aujourd'hui âgés de 50 à 80 ans, ainsi que récits de responsables -à la retraite- de plus de 250 institutions placées sous administration catholique.

 

 

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 Une scène des Magdalene Sisters

 

 

"Un climat de peur, créé par des châtiments insidieux, excessifs et arbitraires a grandi dans la plupart des institutions et dans toutes celles accueillant des garçons. Les enfants vivaient avec la terreur quotidienne de ne pas savoir d'où viendrait le prochain coup". Le système tout entier, entre 1930 & 1990 (soit plus de 60 ans)  traitait les enfants (30.000) davantage comme des esclaves et des détenus que comme des êtres disposant de droits légaux[4].

 

Frères Chrétiens & Soeurs de la Miséricorde agressaient les enfants  pour provoquer chez eux un sentiment de dépréciation (?), ce que de rares inspections présentaient comme des "défauts". A mourir de rire, si cela ne touchait pas le drame : le rapport formule 21 propositions afin que le gouvernement reconnaisse les torts passés, notamment

  1. la construction d'un mémorial permanent,
  2. une aide psychologique aux victimes
  3. et l'amélioration des services de protection de l'enfance en Irlande.

 

Mais 1 : ses conclusions ne seront pas utilisées à des fins judiciaires, en partie parce que les Frères chrétiens (pas fous !) ont intenté avec succès une action contre la commission en 2004 pour que le rapport ne nomme aucun membre de la congrégation, mort ou en vie. Aucune des identités, que ce soit celle des victimes ou des auteurs de mauvais traitements, n'apparaît dans le document final.
En revanche, on est étouffé par les « Sorry ! »

  1. La honte du cardinal, chef de l'Eglise catholique irlandaise,
  2. La grande tristesse des Soeurs de la Miséricorde,
  3. La meilleure est la formulation du  porte-parole des Frères Chrétiens : "il est difficile d'éviter de ressentir de la honte".

Et comme l’argent joue toujours son rôle :

le gouvernement irlandais a déjà octroyé des fonds en faveur d'un dispositif d'indemnisation parallèle, en vertu duquel 12.000 victimes ont reçu en moyenne 65.000 euros. Quelque 2.000 dossiers sont en suspens.
Mais 2 : les victimes bénéficient d'indemnités seulement si elles renoncent à leur droit d'intenter une action en justice contre l'Etat et l'Eglise. Des centaines de personnes ont rejeté cette condition pour traîner devant les tribunaux les auteurs de mauvais traitements et les ecclésiastiques qui les employaient.

 

Michaël Haneke[5] a impressionné Cannes avec "Le ruban blanc", jeudi 21 mai : le film en noir en blanc dissèque les méfaits de l'éducation ultra-répressive en vogue en Europe au début du XXe siècle, il y a donc 100 ans[6].

En 1913, dans une petite communauté rurale de l'Allemagne du Nord, alors que la moisson bat son plein, une série d'actes criminels frappe les esprits. Un câble tendu entre des arbres provoque une grave chute du médecin qui rentrait chez lui à cheval puis l'enfant du baron, grand propriétaire foncier et autorité locale, disparaît. On le retrouvera ligoté et férocement battu. Rituel punitif ? Vengeance personnelle ? Ces actes mystérieux "réveillent des peurs ancestrales", s'interroge le narrateur du film, l'instituteur du village. Le titre, "Le ruban blanc", fait référence au morceau de tissu immaculé que le pasteur fait porter à ses enfants pour leur rappeler "l'innocence et la pureté" qu'il attend d'eux. Une société fortement répressive, dont les enfants et les femmes sont les principales victimes.

 

 

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Dans un ordre social figé dans des hiérarchies séculaires, aristocrates et paysans ont des rapports quasi féodaux et la soumission inconditionnelle exigée des enfants fonctionne sur un modèle d'autorité militaire.

Et Hanecke de décortiquer de manière saisissante une "pédagogie noire" basée sur la torture morale et l'humiliation[7], diffusée en Europe dès le XIXe siècle et jusqu'aux années 1950, via des manuels d'éducation qui furent de gros succès de librairie, étudiés de près par le réalisateur autrichien. Le ruban blanc n'est pas que le portrait d'une génération qui 20 ans plus tard embrassera le nazisme : ce film décortique "les racines de n'importe quel terrorisme, politique, ou religieux".

 

Si on pense savoir ce qui est juste, on devient très vite inhumain !

 

Tomás de Torquemada (1420 à Valladolid - 16 septembre 1498 à Ávila, Espagne), était un moine dominicain, confesseur de la reine Isabelle de Castille et du roi Ferdinand II d'Aragon, et premier Grand Inquisiteur de l'Inquisition espagnole de 1483 à sa mort, soit 15 ans.

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 Tomàs de Torquemada

 

Torquemada est passé à la postérité comme l'un des symboles de l'intolérance et du fanatisme religieux. Son nom est devenu un symbole des horreurs de l'Inquisition, de la bigoterie religieuse et du fanatisme cruel. Toutefois, certains travaux historiques modernes tendent à nuancer cette image en la replaçant dans son contexte historique : le marteau des hérétiques, la lumière de l'Espagne, le sauveur de son pays, l'honneur de son ordre. La torture était la norme dans les tribunaux royaux espagnols. Torquemada ne fut-il que le fruit du catholicisme, ou bien le produit d'une histoire nationale ? Pourtant, son caractère intraitable et la brutalité de son action suscitent toujours beaucoup d'incompréhensions et de protestations, y compris de son vivant : au point que, par trois fois, il dut envoyer un émissaire pour se justifier auprès du pape. En 1836, les libéraux espagnols brisèrent sa tombe dans la chapelle du couvent d'Ávila, et dispersèrent les ossements de celui qu'ils estimaient être l'une des pires incarnations de l'intolérance et du fanatisme.

 

 

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 Bottero

         Le ventre est toujours fécond d’où peut surgir la bête immonde[8]

 

 



[1] On achève bien les chevaux (They Shoot Horses, Don’t They? dans la version originale) est un film américain réalisé par Sydney Pollack, sorti sur les écrans en 1969, inspiré d'un roman de Horace McCoy.

[2] NOUVELOBS.COM | 21.05.2009 | 09:22

[3] NOUVELOBS.COM | 22.05.2009 | 07:48

[4] Le film de Peter Mullan avait alerté l’opinion  publique en 2003 : The Magdalene sisters

[5] Michael Haneke a été deux fois récompensé à Cannes, pour la mise en scène de "Caché" en 2004 et avec "La pianiste", adapté d'un roman d'Elfriede Jelinek, qui trois ans plus tôt avait raflé le Grand Prix et les deux prix d'interprétation,

[6] On se souvient du film Les Désarrois de l'élève Törless (Der junge Törless) : film allemand, réalisé par Volker Schlöndorff, sorti en 1966. Le scénario a été écrit par la compagne de Schlöndorff, Margarethe von Trotta, d'après le roman de Robert Musil. L'élève Törless, pensionnaire dans un internat au début du XXe siècle, observe les actes de cruauté et de masochisme sur l'un des élèves.

[7] Etudiée par la psychanalyste Alice Miller

[8] Bertold Brecht

in X cel 6 des hauts

 

Ascension

 

1

Il faut découvrir l’œil en toute chose.

Giorgio de Chirico

 

 

L’Ascension, c’est l’occasion – rare, en dehors de nos enterrements -, de se demander ce que & s’il y a quelque chose après. Quelque chose pour le corps, notre corps !

Jean Bernard dit que  l’homme est l’animal pour qui  il est impossible de penser qu’il n’y a rien après. Il faut voir !

 

Vivre, survivre ! Dormir, rêver peut-être! To be or not to be!

 

On aime à parler d’attente secrète, en creux, d’espérance implicite, d’aspiration irréversible; et on cite inévitablement l’inévitable berbère latinisé, Augustin d’Hippone: Tu nous as faits pour toi, Seigneur, et notre coeur est sans repos tant qu’il ne repose en toi…

 

Ah, en ce jour, les textes de la liturgie répètent à l’envi l’affirmation, tout d’abord, du fait lui-même de cette ascension, et la signification profonde qu’il revêt pour ceux qui y croient. Affirmation sans détour d’ailleurs, avec une simplicité dans les termes, un détachement de forme et une concision qui n’ont d’égale que la grandeur incroyable du fait ainsi rapporté.

Oui, les rapporteurs, ici, n’ont pas fait dans le mythe enjolivé, dans l’affabulation pompeusement construite, dans l’illusion bâtie sur des enflures ou des à peu près !

 

 

2

Que signifie faire confiance au sérieux de Luc, et au laconisme de Marc -, qui sonne, en la circonstance, comme la proclamation tranquille et forte d’un Credo refusant toute concession à l’anecdotique ou au merveilleux, et dont les témoins paieront de leur vie leur foi en lui – à  Jérusalem, et jusqu’aux confins de la terre ? Oui, que cela signifie-t-il sinon que Sanguis martyrium semen christianorum.

 

La question du corps est une vraie question.

 

3

 

La foi chrétienne s’enracine sur le fait de la Résurrection du Christ, et d’un corps disparu, revenu, et enfin reparti…

On a enlevé le Seigneur du tombeau, déplore Marie de Magdala, et nous ne savons pas où on l’a mis ! Jean entra et vit ! C’est-à-dire qu’il ne vit rien du tout !

 

Supercherie forgée des premiers compagnons? Mais si leurs adversaires avaient pu le retrouver, ce corps, auraient-ils tardé à l’exhiber !

C’est pourquoi la première finale de Marc (et elles ne dirent rien à personne, tellement elles avaient peur !) sonnait tellement vrai, que la première communauté en formation a cru bon, pour s’auto rassurer, d’ajouter encore quelques versets plats et mornes, et qui cassent le relief de cette énormité factuelle : la peur devant la disparition du corps ! Où est-il donc allé ?

Car le tombeau vide invite clairement à aller de l’avant, et de ne pas chercher parmi les morts celui qui est vivant.

 

A ce signe d’absence, renvoyant à une présence autre, Luc n’hésite pas à envoyer en écho un terme quasiment absent dans tout le Nouveau Testament : il parle de preuves de la résurrection, puisque, dit-il, pendant quarante jours, il leur était apparu et leur avait parlé du Royaume de Dieu.

 

Bien sûr, les 40 jours sont là pour nous renvoyer à Moïse dans la nuée du Sinaï et à Élie en marche vers l’Horeb, en attente de la révélation divine : Moïse et Elie avec lesquels, rendez-vous avait été pris par Yahvé sur le Thabor, pour – ENFIN ! - leur révéler de visu, pourrait-on dire, la face visible du dieu invisible ! C’est pourquoi, me semble-t-il, à son tour

 

Jésus,

reconnu au Thabor Christ Messie,

par la Loi Tora (Moïse) et les Prophètes Nebiim (Elie),

- et Pierre, Jacques et Jean -,

peut désormais – et en toute quiétude de l’âme et de l’esprit des croyants -,

être reconnu Fils de Dieu

dans la présence/absence de son corps d’après la mort (on dit glorieux)

sous le signe performatif qu’il institue dans l’Histoire :

 

 

5

le sacrement de la grâce rendue à Dieu le Père Par Lui –Avec Lui & En Lui,

devenu définitivement et à la fois

Autel-Offrande & Prêtre Eternels

à la mesure de l‘Eternité divine qu’il partage avec Celui de qui il vient et à qui il retourne.

 

Sur le Thabor final, le passage par l’histoire des hommes se termine dans une dernière et paisible bénédiction. Alors ils le virent s’élever et disparaître à leurs yeux dans la nuée. En une simple phrase tout est dit de ce qui marque le plus grand triomphe de l’Envoyé du ciel sur la terre des hommes !

 

Et les deux hommes vêtus de blanc - en qui toute une tradition reconnaît à juste titre les Moïse et Élie du précédent rendez-vous (la Transfiguration) sur la montagne, sont là comme deux témoins attestant la vérité du fait. N’ont-ils pas été eux-mêmes comme ravis, emportés dans le ciel ? Alors, oui, ils attestent qu’Il est le Véritable, le Juste et le Saint, l’image du Dieu invisible, redevenu resplendissement de sa gloire !

 

Oui, le chrétien peut témoigner de lui sur la terre et attendre, plein d’espérance, son dernier avènement, comme à Bethléem fut chanté son premier avènement !

Ce même Jésus qui a été enlevé du milieu de vous, reviendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel.

 

******

 

Qu’est-ce que cette démonstration peut bien nous apporter aujourd’hui ?

Ø      Au minimum la possibilité envisagée d’un pont (solide et durable)  qui serait à présent établi entre le ciel (?) et la terre - et entre l’homme et Dieu, ajoute celui qui y croit.

 

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Ø      Au plus la reconnaissance que l’homme Jésus n’est pas seulement le sage, l’innocent, le grand prophète, qui montre l’exemple et enseigne la vérité, mais Quelqu’un dont on (certains, vous, moi, d’autres pas nécessairement idiots !) ) prétendent qu’Il est plus que l’homme Jésus justement : que sa mort semble n’avoir pas été un point final - que la pierre roulée du tombeau peut rouler pour d’autres aussi -, qu’il habite depuis lors un corps autre, que sa présence est aussi réelle qu’altérée par un au-delà insoupçonné du temps et de l’Histoire - les chrétiens disent qu’il est  le Christ glorifié, assis à la droite du Père tout-puissant !

 

Il y a(urait) donc tout à la fois, un ici et un là-bas !

Ø      C’est-à-dire effectivement la réalité et le symbole de notre condition présente : caducités, précarités, limites, épreuves, imperfections…

Ø      Mais aussi le dés emprisonnement possible : la montée vers le ciel du Fils de l’homme qui est au ciel, une route ouverte vers là-bas : ce que les chrétiens appellent la maison du Père.

 

Et tout ce que nous avons connu de beau, de bon, de vrai, de joyeux, d’agréable… n’est pas perdu, l’homme que nous sommes devenu grâce à tout cela, n’est pas perdu non plus et est censé être restitué dans la joie, l’amour, la lumière et la paix.

 


 

 

Y croire, c’est être déjà passé de la mort à la vie. Pierre va jusqu’à (faire) écrire : Sans le voir nous l’aimons ; sans le voir nous croyons. Pour chacun, c’est selon !

Ce corps qui monte, semble dire à notre corps qui est là (et si las !) que nous ne sommes plus des étrangers ni des hôtes, que nous sommes concitoyens de la maison de Dieu.

Comme un crépuscule du matin qui ne se transformerait plus désormais en un crépuscule du soir !

 

 
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La crise?... Quelle crise?

 
Mon vieil ami Gérard Bessière, retiré au fond du Lot, dans son antre de Luzerch... est resté le fin observateur de la scène du monde et de la scène catholique.
 
Son dernier papier m' a paru aussi intéressant que celui de Mgr Albert Rouet, archevêque de Poitiers, sur "le nécessaire repositionnement de l'Eglise Catholique dans le monde" (à la disposition de qui le désire : vincentpaul@toccoli.org)
 
C'est pourquoi , aidé par  acajose.blog.lemonde.fr/ et ses caricatures
je vous livre leurs réflexions "par pensée et par dessin"...
 
Godblog
 
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Crise chez les catholiques

 

            Est-il possible d’analyser en profondeur la « crise catholique » de ces derniers mois ? Le recul du temps sera nécessaire pour en percevoir mieux les composantes et les conséquences. Mais dès cette fin avril, on peut proposer un bref historique, faire des constatations, formuler des interrogations.

 

 

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Bref historique

            La levée de l’excommunication des quatre évêques intégristes, le 21 Janvier 2009, ne leur permettait pas pour autant d’exercer un ministère. Mais qui connaissait cette précision juridique ? La portée symbolique de cette décision fut et demeure considérable. Beaucoup n’ont pas compris que l’excommunication soit levée avant toute négociation.

            Des évêques s’en sont émus, quelques uns d’une manière explicite, d’autres, silencieusement. La plupart furent stupéfaits de n’avoir été aucunement prévenus et d’apprendre par la presse cette initiative du Pape. Rome ne prenait pas en considération la collégialité épiscopale ?

            Les évêques intégristes, de leur côté, réaffirmaient des « réserves » vis-à-vis du Concile Vatican II. Une fois de plus, dans la suite chaotique des négociations entre Rome et Ecône depuis 35 ans (1), le Vatican faisait des concessions sans aucune réciprocité du côté des intégristes. Leur camp criait victoire. Ils allaient enfin sauver l’Eglise, rétablir la vraie Tradition, amener le Pape à réviser le Concile qui avait été manipulé, selon eux, par les juifs et les francs maçons. Ils persistaient dans le refus de la liberté religieuse, de l’œcuménisme, du dialogue inter-religieux, de la laïcité des Etats, de l’ouverture au monde.

 

 

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Williamson

            Beaucoup de catholiques s’étaient émus, mais cette « levée d’excommunication » n’avait guère retenu l’attention de la société : n’était-ce pas une dispute entre catholiques pour ou contre le latin et des usages liturgiques, une querelle interne à l’Eglise ? Un apaisement résigné  aurait bientôt suivi si Mgr Williamson, un des évêques relevés de l’excommunication, n’avait pas fait des déclarations négationnistes. Du coup l’opinion publique s’est dressée : le Pape acceptait-il qu’un évêque soit négationniste ? En Allemagne particulièrement, les réactions furent vives et Angela Merkel intervint. Rome demanda à Mgr Williamson de revenir sur ses propos et rappela la condamnation par l’Eglise de l’antisémitisme et de tout négationnisme.

            En même temps, on attribuait à une mauvaise transmission à l’intérieur du Vatican le fait que Benoît XVI n’avait pas eu connaissance des positions de Mgr Williamson. Des évêques s’étonnèrent publiquement de ces « dysfonctionnements ». Un brouillard demeurait : comment avoir ignoré les positions, qui n’étaient pas d’hier, de cet évêque, alors que les négociations avec Ecône se poursuivent depuis si longtemps et qu’elles ont été particulièrement intenses, avec la participation du Cardinal Ratzinger, à l’approche de la consécration par Mgr Lefebvre des quatre évêques intégristes en 1988 ?

Et comment expliquer que la levée de l’excommunication, rendue publique le 24 Janvier, n’ait pas été abandonnée ou ajournée  alors qu’on avait appris, le 22, l’intervention négationniste de Mgr Williamson ?

            Avec  l’affaire Williamson, le débat n’était plus enfermé dans l’Eglise. Il atteignait toute la société. Ces propos négationnistes étaient-ils le fait isolé d’un individu ? Même si beaucoup d’intégristes ne les partageaient pas, il fallait bien constater qu’un courant antisémite accompagne l’histoire de l’intégrisme depuis l’affaire Dreyfus à la fin du 19e siècle, Maurras et l’Action Française, au 20e. L’opposition avec le texte du Concile sur les rapports avec les Juifs était flagrante. L’opinion publique, bien au-delà de l’appartenance catholique, découvrait que des courants que l’on aurait pu croire internes à l’Eglise concernaient la vie de tous.

 

 

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La lettre du Pape

            Le Pape écrivit –initiative exceptionnelle – une lettre à tous les évêques. Pourquoi ne l’adressa-t-il pas à tous les catholiques ? Il réaffirmait la position de l’Eglise vis-à-vis du peuple juif, il annonçait que la Commission Ecclesia Dei chargée des contacts avec les intégristes travaillerait désormais avec la Congrégation de la doctrine de la foi pour exiger l’acceptation du Concile par les évêques d’Ecône. Il se plaignait, sur un ton très personnel, des attaques dont il avait été l’objet. Il donnait des précisions sur le nombre des prêtres, des diacres, des religieuses intégristes.

            Evènement moins remarqué en France : les évêques autrichiens, en écho avec beaucoup de catholiques de leur pays, refusèrent la nomination épiscopale, à Linz, d’un prêtre qui déclarait que certaines catastrophes naturelles étaient un châtiment divin.

 

La maman de Recife

            L’opinion publique allait se dresser dans une protestation véhémente, internationale, lorsque  l’archevêque de Recife (le successeur d’Helder Camara) excommunia une maman après l’avortement de sa fille de 9 ans, violée, enceinte de deux jumeaux. Le Cardinal Rè, Préfet de la Congrégation des évêques, personnage très élevé de la hiérarchie au Vatican, avait exprimé son approbation de la décision de l’archevêque. Benoît XVI n’était pas impliqué directement, même si l’on pouvait regretter son silence, mais la prise de position de cet archevêque s’ajouta à tous les évènements précédents pour accentuer la réprobation et le rejet de beaucoup par rapport à l’Eglise hiérarchique.

            Des évêques réagirent. La Conférence Episcopale du Brésil déclara que la maman n’était pas excommuniée : elle aurait consenti à l’avortement sous la « pression » des médecins. Mgr Fisichella, président de l’Académie pontificale pour la vie, dans l’Osservatore Romano, tint un langage très humain.

 

 

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Le préservatif


Le 17 Mars, dans l’avion qui le conduit vers le Cameroun, Benoît XVI répond  aux six questions retenues par ses collaborateurs dans la liste proposée par les journalistes. L’une d’elles concerne « la position de l’Eglise catholique sur les moyens de lutter contre le sida » ; le journaliste qui la formule ne prononce pas le mot « préservatif ». Le pape en appelle à « l’âme », à une « humanisation de la sexualité » et à « une amitié vraie » envers les malades, mais il déclare en même temps que la distribution des préservatifs « augmente le problème ». Le bureau de presse du Vatican donnera une version légèrement atténuée (reconnaissant par là même son embarras devant les propos du Pape attestés par les enregistrements au magnétophone ) en écrivant : « cela risque d’augmenter le problème ». La répercussion médiatique est immense, à la mesure de la gravité de la pandémie. Les autres déclarations de Benoît XVI sur les urgences politiques, sociales, humaines des pays visités seront presque ignorées par les médias.

La personnalité et l’autorité morale du pape sont discréditées auprès d’une multitude de personnes, y compris catholiques. Des groupes vont se constituer pour défendre le Souverain Pontife. On va parler , particulièrement en France, de « lynchage médiatique », en oubliant que les médias témoignèrent d’un accueil très positif à Benoît XVI lors de son voyage à Paris et à Lourdes en Septembre 2008.


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Constatations

 

Une opinion publique catholique

            L’accumulation de ces évènements a provoqué beaucoup de gens à réfléchir, à parler, à prendre une attitude critique par rapport à la papauté et à la hiérarchie. Comme au moment de l’éviction de Mgr Gaillot (1995), on a vu se manifester une opinion publique catholique, rejointe par une partie de la population à distance de l’Eglise. Mais cette fois, personne n’est descendu dans la rue ; il n’y a pas eu de protestations collectives devant les évêchés. C’est sur Internet que des dizaines de milliers de personnes se sont exprimées : expression qui tenait parfois du défoulement sans véritable intervention auprès d’interlocuteurs responsables. On ne sait pas combien de lettres furent adressées aux évêques, combien de réactions collectives furent organisées, mais la protestation est restée souvent dans le domaine privé, dans les conversations. Les autorités d’Eglise ont-elles pu mesurer à quel point le fossé se creusait entre elles et une grande partie de la population ?

Géographie du monde catholique.

Une géographie du monde catholique a pu être observée. Certains, particulièrement en Allemagne, se sont fait « débaptiser ». D’autres ont quitté l’Eglise « sur la pointe des pieds ». Beaucoup ont déclaré « avoir mal à leur Eglise ». La masse des « fidèles » est restée silencieuse, spectatrice perplexe, sans même poser de questions aux prêtres. Une force d’inertie séculaire leur fait fréquenter le culte et les habitudes catholiques. Mais jamais les gens n’avaient été informés à ce point-là sur une crise de l’Eglise. A noter au passage que le communiqué du Conseil permanent de l’épiscopat français à propos de la levée de l’excommunication des quatre évêques intégristes n’a guère été lu dans les églises : combien d’évêques ont-ils demandé qu’il soit porté ainsi à la connaissance des « pratiquants » ? Enfin, des catholiques ont pris la défense de Benoît XVI, en accusant les médias, en invitant à considérer les intentions du pape et le contexte de ses interventions. Pour certains, qui constituent  parfois des groupes très actifs, aucune atteinte à la confiance totale au pape ne peut être tolérée. Ils sont fascinés par la figure pontificale au point d’être aveuglés sur telle ou telle parole qui a pourtant été prononcée. Pour eux, l’Eglise se résume dans la personne et la fonction du Souverain Pontife. Cependant que d’autres se sont mis à douter de « l’infaillibilité pontificale » : ils montraient ainsi à quel point « l’infaillibilité », dont les papes n’usent que très exceptionnellement, dans des conditions très précises, a fait progressivement tâche d’huile : pour beaucoup, depuis sa proclamation par le concile Vatican I en 1870, elle semble accompagner toute intervention papale, même dans des domaines où elle ne s’applique pas.

 

Les évêques.

Les évêques français ne sont guère intervenus après la levée d’excommunication. Ils ont fait preuve de beaucoup de prudence. Ils se savaient observés par le nonce apostolique, ils étaient attentifs aux initiatives de leurs collègues dans l’épiscopat, ils ne voulaient pas risquer de laisser apparaître un désaccord avec le Pape. Ils considéraient aussi la diversité de leurs diocésains. Lors de l’affaire Williamson, devant l’émotion exprimée jusqu’à Rome, il était plus facile de rejoindre l’ampleur de la protestation, et quand s’est élevée l’indignation générale après l’excommunication de la maman de la petite Brésilienne, comment rester silencieux ?

 

 

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Questions

 

  1. On parle beaucoup depuis des années de « nouvelle évangélisation », de « visibilité » de l’Eglise. Quel visage d’elle-même a été montré durant ces derniers mois ? Qu’en sera-t-il de la rencontre œcuménique, du dialogue inter-religieux, du compagnonnage entre ceux qui croient au ciel et ceux qui n’y croient pas ?
  2. « L’Eglise », souvent identifiée au Pape et aux évêques, a perdu beaucoup de son autorité : on a parlé de dysfonctionnements, d’inadaptation aux conditions de la « communication » dans le monde actuel, mais ne faut-il pas s’interroger beaucoup plus profondément , y compris sur des « principes » dont l’application se révèle inhumaine ?
  3. L’Eglise, particulièrement dans le domaine éthique, s’exprime avec l’assurance de qui détient la vérité et peut formuler péremptoirement les exigences de la « loi naturelle ». Ne faudrait-il pas qu’elle accepte le débat, en son sein et avec la société ? Témoigne-t-elle de Jésus en maintenant  des positions rigides sur des questions jamais abordées dans les évangiles et en prétendant formuler la « loi de Dieu » ? Ne devrait-elle pas être attentive à la nouveauté et à la complexité des situations et se rappeler, comme l’exprimait St Thomas, que « la première instance morale de l’homme est la conscience » ?
  4. Ne faudrait-il pas que l’Eglise quitte son aplomb vertical, intemporel, pour dialoguer et partager avec nos contemporains ? En restant à l’alternative du permis et du défendu, à la proposition d’un prétendu « idéal » qui ne tient pas compte des conditions concrètes de la vie, n’a-t-elle pas quitté le monde humain ? Est-ce encore moral ? Est-ce évangélique ?
  5. Et à l’intérieur de l’Eglise …Si elle est le « peuple de Dieu », ne faudrait-il pas écouter, à travers les protestations de beaucoup de ses membres, des requêtes légitimes à répercuter et approfondir ? Certains responsables souhaitent que le calme retrouvé permette de continuer comme avant : il en fut ainsi après l’affaire Gaillot en 1995. Ne serait-ce pas refuser de voir que beaucoup de catholiques, et même de prêtres, prennent de plus en plus distance par rapport à l’appareil institutionnel ? Les responsables hiérarchiques ne s’éloignent-ils pas de l’Eglise réelle, faite de toutes celles et de tous ceux qui s’efforcent de suivre Jésus ?
  6. Enfin comment ne pas constater que l’excès de centralisation romaine, l’oubli de la collégialité épiscopale, l’enfermement dans la suffisance doctrinaire, un jugement dépréciatif sur le monde comme si tout était parfait dans les instances catholiques, élargissent sans cesse le fossé entre « L’Eglise » et le monde moderne ?

 

Gérard Bessière    24 Avril 2009

 

Exposé très précis dans le livre de Nicolas Senèze,

La crise intégriste, Editions Bayard, 194 p. 15 euros

 

 

 

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