Palmarès du 61è Festival de Cannes

Cannes, Dimanche 25 mai 2008

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Sean Penn

Il aura fallu un président du jury américain pour que cela arrive.

et son jury

distingué

se sont prononcés

Palme d'Or pour la Jeunesse

 

Laurent Cantet, ENTRE LES MURS,

 

Après 21 ans, Maurice Pialat a trouvé son successeur !

 

Réalisé par  Laurent Cantet

Avec François Bégaudeau

 

 Standing Ovation de 10 minutes

 

François est un jeune professeur de français d’une classe de 4e dans un collège difficile. un jeune professeur de français s'efforce d'enseigner à ses élèves une langue différente de la « tchatche ». Il devra affronter Esmeralda, Souleymane, Khoumba et les autres. François n'hésite pas à pousser les adolescents jusqu'à leurs limites afin de les motiver. Quitte à prendre parfois le risque du dérapage.

 

Du coup, Aïssata, la maman de Boubakar, un des élèves, déjà comblée, se prépare elle pour un autre rendez-vous avec la France ! Loin de Cannes et ses paillettes, elle est convoquée dans la vraie vie mercredi 28 mai, à la préfecture de police pour être régularisée : une autre forme de reconnaissance. Comme quoi une Palme entraîne une autre ! Alors que tous les réalisateurs tournent avec les enfants de la globalisation : la loi cèdera à la Vox Populi ! Au travail : la voie est trouvée. On ne reconnaît plus les bons, on ne reconnaît plus les très bons, on reconnaît les excellents ! Vous avez lu l’avant-veille du Festival : ébranlé par Jérôme Kerviel, le P-DG de la Société générale, Daniel Bouton, a quitté ses fonctions le 12 mai.

 

La gloire est ambiguë : elle doit être gérée avec l’humilité de la grâce !

 

-         Qui est Laurent Cantet ? Un auteur en herbe !

-         Qui sont les acteurs ? Des acteurs en herbe !

-         Qui a le tableau d’honneur ? Des collégiens de la globalisation !

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-         Et qui le 1er Prix de Littérature ?  Lucie Leprêtre - qui vit dans la Creuse, aux confins du Limousin et de l’Auvergne -, elle a seulement 12 ans, elle est en classe de 5ème et elle publie son premier roman ;

 

L’Envol de petit Aigle

 

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Un soir d’automne, dans le village de Gaelia, sous les hautes montagnes de l’Aminor…

Petit Aigle, treize ans, découvre sa mère en larmes. Entre deux sanglots, elle lui avoue qu’il n’est pas son fils. Elle l’a découvert tout bébé, dans la redoutable Forêt des Esprits…

C’est tout le monde de Petit Aigle qui s’écroule. Il est en colère, désespéré et perdu. Avec pour seule compagnie son fidèle loup blanc, il décide de partir à la recherche de ses vrais parents.

Guidé par les rêves qui l’assaillent chaque nuit et par le feu qui brûle en lui, Petit Aigle entreprend donc un voyage périlleux. La faim, la peur, les mauvaises rencontres… les obstacles sont nombreux sur la route de la vérité.

Heureusement il croise aussi des cœurs purs prêts à l’aider. Feufolet, le banni du village à l’âme généreuse. Naoky, le jeune orphelin. Shaïna, son amie, si forte et si fragile… Au bout de sa quête, Petit Aigle découvrira-t-il la vérité sur sa naissance et son rôle en ce monde ?

 

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Décidément ce matin, la jeunesse est à la une... et les collèges font la fête... Cela nous change du sport, du foot, des chevaux et des voitures... Cela nous change du tout corps ! L’espérance ne vient que du sort que l’on fait à l’esprit, qu’il soit sain ou (trois fois) saint : parfois les deux !

Apprenons à devenir a-typiques ?

Respectons le passé, observons le présent, inventons l’avenir !

NB : Consolation à perpétuité pour Catherine Deneuve ! Et jamais fauteuil vide ne fut autant remarqué pour Clint Eastwood ! Adieu l’Histoire, bonjour l’Histoire ! Le 61e Festival de Cannes ouvre la route aux jeunes auteurs ouverts au réel, avec une esthétique proche du documentaire.

Quel réel aujourd’hui ? Complexe, dirait Edgar Morin...

 

  1. Le crime organisé : Grand Prix : GOMORRA de Matteo Garrone
  2. Le pouvoir  politique : Prix du jury : IL DIVO de Paolo Sorrentino
  3. La révolution permanente : Prix d'interprétation masculine : Benicio Del Toro pour CHE (S.Soderbergh)
  4. La pauvreté : Prix d'interprétation féminine : Sandra Corveloni pour LINHA DE PASSE (W.Salles et D.Thomas)
  5. La famille à réinventer : Prix de la mise en scène : LES TROIS SINGES de Nuri Bilge Ceylan
  6. Le mariage à réinventer : Prix du scénario : LE SILENCE DE LORNA de Luc et Jean-Pierre Dardenne
  7. La résistance totale : Caméra d'Or : HUNGER de Steve McQueen (sélection "Un Certain Regard")
  8. L’adolescence : Mention Caméra d'Or : ILS MOURRONT TOUS SAUF MOI de Valeria Gaï Guermanika ("Semaine de la Critique")

 

-          Couronné du Grand prix du festival, "Gomorra" de Matteo Garrone montre la porosité de l'économie aux réseaux mafieux, évoquant la corruption de manière saisissante sans jamais recourir à la mythologie des films de gangsters. Un tel sujet requérait une "mise en scène invisible" et "interdisait toute forme de commentaire", a expliqué l'Italien, âgé de 40 ans. "Je voulais que le film ait un impact émotionnel très fort, en donnant au spectateur la sensation qu'il se trouvait là, qu'il puisse presque sentir l'odeur de ces lieux"

-          Caméra portée, son direct et récit coup de poing, "Linha de Passe" des Brésiliens Walter Salles et Daniela Thomas - qui a valu à Sandra Corveloni le prix d'interprétation-suit les espoirs et les frustrations de quatre garçons d'une même famille, dans un quartier pauvre de Sao Paulo.

-          Couronné du prix du jury, "Il Divo" de l'Italien Paolo Sorrentino, 37 ans, est un portrait féroce de l'ancien chef du gouvernement Giulio Andreotti. Drôle, incisif, réalisé avec brio, il dépeint Andreotti, aujourd'hui âgé de 89 ans, en Machiavel moderne, impénétrable et cynique. Suggérant des liens occultes entre le pouvoir, les loges maçonniques, le Vatican et la mafia, il évoque en une étourdissante farce macabre scandales, morts suspectes et assassinats qui ont émaillé l'histoire récente de l'Italie. "Il Divo" n'a pas été facile à financer en Italie, où nombre de producteurs ont fui ce sujet brûlant, aucune chaîne de télévision n'acquérant les droits de diffusion du film.

-          Primé pour son scénario, "Le silence de Lorna" des Belges Jean-Pierre et Luc Dardenne est un drame de l'immigration illégale.

-          "Hunger" de l'Anglais Steve McQueen, qui a emporté la Caméra d'or du premier film, retrace le combat du Nord-Irlandais Bobby Sands, mort à 27 ans après avoir fait une grève de la faim dans sa prison en 1981 pour obtenir le statut de prisonnier politique avec ses camarades.

Alors : Cocorico ?

La France entre en responsabilité de l’esprit,

comme elle en a la tradition et la capacité !

 « Il y a eu une sorte d'état de grâce qui nous a soutenus tout au long du film », dit Laurent Cantet.  Pas mal pour un film entré dans la compétition sur le tard, presque par défaut, alors même que les sélectionneurs cherchaient désespérément un troisième titre pour défendre les couleurs nationales. Et le voici au bout du festival, salué de la récompense suprême ! Cette classe de 4° est une classe difficile, comme on dit, mais pas forcément plus que la normale. Elle ressemble à la France, souligne le metteur en scène, elle est « multiple, foisonnante, complexe, avec quelques frictions. » Rien n'est occulté des vrais problèmes que peut connaître le système éducatif en France. Enseignants, élèves, administration, parents, chacun y trouvera leçons et devoirs... Plus actuel, tu meurs !

 

 

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Dernier film du Festival : dernier ou second souffle ?

 « Il y a un contexte dans le cinéma qui rend la fabrication des films un peu singuliers de plus en plus difficile ! » constate Laurent Cantet.

Un tombeau ouvert ?