L’actualité fait peur, parce que l’actualité est terrible !

 

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Le plus terrible, c’est quand l’actualité est toujours d’actualité, et enfin quand la terreur est devenue, devientprions pour l’avenir, puisque cela ne sert plus à rien pour le passé et que le présent est déjà loin -, le système, et ici  (horreur totale) : LE système d’éducation !

 

On achève bien les ch’vaux ![1]

 

Voici ce que nous apprenons, révélé d’Irlande[2] et d’Allemagne[3].

 

De la catholique Irlande, la révélation est un scandale qui a duré jusqu’en 1990. Des milliers d'enfants ont été battus, violés, maltraités jusque dans les années 1990 affirme un rapport accablant rendu public après neuf ans d'enquête.

Neuf ans d'investigations, un rapport de 2.600 pages de la commission d'enquête : coups, viols, humiliations, agressions sexuelles. Témoignages de plusieurs milliers d'anciens élèves, des femmes et des hommes aujourd'hui âgés de 50 à 80 ans, ainsi que récits de responsables -à la retraite- de plus de 250 institutions placées sous administration catholique.

 

 

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 Une scène des Magdalene Sisters

 

 

"Un climat de peur, créé par des châtiments insidieux, excessifs et arbitraires a grandi dans la plupart des institutions et dans toutes celles accueillant des garçons. Les enfants vivaient avec la terreur quotidienne de ne pas savoir d'où viendrait le prochain coup". Le système tout entier, entre 1930 & 1990 (soit plus de 60 ans)  traitait les enfants (30.000) davantage comme des esclaves et des détenus que comme des êtres disposant de droits légaux[4].

 

Frères Chrétiens & Soeurs de la Miséricorde agressaient les enfants  pour provoquer chez eux un sentiment de dépréciation (?), ce que de rares inspections présentaient comme des "défauts". A mourir de rire, si cela ne touchait pas le drame : le rapport formule 21 propositions afin que le gouvernement reconnaisse les torts passés, notamment

  1. la construction d'un mémorial permanent,
  2. une aide psychologique aux victimes
  3. et l'amélioration des services de protection de l'enfance en Irlande.

 

Mais 1 : ses conclusions ne seront pas utilisées à des fins judiciaires, en partie parce que les Frères chrétiens (pas fous !) ont intenté avec succès une action contre la commission en 2004 pour que le rapport ne nomme aucun membre de la congrégation, mort ou en vie. Aucune des identités, que ce soit celle des victimes ou des auteurs de mauvais traitements, n'apparaît dans le document final.
En revanche, on est étouffé par les « Sorry ! »

  1. La honte du cardinal, chef de l'Eglise catholique irlandaise,
  2. La grande tristesse des Soeurs de la Miséricorde,
  3. La meilleure est la formulation du  porte-parole des Frères Chrétiens : "il est difficile d'éviter de ressentir de la honte".

Et comme l’argent joue toujours son rôle :

le gouvernement irlandais a déjà octroyé des fonds en faveur d'un dispositif d'indemnisation parallèle, en vertu duquel 12.000 victimes ont reçu en moyenne 65.000 euros. Quelque 2.000 dossiers sont en suspens.
Mais 2 : les victimes bénéficient d'indemnités seulement si elles renoncent à leur droit d'intenter une action en justice contre l'Etat et l'Eglise. Des centaines de personnes ont rejeté cette condition pour traîner devant les tribunaux les auteurs de mauvais traitements et les ecclésiastiques qui les employaient.

 

Michaël Haneke[5] a impressionné Cannes avec "Le ruban blanc", jeudi 21 mai : le film en noir en blanc dissèque les méfaits de l'éducation ultra-répressive en vogue en Europe au début du XXe siècle, il y a donc 100 ans[6].

En 1913, dans une petite communauté rurale de l'Allemagne du Nord, alors que la moisson bat son plein, une série d'actes criminels frappe les esprits. Un câble tendu entre des arbres provoque une grave chute du médecin qui rentrait chez lui à cheval puis l'enfant du baron, grand propriétaire foncier et autorité locale, disparaît. On le retrouvera ligoté et férocement battu. Rituel punitif ? Vengeance personnelle ? Ces actes mystérieux "réveillent des peurs ancestrales", s'interroge le narrateur du film, l'instituteur du village. Le titre, "Le ruban blanc", fait référence au morceau de tissu immaculé que le pasteur fait porter à ses enfants pour leur rappeler "l'innocence et la pureté" qu'il attend d'eux. Une société fortement répressive, dont les enfants et les femmes sont les principales victimes.

 

 

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Dans un ordre social figé dans des hiérarchies séculaires, aristocrates et paysans ont des rapports quasi féodaux et la soumission inconditionnelle exigée des enfants fonctionne sur un modèle d'autorité militaire.

Et Hanecke de décortiquer de manière saisissante une "pédagogie noire" basée sur la torture morale et l'humiliation[7], diffusée en Europe dès le XIXe siècle et jusqu'aux années 1950, via des manuels d'éducation qui furent de gros succès de librairie, étudiés de près par le réalisateur autrichien. Le ruban blanc n'est pas que le portrait d'une génération qui 20 ans plus tard embrassera le nazisme : ce film décortique "les racines de n'importe quel terrorisme, politique, ou religieux".

 

Si on pense savoir ce qui est juste, on devient très vite inhumain !

 

Tomás de Torquemada (1420 à Valladolid - 16 septembre 1498 à Ávila, Espagne), était un moine dominicain, confesseur de la reine Isabelle de Castille et du roi Ferdinand II d'Aragon, et premier Grand Inquisiteur de l'Inquisition espagnole de 1483 à sa mort, soit 15 ans.

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 Tomàs de Torquemada

 

Torquemada est passé à la postérité comme l'un des symboles de l'intolérance et du fanatisme religieux. Son nom est devenu un symbole des horreurs de l'Inquisition, de la bigoterie religieuse et du fanatisme cruel. Toutefois, certains travaux historiques modernes tendent à nuancer cette image en la replaçant dans son contexte historique : le marteau des hérétiques, la lumière de l'Espagne, le sauveur de son pays, l'honneur de son ordre. La torture était la norme dans les tribunaux royaux espagnols. Torquemada ne fut-il que le fruit du catholicisme, ou bien le produit d'une histoire nationale ? Pourtant, son caractère intraitable et la brutalité de son action suscitent toujours beaucoup d'incompréhensions et de protestations, y compris de son vivant : au point que, par trois fois, il dut envoyer un émissaire pour se justifier auprès du pape. En 1836, les libéraux espagnols brisèrent sa tombe dans la chapelle du couvent d'Ávila, et dispersèrent les ossements de celui qu'ils estimaient être l'une des pires incarnations de l'intolérance et du fanatisme.

 

 

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 Bottero

         Le ventre est toujours fécond d’où peut surgir la bête immonde[8]

 

 



[1] On achève bien les chevaux (They Shoot Horses, Don’t They? dans la version originale) est un film américain réalisé par Sydney Pollack, sorti sur les écrans en 1969, inspiré d'un roman de Horace McCoy.

[2] NOUVELOBS.COM | 21.05.2009 | 09:22

[3] NOUVELOBS.COM | 22.05.2009 | 07:48

[4] Le film de Peter Mullan avait alerté l’opinion  publique en 2003 : The Magdalene sisters

[5] Michael Haneke a été deux fois récompensé à Cannes, pour la mise en scène de "Caché" en 2004 et avec "La pianiste", adapté d'un roman d'Elfriede Jelinek, qui trois ans plus tôt avait raflé le Grand Prix et les deux prix d'interprétation,

[6] On se souvient du film Les Désarrois de l'élève Törless (Der junge Törless) : film allemand, réalisé par Volker Schlöndorff, sorti en 1966. Le scénario a été écrit par la compagne de Schlöndorff, Margarethe von Trotta, d'après le roman de Robert Musil. L'élève Törless, pensionnaire dans un internat au début du XXe siècle, observe les actes de cruauté et de masochisme sur l'un des élèves.

[7] Etudiée par la psychanalyste Alice Miller

[8] Bertold Brecht