attention...
AVENT
Dans quatre semaines, un enfant naîtra, comme chaque année depuis 2000 ans, dans un Bethléem qui n’a pas changé : les occupations se suivent et se ressemblent, de la romaine à l’israélienne ! Certaines situations s’éternisent, car elles sont le ‘propre’ même de l’homme dont le péché s’acharne à exploiter ses semblables et à les soumettre au profit – le sien, bien sûr !-, qu’il soit économique, politique, idéologique ou culturel…
Noël aussi doit s’interpréter (au sens d’une interprétation musicale…) dans ce contexte !
Rome (Benoît XVI) aime faire des déclarations du genre:
« L’esprit de consommation risque de faire perdre la signification spirituelle de Noël pour ne voir que l’échange de cadeaux commerciaux. (…) Mais peut-être que la crise mondiale qui touche tant de familles et toute l’humanité peut être un stimulant pour redécouvrir la chaleur, la simplicité, l’amitié et la solidarité qui sont les valeurs mêmes de Noël ». Noël serait à accueillir comme un cadeau personnel : un « message d’espérance qui émane du mystère de la naissance du Christ … Même un non-croyant peut percevoir quelque chose de sa dimension extraordinaire, de sa transcendance, de son caractère intime qui parle au cœur ».![]()
Et c’est vrai !
Paris dit de bien belles choses aussi (Cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris et président de la Conférence des évêques de France) : cette année, la « proclamation » de la naissance du Christ « survient alors que s’accumulent bien des raisons de s’inquiéter ». « Et pourtant c’est bien dans cette vie-là avec ses limites et ses ombres que Dieu a choisi de dresser sa tente … Il ne nous invite pas à sa joie parce qu’il saurait que les choses ne vont pas trop mal, que le plein-emploi serait proche, la guérison des malades presque acquise, la parfaite compréhension entre les hommes en très bonne voie. Dieu nous invite à la joie parce que vient au milieu de nous le Sauveur de tous les hommes. (…) Ceux qui choisissent de vivre avec le Christ trouvent en lui la raison d’être heureux, heureux de l’amour de Dieu, heureux de le partager, heureux d’aider les autres à voir leur vie sous un jour positif, heureux de contribuer à soulager les misères et à construire un monde plus juste. »![]()
Qui peut dire le contraire ?
Le Conseil des Églises chrétiennes en France (Catholiques, Protestants et Orthodoxes) nous somme à une triple injonction pratique : lucidité, espérance, fraternité.
- Lucidité. Notre monde est en crise. (…) La “solution” toujours plus de consommation est une fuite en avant » (…).
- Espérance. (…) Dans une situation actuelle lourde de défiances multiples, il nous appartient de choisir de vivre dans la confiance et l’espérance. (…)
- Fraternité. (…) Sachons écouter celles et ceux qui nous invitent à “fêter Noël autrement”. Avec eux, choisissons la paix envers la planète et entre tous ceux qui la peuplent.
Et Jacques Turck (Directeur du Service national Famille et Société) exige lui, une quadruple attitude : Comprendre, protester, agir, espérer.
- Comprendre : Personne ne semble plus rien comprendre à sa vie, à l’opposé des connaissances scientifiques qui s’affinent pour le bien de l’humanité. Personne ne semble plus pouvoir dominer la financiarisation de l’économie. La démesure a fait perdre le Nord à la boussole de la raison. La cupidité a créé des distances… : entre la finance et l’économie, entre le capital et le travail, entre les hyperactifs et les sans emploi, entre ceux qui possèdent et ceux qui ont faim, soif, qui sont sans toit et sans soins.
Ø Cette distance EST le péché de richesse par excellence.
- Protester : Chacun se croit autorisé maintenant à revendiquer des droits qui le tournent toujours davantage vers lui-même que vers les autres. Pour leur obtention, l’individu est prêt à mettre tous les autres à son service. Il est urgent de dresser l’état des privilèges acquis à une époque où ils avaient leur raison d’être et qui aujourd’hui fragilisent ceux qui ont besoin de se déplacer, d’apprendre, de soigner, de travailler.
Ø Nous SOMMES en état de péché quand les pays riches -dont nous sommes- transforment leur territoire en une propriété privée
- Espérer : L’espérance est confrontée à une crise spirituelle que seuls les entrepreneurs peuvent relever. Loin de nous la peur : il s’agit moins que jamais d’enterrer son imagination et ses biens au lieu de les mettre au service des autres. … Plus qu’un message, Noël est un visage.
Ø La paresse EST un péché aussi grand que l’excès.
A Noël Dieu prend un visage qui ouvre un chemin tout tracé pour servir l’humanité dans la tourmente. Il faut désormais vivre Noël « autrement » !
Je ne vous dis pas encore Joyeux Noël : mais Bon Avent !







Commentaires