TOUS SAINTS

TOUSSAINT 2009

 

Ainsi, la liturgie de ce jour nous invite, d’entrée,  à partager l'exultation céleste des saints et à en goûter la joie : car il y a de la place pour nous chez eux. Les saints ne constituent pas une caste restreinte d'élus : c’est, nous dit-on, une foule innombrable, mondiale, universelle : enfin « catholique », même plus catholique encore que n’est notre Eglise sur terre à ce jour !

 

Et dans cette multitude, nous ne comptons pas seulement les saints officiellement reconnus, mais les chrétiens de chaque époque et de chaque nation, qui ont accompli la volonté de Dieu. Imaginez combien de visages regardent Dieu face et face, et que nous découvrirons quand nous irons à notre tour prendre place, - NOTRE  place -, auprès de lui…

 

 

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Oui, aujourd'hui, l'Eglise fête sa dignité de "Mère des saints » ! Elle est la métropole, c’est-à-dire la Ville Mère, celle de Dieu et des hommes, la ville du seul Dieu et celle de tous les hommes !

La capitale de Dieu ne manque d’aucun type humain : et en ces jours qui sont les nôtres – ici comme ailleurs dans le monde -, elle ne manque certes pas de fils contestataires et rebelles, de fils prodigues, déçus d’eux-mêmes et de leur mère, mais qu’elle sait devoir revenir un jour, parce qu’ils portent en eux les mêmes traits qui resplendissent déjà sur leurs frères glorieux : elle goûtera alors sa joie la plus profonde. Elle verra alors s’accomplir chez les hommes la réalisation du miracle éternel de l’Amour Eternel !  

 

 

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Que nous le livre de la Révélation (c’est ce que veut dire le mot Apocalypse !) – oui, que nous révèle le livre qui porte ce nom ? Il nous révèle que les habitants de la métropole divine sont "une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, de toute nation, race, peuple et langue" (Ap 7, 9). La globalisation : un seul peuple qui comprend

  • les saints du Peuple Choisi - à partir d'Abel le Juste et du fidèle Patriarche Abraham -,
  • ceux du temps de Jésus, le fils de Marie ;
  • les innombrables être humains mis à mort par l’Empire Romain aux débuts de notre Eglise,
  • toutes les femmes et tous les hommes formidables des vingt siècles de notre histoire chrétienne,
  • jusqu'à aujourd’hui, jusqu’à Oscar Romero, assassiné en pleine messe dans sa cathédrale de San Salvador,
  • à l’instar de son confère Thomas Becket, huit siècles plus tôt, en sa cathédrale de Cantorbéry ;
  • jusqu’aux moines de Tiberine, dont on n’a retrouvé que les têtes ( !),
  • à l’instar de leur prédécesseur aux portes du désert, Charles de Foucauld,  assassiné quelque cent ans auparavant sur la rive de la Saoura, dans son misérable ermitage de Béni Abbès.

 

 

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Encore aujourd’hui, les fils de Dieu témoignent du Christ au péril de leur vie, que ce soit au Brésil, en Chine et dans toute l’Afrique…Incarner l'Evangile dans son existence, sous l'irrésistible impulsion de l'éternel animateur du Peuple de Dieu qu'est l'Esprit Saint, demande

  • du courage,
  • encore du courage,
  • et toujours du courage !


Mais à quoi sert donc cette fête, notre louange des saints ? A quoi sert, au fond, de les célébrer ? Serait-ce un genre de cérémonie au monument aux morts de nos guerres successives ? Avec un peu d’orgue et un beau sermon ?

Car si leur aveuglant exemple ne sert qu’à une simple et banale commémoration annuelle, nous leur faisons perdre un morceau d’éternité, et à nous notre temps ! Mais si c’est pour leur demander de raviver en nous le grand désir de vivre proches de Dieu, dans la lumière de sa grâce, dans la grande famille de ses enfants : alors oui !

Ø      Puisque c’est notre vocation, après tout,

Ø      où que nous en soyons de nos démêlés avec nous-mêmes, avec l’Eglise et avec Dieu lui-même.

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Et si la gloire de Dieu, c’est l’homme vivant, alors donnons raison à St Irénée (130-200), l’évêque martyr de Lyon, né à Smyrne, âpre à défendre l'intégrité de la foi :

ü      du dessein de Dieu,

ü      de la vocation de l'homme,

ü      du mystère de l'Église.

 

  • « La splendeur de Dieu est vivifiante: ceux qui voient Dieu, reçoivent la vie.
  • C'est pourquoi, lui, l'insaisissable, l'incompréhensible, l'invisible
  • se donne aux hommes, en se rendant visible, compréhensible et saisissable,
  • pour vivifier ceux qui le reçoivent et ceux qui le voient.
  • Car vivre sans la vie, c'est impossible:
  • la substance de la vie vient de la participation à Dieu;
  • et participer à Dieu, c'est voir Dieu et jouir de son amour.

 

  • Ainsi les hommes verront Dieu pour vivre:
  • par cette vue, ils deviennent immortels et arrivent à Dieu…
  • Jésus, son Fils, est l'exégète du Père,
  • il montre Dieu aux hommes, et présente l'homme à Dieu,
  • tout en préservant l'invisibilité du Père,
  • de peur que l'homme n'en vienne à mépriser Dieu,
  • mais, en même temps,
  • pour qu'il ait toujours des progrès en vue,
  • il rend Dieu visible aux hommes en le montrant  de multiples façons,
  • de peur que, totalement privé de Dieu, l'homme cesse d'être.
  • Oui, la gloire de Dieu, c'est l'homme vivant,
  • et la vie de l'homme, c'est la vue de Dieu.
  • Si la révélation de Dieu, par la création, donne la vie à tout être vivant sur la terre,
  • combien plus la manifestation du Père, par sa Parole devenue Homme, donne-t-elle la vie à ceux qui voient Dieu! »

 

 

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Mais, demanderez-vous, comment pouvons-nous devenir saints, amis de Dieu?

 

Pour être saint, voyez-vous,

  • il n'est pas nécessaire d'accomplir des actions et des oeuvres extraordinaires, ni de posséder des dons exceptionnels ;
  • il est nécessaire avant tout d'écouter Jésus, et de le suivre,  muni de son  courage.

Celui qui a confiance en Lui et l'aime, accepte de se prendre en main : c’est cela vivre, d’abord !

Car il sait bien que celui qui veut garder sa vie pour lui-même la perd, et que celui qui se donne, se perd certes, et trouve précisément ainsi la vie. (cf. Jn 12, 24-25).

 

TOUT CE QUI N EST PAS DONNE EST DEJA PERDU !

 

Le chemin de la croix est un passage obligé : un passage, pas une résidence ! Le chrétien n’a rien à voir avec le sado-masochiste ! Renoncer à soi-même, c’est rejeter ce qui m‘empêche d’avancer  avec persévérance vers mon vrai moi-même !

« Ce sont ceux qui viennent de la grande épreuve - lit-on dans le Livre de la Révélation, l’Apocalypse - ils ont lavé leurs vêtements et les ont blanchis dans le sang, c’est-à-dire la vie de l'Agneau" (v. 14).

 

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Les saints donnent l'exemple de LEUR vie : ils ont ressenti la joie de celui qui a eu raison de faire confiance en Dieu – ça, c’est la foi -, car l'unique cause véritable de tristesse et de malheur pour l'être humain est de vivre loin de Dieu.

La sainteté exige certes un training constant, mais elle est à la portée de tous, si on le décide et qu’on s’y tient.

Dans la seconde lecture, Jean observe: "Voyez quelle manifestation d'amour le Père nous a donnée pour que nous soyons appelés enfants de Dieu. Et nous le sommes!" (1 Jn 3, 1).

Si cela est vrai – et c’est vrai pour celui qui veut devenir saint ! -,

  • comment demeurer indifférent face à un si grand mystère?
  • Comment ne pas répondre amour pour amour ?

Si le Christ a ouvert la voie – et il a ouvert la voie -,

  • imitons-le,
  • lions-nous à Lui,
  • entrons dans le mystère de sa relation à son Père

 

C’est ça, la sainteté !

C’est être Bienheureux par lui, avec lui et en lui, comme l’a fait retentir, il y a un instant, la voix de Matthieu (Mt 5, 3-10). Le pauvre, l'affligé, le doux, l'affamé et assoiffé de la justice, le miséricordieux, le coeur pur, l'artisan de paix; c'est Lui, le persécuté pour la justice.

 

Les Béatitudes dessinent la physionomie spirituelle de Jésus, et expriment ainsi son mystère. A nous de décider si nous voulons ou non participer à sa béatitude. Car il y a quelques arguments imparables, mes amis :

  • avec Lui, l'impossible devient possible : même les chameaux peuvent passer par un trou d'aiguille (cf. Mc 10, 25) !
  • et avec son aide, et uniquement cette aide-là ( !), il est possible de devenir parfait comme le Père céleste est parfait (cf. Mt 5, 48).


[Si la messe suit : Voici, en tout cas, venu le moment d’aller prendre des forces chez lui, puisque dans quelques instants il deviendra présent, sur la terre comme au ciel, avec du pain et du vin terrestres et éternels à la fois ! ]

 

 

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La voilà la communion de l'Eglise, la communion des saints : entre terre et ciel !

 

Amen !

 

 

 

 

Bonne fête, les mamans et les grand mamans

Cette année j’ai voulu écrire un texte pour les grands enfants que nous sommes tous restés !!!

-          Si votre maman est toujours de ce monde, allez-le lui réciter, la main dans la main !

-          Si elle a déjà rejoint le Père des cieux, lisez-le, un soir, devant sa photo, en allumant une petite chandelle !

-          Et puis, envoyez-le à vos amis (n’ayez crainte, il n’y a pas de copyright !)

 

Ou encore, faites-le lire à vos enfants !

 

En tous cas

 

BONNE FÊTE LES MAMANS

 

CE TEXTE QUE VOS GRANDS ENFANTS POURRAIENT AVOIR COMPOSE POUR VOUS !

 

 

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La peine ni la douleur n’ont pu ériger de mur autour de ton cœur

Tu as toujours su laisser une place où je pouvais te rejoindre,

Un accès où me glisser pour ne pas te perdre

Je sais que ce mur de souffrance, je l’ai construit pour ma part

Parce qu’on ne sait pas toujours ce qu’on fait ni ce qu’on dit

Quel que soit l’âge !

Mon souhait serait que pierre après pierre,

Maintenant que je suis devenu « grand »,

J’abatte autant qu’il est possible

La barrière que jeunesse et bêtise

Ont lamentablement dressé entre nous

 

En combien de temps je ne sais, mais j'y arriverai,
Toi et moi nous avons pris des ans,

Et nous savons maintenant

que nos enfants ne sont pas nos enfants, en fait !

Car s’ils sortent de nous,

La vie bien tôt nous les arrache

Et en fait n’importe qui ou quelqu’un

Selon que sur leur route

Ils croisent ou celui-ci ou celui-là

 

 

 

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Le monde reste toujours à découvrir

Et le monde de notre cœur est aussi inépuisable que celui de Dieu

Il nous l’a fait semblable au sien

Pour que, comme lui, il ne désespère jamais de ses enfants…

La vie est toujours neuve

Quand on la donne ou la redonne

 

 

Et quand s’approche l’heure où rejoindre les autres

Là-bas

On sait bien que sa mère sera là

Qui attend depuis notre naissance

Comme le plus beau cadeau

Celui que seul un mot a toujours dépassé

Maman !

 

 

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Ce cri

C’est le manteau où se blottir

Le souffle qui donne vie

La porte jamais fermée pour le retour

Le café du matin

Le gâteau du jeudi

Le baiser pour le voyage et pour la nuit…

 

 

Around midnight

Mon ami Bernard Prate m'envoie ces lignes, en cette veille de dimanche...
Je me suis dit qu'elles vous parleront autant qu'à moi...
J'y ai ajouté quelques images...
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Les maux pour le dire

"... Adorer le Seigneur en Esprit et en Vérité"
 
 
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Certes le sens semble quelque peu ardu à saisir.
Le traducteur a du mal avec ces mots.
Et pourtant.
Ils ont traversés les âges
amenant à chaque époque son éclat,
à chaque culture son échange
et à chaque homme sa réponse.
 
On aura beau traduire,
épuiser les dictionnaires,
piller les synonymes,
user les méninges,
l'adaptation ne pourra en être que fugace, éphémère et transitoire.
 
On aura beau mâcher le travail de lecture,
guider le débutant sur le sentier de la connaissance,
pointer, au loin, là-bas, la connaissance,
on ne pourra faire le chemin à la place de l'élève.
Et tous,
nous ne sommes qu'élèves,
perpétuels débutants,
impénitents potaches de cette quête de sens.
 
C'est cette recherche vivante, active, personnelle,
étayée par l'éventuelle transmission de coeur à coeur,
chahutée par les soucis matériels,
parfois découragée par de perfides remarques et des commentaires jaloux,
oui,
c'est cette recherche qui nous construit,
nous soutient,
nous amène à sa fin.
 
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Tel le conte zen. 
Avant l'aube, maître et disciple quittent le monastère. Longtemps ils avancent dans la campagne vers leur étape. Si longtemps que la fatigue enhardit le disciple à rompre le silence sacré: "Maître quand arriverons-nous?". "Déjà, nous sommes arrivés". Ils poursuivent la route. Doucement redescend le soleil vers son horizon, berçant la fatigue des marcheurs, la pluie aussi s'invite . Elle incite à la question: "Maître?...". "Oui, ... déjà. Arrivés. Oui".
La nuit venue, ils avançaient toujours...
 
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Le Talmud dit que la Torah a 70 visages que chaque visage d'étudiant découvre par sa singularité. (Otiote de Ribbi Âqiva). 
La langue hébraïque n'entretient-elle pas cet épanouissement de la signification par une volontaire ambigüité?
Transmettre de son mieux, traduire, ou plutôt interpréter, pour un temps qui inlassablement fuit, mais laisser les chercheurs trouver seuls. Puis partager avec eux. En silence.
 
Ce sont ces sens-ci, c'est sûr, qui sans cesse se sussurent sans souci.
 
Une interprétation à jamais figée?
Gravée dans le marbre de leur coeur, dirait Jérémie?
Fixée au bois d'une croix?
 
Quels non-sens!  Sens interdits, contre-sens.
Des sens morts, privés de leur fluide vital
 
car cent sens sans sang ne donneront jamais vie à l'être.
 
Alors?
Au début de Jean: Adorer en esprit et en vérité,
puis: Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie,
et finalement: Qu'est-ce que la Vérité?
 
S'il faut chercher, le contexte peut nous diriger ou nous égarer:
  • Jos 24-14 Servez le en intégrité et en vérité
  • 1Sa 12-24 Servez-Le en vérité
  • Est 9-30 des paroles de paix et de vérité
  • Ps 25-5 Fais moi marcher dans ta vérité
  • Ps 30-9 La poussière annoncera-t-elle la vérité?
  • Ps 43-3 Envoie ta lumière et ta vérité
  • Ps 85-11 La vérité germera de la terre
  • Ps 119-151 Tous tes commandements sont la vérité
  • Ps 145- Tous ceux qui t'invoquent en vérité
  • Pro 14-22 La bonté et la vérité sont pour ceux qui méditent
  • Pro 23-23 Achète la vérité et ne la vends point.
  • Isa 38-14 Le père fera connaître aux fils sa vérité
  • Jer 51-14 La vérité a trébuché sur la place publique
  • Jer 59 -5 La vérité fait défaut
  • Jn 1-14 Plein de grâce et vérité
  • Jn 3-21 Celui qui pratique la vérité vient à la lumière
  • Jn 4 ... en esprit et en vérité ...
  • Jn 8-32 La vérité vous rendra libre
  • Rm 1-25 Ceux qui ont changé la vérité en mensonge
  • 2Co 11-10 Comme la vérité de Christ est en moi
  • 2Ti 3-7 qui apprennent toujours et ne peuvent jamais parvenir à la connaissance de la vérité
  • 1Jn 1-18 Si nous disons que nous n'avons pas péché, la vérité n'est pas en nous.

 
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 Et ainsi de chaque verset difficile qu'il faut encore et encore s'approprier.
 
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QUI? QUE? QUOI? Où?

Qui cherchez-vous?

 

Le récit des premiers disciples qui suivent Jésus chez l'évangéliste Jean est tout à fait original par rapport aux trois autres évangiles de Marc, Matthieu et Luc.

Pour les trois premiers (André, un autre disciple – Jean, lui-même ? -, et Simon-Pierre), il n'y a pas à proprement parler d'appel de Jésus, mais une invitation à le suivre : c'est là la seule réponse que Jésus donne au questionnement des deux disciples de Jean Baptiste qui deviennent dès lors disciples de Jésus.

 

 

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Comme toujours chez Jean,

  • il y a ce que l'on raconte, des gestes et des paroles (l’anecdote),
  • et puis il y a ce qu'il faut voir en vérité (et qui n'est perçu que dans la foi).

 

Alors ce qui est étrangeté surprenante devient lumineuse révélation.

 

La démarche des disciples qui débute avec cette scène (Où habites-tu ?) est précisément celle

  1. d'un patient processus
  2. de découverte progressive
  3. du mystère de la personne de Jésus

et il n'est pas d'autre condition à cette découverte que la mise en route. C'est précisément ce à quoi les invite Jésus (Venez et voyez !).

 

 

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Et nous voici invités à notre tour à faire la même démarche que les disciples, en entrant peu à peu dans la perception véritable des paroles et des gestes de Jésus - lesquels restent obscurs à toute lecture et à toute écoute non croyantes.

 

La vie de Jésus est entièrement SIGNE : ses gestes et ses paroles sont signes, & font signe : ils dévoilent et montrent (épiphanie) le mystère de Dieu : c'est cela qu'il faut découvrir et voir dans la foi.

 

Comment rejoindre Jésus nous aussi par une expérience croyante capable de transformer notre regard, notre écoute et notre cœur. Une seule condition à cela semble-t-il : se mettre en route et suivre le Maître jusque chez lui.

 

Que cherchez-vous ? Question que l'on ne retrouvera en effet que deux fois, avec la variante QUE / QUI:

-         à son arrestation au dans le Jardin de Gethsémani : Qui cherchez-vous ?  demande Jésus à la troupe venue s’emparer de lui ;

-         et au matin de la résurrection, dans un autre jardin du Tombeau : question posée à Marie-Madeleine par le mystérieux jeune homme : Qui cherchez-vous ?   

 

 

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Nous avons affaire à une vaste inclusion, au commencement et à la fin, qui encadre tout l’évangile. Entre-temps, on est passé du que au qui. C'est tout l'itinéraire de la foi dans l'évangile qui se situe entre ces deux mots : comment passer

-         d'une recherche qui ne peut pas se nommer (un chercheur de ???)

-         à une confession de foi résolue au Christ (l’acte de foi) qui vient combler la quête du cœur humain.

 

La question des disciples où demeures-tu ? va encore plus loin, jusque  dans une communion intime avec Jésus : percevoir et faire l'expérience de sa vie... Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui (Jn 6,56) : Jésus demeure en celui qui demeure en lui (Jn15). Ainsi : communion

-         de vie (au quotidien),

-         d'amour (reçu/donné),

-         de mission (comme conséquence…) ?

En vue de cela, il faut durer, il faut « demeure».

 

Cohabitation et inhabitation mutuelles de Jésus et du croyant. La demeure de Jésus, c'est en même temps et toujours, la croix et la gloire : la croix de la gloire et la gloire de la croix : Vexilla Regis. Jean semble avoir perçu comme aucun autre évangéliste combien le mystère de la croix n'était rien d'autre que la parfaite manifestation de la gloire mutuelle de Dieu : Père, et Fils & Esprit, dans une preuve d’amour manifesté, livré et vainqueur.

 

Ainsi la réponse de Jésus Venez et voyez est tout de go invitation à l'expérience de foi.

Il s'agit d'apprendre peu à peu, à l'école du Maître (didaskalos), que le parcours qui va

-         de la nuit à la lumière,

-         de la mort à la vie,

-         et de la croix à la gloire,

est bien le parcours qui doit nous conduire, à travers une transformation nécessaire, à une communion de vie et d'amour avec Dieu, en la personne de Jésus.

 

Une aventure qui n'est pas suspendue entre ciel et terre, mais enracinée dans notre existence humaine et passant par tout ce qui arrive. Si Jésus nous rejoint, c’est par les personnes et les événements qui sont à hauteur de notre humanité : alors il apparaît bientôt que ces personnes et ces événements acquièrent une dimension nouvelle et insoupçonnée. La foi leur donne en quelque sorte une autre qualité, un autre goût, une autre couleur… : un autre ordre !

 

 

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Et un soir, au dîner, quelqu’un frappera à la porte :

Etiam, venio cito -  Amen. Veni, Domine Iesu! (Ap 22,20)

Oui, c’est moi, j’arrive ! – Viens Seigneur Jésus !

Le Roi est mort, vive le Roi…


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Le Roi est mort, vive le Roi…

 

Matthieu évoque uniquement ces mages,  mais il n'en fait pas des rois, ne leur donne pas de noms et ne précise pas combien ils sont. Ils sont guidés par l'éclat d'une étoile et prévenus par l'annonce d'un ange et trouvent le lieu de naissance de Jésus. Ils offrent des cadeaux au Christ :

 

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Entrant alors dans le logis, ils virent l'enfant avec Marie sa mère, et, se prosternant, ils lui rendirent hommage ; puis, ouvrant leurs cassettes, ils lui offrirent en présents de l'or, de l'encens et de la myrrhe.  (Matthieu2, 11)

 

Matthieu signale aussi que ces mages venaient d'Orient. Il devait donc s'agir de membres d'une classe sacerdotale importante, comme il en existait alors chez les Perses, ayant à la fois un rôle politique, religieux et scientifique. Autrement dit des païens

 

Si Matthieu ne mentionne pas leur nombre, il énumère en revanche trois cadeaux apportés par eux (or, encens et myrrhe). Selon une interprétation théologique traditionnelle, ils se rapportent à trois aspects de Jésus,

  1. qui est roi (l'or),
  2. qui est Dieu (l'encens, utilisé pour le culte),
  3. mais qui est aussi véritablement homme, et donc mortel (la myrrhe servait à embaumer les morts).

Ainsi les rois mages venant adorer le Christ peuvent symboliser la reconnaissance du christianisme comme religion conforme à la Tradition primordiale (à l'origine de toutes les religions), les mages venant d'Orient représentent les trois pouvoirs :

  1. pouvoir royal (l'or),
  2. pouvoir sacerdotal (l'encens),
  3. et pouvoir spirituel (la myrrhe).

Ces trois pouvoirs correspondent aux trois mondes représentés par les trois couronnes sur l’antique que portaient les papes. Les mages se prosternant devant le Christ signifient que les trois pouvoirs reconnaissent l'orthodoxie du christianisme par rapport à la Tradition primordiale.

Le dernier verset de l’épisode est intéressant :

 

Avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.

 

On n’est plus le même sur le chemin du retour : tout dépend comment on était avant de partir, qui on a rencontré en chemin, et ce qui s’est passé sur la route.

 

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Au retour de la captivité à Babylone (-587-538) le peuple n’est plus le même. Les « autres » existent, et leur dieu est le dieu de tous. Alors, debout ! C’est le temps de la globalisation qui est lancé

 

Les nations marcheront vers ta lumière, et les rois, vers la clarté de ton aurore. Lève les yeux, regarde autour de toi : tous, ils se rassemblent, ils arrivent ; tes fils reviennent de loin, et tes filles sont portées sur les bras. Alors tu verras, tu seras radieuse, ton cœur frémira et se dilatera. Les trésors d'au-delà des mers afflueront vers toi avec les richesses des nations. Des foules de chameaux t'envahiront, des dromadaires de Madian et d'Épha. (Isaïe 60,1-6)


C’est ce que précise Paul aux Ephésiens entre autres :
Ce mystère du Christ -  dont je ne cesse de vous parler dans mes lettres, c'est que les païens sont associés au même héritage que nous, au même corps que nous au partage de la même promesse, dans ce Christ Jésus, par l'annonce de l'Évangile. Eph 3,5-6

 

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      Qu'avait cette étoile au-dessus des autres, qui annoncent dans le ciel la gloire de Dieu ? demande Bossuet. Qu'avait-elle plus que les autres, pour mériter d'être appelée l'étoile du Roi des rois, du Christ qui venait de naître, et d'y amener les mages ? … Quoi qu'il en soit, une étoile qui ne paraissait qu'aux yeux n'était pas capable d'attirer les mages au Roi nouveau-né : il fallait que […] la lumière du Christ soit levée dans leur cœur . À la présence du signe qu'il leur donnait au-dehors, Dieu les toucha au-dedans […]. L'étoile des mages est donc l'inspiration dans les cœurs. Je ne sais quoi vous luit en dedans : vous êtes dans les ténèbres et dans les amusements, ou peut-être dans la corruption du monde : tournez vers l'Orient, où se lèvent les astres ; tournez-vous à Jésus Christ qui est à l'Orient, où se lève comme un bel astre l'amour de la vérité et de la vertu. (J. B. Bossuet (1627-1704), évêque de Meaux, Élévations sur les mystères, Semaine 17, n°2)

 

 

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Je trouve très significatif que ce même jour la liturgie fête deux personnes que la fête des Rois risque de passer sous silence : il s’agit d’un homme et d’une femme qui en leurs siècles, jouèrent les rôles de la globalisation

 

C’est d’abord Odilon de Cluny, Cinquième abbé de Cluny  - énorme abbaye de Saône et Loire, près de Taizé -,  qui vivait  eu tournant du millénaire précédent (962-1048). 

 

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L'abbaye de Cluny avait alors un rayonnement sur toute l'Europe. Odilon était considéré comme le ‘pape’ des bénédictins et exerçait une grande influence sur le Pape et l'Empereur. Lors de la grande famine de 1006, il vendit tous ses biens et mendia avec les mendiants. C'est lui qui instaura la fête des défunts le 2 novembre.

Et ensuite Angèle de Foligno y naquit, à 5 km d’Assise (1245-1309) – juste après la mort de François, en 1226. Elle fut  mariée très jeune :

 

 

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c’était une viveuse, se fichant éperdument de ses devoirs d'épouse et de mère, elle se jetait goulûment dans les plaisirs du monde, avec tous ses excès et ses désordres. Et puis un jour, au milieu du tourbillon qui l'emportait, elle sentit l'aiguillon de la grâce : elle se rendit compte bientôt du vide de sa vie mondaine et dissipée, et comprit le danger qu’elle courait.  L'Ennemi du genre humain tenta en vain d'entraver sa prise de conscience. Mais  une fois revenue de ses extravagances, elle s'élança avec la même fougue sur la voie de la perfection, à la suite de St François d'Assise, dans le Tiers Ordre.

 

Comme tout cela sonne très moderne : nous sommes vraiment des tardifs, vis-à-vis de ces femmes et de ces hommes, qui n’ont pas attendu Internet, l’atome et l’€ ou le $ pour mener une vie pleine, riche et globale !

 

Luc  (17, 20-25) nous rapporte cet épisode où  les Pharisiens demandent à Jésus quand viendrait donc le règne de Dieu. On fait répondre à Jésus :

 

le règne de Dieu est au milieu de vous.

βασιλεία το θεο ντς μν στιν.


Si vous rencontrez aujourd’hui un roi digne de sa fonction, de son rôle été de sa responsabilité, il vous dira quelque chose comme

 

History says :

Don't hope
On this side of the grave.
But then, once in a lifetime
The longed-for tidal wave
Of justice can rise up
And hope and history rhyme.

So hope for a great sea-change
On the far side of revenge.
Believe that a further shore
Is reachable from here.

L'histoire dit :

N'espère rien
De ce côté-ci de la tombe:
Mais, une fois au cours d'une vie
Le raz-de-marée si ardemment désiré
De la justice peut s'élever
Et l'espoir rimer avec l'histoire.

Alors espère en un grand retour des eaux
De l'autre côte de la vengeance.
Crois qu'un autre rivage
Est encore à ta portée.

Seamus Heaney, The Cure at Troy:

Version of Sophocleses' Philocpetes, London, 1990

 

a

De quel amour blessé....


 

3c

Curieuse, terrible - et très romantique (au fond) -, histoire que celle de cette pauvre  Espérie (ou Exupérie), assassinée en  760 et élue patronne de Saint-Céré dans le Quercy [où je vais en Janvier remplacer quelques prêtres africains (sic !), le temps qu’ils aillent saluer leur familles, délaissées depuis plusieurs années, pour venir missionner chez la fille aînée de l’Eglise – tellement aînée désormais qu’elle est devenue vieille fille, sans enfant – ni naturel ni surnaturel…]

 

hp
 

 

La famille d’Espérie / Exupérie avait des biens, des terres et un château, et voulait que leur fille en soit l'héritière. Mais elle refusa le mariage, s'enfuit avec une compagne et se travestit en paysanne. Elle put ainsi rester longtemps dans cette solitude. Son frère, persuadé que ce départ avait d'autres raisons que le service de Dieu, parcourut le Rouergue et l'Aquitaine et finit par la retrouver…  Il était accompagné de celui qui soupirait après elle depuis tant d'années et qui, furieux de se voir opposer un nouveau refus, la décapita en lui disant : Tu seras mon épouse ou tu ne le seras d'aucun.

 

Je pense à ce mot de Serge Gainsbourg (que je n’apprécie pas habituellement !), qui résume bien la question de la mort : Rendre l'âme ? D'accord, mais à qui ?

 

sg
 

 

 

D’après les évangiles, dits de l’enfance, Hérode fit assassiner tous les enfants de moins de deux ans pour éliminer toute velléité de concurrence quant à son (pauvre) trône !

 

 

si
 

 

L’Eglise, bien consciente de ce mystère - qui rendit orphelins non pas les enfants, mais les parents pour le coup -, en place la mémoire liturgique le 28, après avoir célébré le premier jeune homme martyr de la foi nouvelle, Etienne, dès le lendemain, 26 ! On assassine beaucoup à Noël, dans le testament nouveau!

 

 

e
 

 

 

Je ne peux m’empêcher de pleurer avec tous ces parents du Sichuan, à Juyuan, par exemple, privés depuis mai dernier de leur enfant unique (politique le veut) - et donc ‘sans bâton pour leur vieillesse’ (sans Ben Yamin, Benjamin) -, à cause de cette révoltante conjuration de la nature (le tremblement de terre) et de la corruption (des écoles bâties avec de mauvais matériaux).

 

 

c
 

 

 

Et je ne peux m’empêcher de sourire à la nouvelle qu’à Milan (ah ! ces Italiens !), il y aura du caviar pour les pauvres à Noël : après une saisie de plus de 40 kg d'un des caviars les plus chers, la police italienne a décidé d'en faire don aux plus démunis, à Milan. La Croix-Rouge, les moines franciscains, les maisons de retraite et autres associations recevront largement de quoi garnir les tables.

 

cm
 

 

Là aussi, les uns… les autres…

-         A la tête d'un refuge pour SDF et anciens toxicomanes, le père Massimo M., explique qu'il recevra 10 kilos de caviar pour 82 convives, soit pas moins de 120 grammes par personne. C'est deux à quatre fois la portion habituelle servie par les grands restaurateurs.

-         Néanmoins, la réaction des associations caritatives sont mitigées: Tout don est accepté. Il faut cependant se souvenir que les pauvres ont besoin de droits et de dignité, davantage que de produits de luxe, a ainsi déclaré au quotidien le père Virginio C., responsable de la Maison de la charité.

 

Je ne sais pas ce qu’en ont pensé jadis et pensent aujourd’hui

-         Espérie qu’on assassine par amour romantique (avant l’heure !) ;

-         les Saints Innocents qu’on massacre par amour du pouvoir politique,

-         Etienne qu’on lapide par amour fanatique du Dieu unique,

-         les mamans et papas chinois les hommes ont éliminé l’unique espoir, par un aveugle amour du gain,

-         et les SDF italiens dont deux ecclésiastiques vont empoisonner le cadeau de Noël par amour idéologique…

 

C’est çà Noël !

C’est toute cette humanité qui se trompe d’amour,

incapable de comprendre qu’il n’y a d’espoir

qu’au début !

Et que toute chose qui naît porte

avec elle, en elle et par elle-même,

tout l’avenir du monde !

 

7mois
 

 

 

 

Il n’y a pas de Noël sans inauguration !

A chacun de voir

Quoi

& Quand

inaugurer !

 

 

 

 


Se non è vero, è ben trovato !


 

C hrist G loire à  T oi

 

 

Voici deux lettres, toutes deux authentiques.

  1. L’une a été écrite par Sœur M., moniale visitandine à Nantes.
  2. La réponse est signée Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT.

Lettre adressée par Soeur M. au siège national de la CGT.

« Madame, Monsieur,

Religieuse cloîtrée au monastère de la Visitation de Nantes, je suis sortie, cependant, le 19 juin, pour un examen médical. Vous organisiez, une manifestation. Je tiens à vous féliciter pour l’esprit bon enfant qui y régnait. D’autant qu’un jeune membre de votre syndicat m’y a fait participer ! En effet, à mon insu, il a collé par derrière sur mon voile l’autocollant ci-joint après m’avoir fait signe par une légère tape dans le dos pour m’indiquer le chemin.

 

v
 

 

C’est donc en faisant de la publicité pour votre manifestation que j’ai effectué mon trajet. La plaisanterie ne me fut révélée qu’à mon retour au monastère. En communauté, le soir, nous avons ri de bon cœur pour cette anecdote inédite dans les annales de la Visitation de Nantes.

 

cgt
 

 

Je me suis permis de retraduire les initiales de votre syndicat (CGT = Christ, Gloire à Toi). Que voulez-vous, on ne se refait pas. Merci encore pour la joie partagée. Je prie pour vous.

 

cgt

 

Au revoir, peut-être, à l’occasion d’une autre manifestation.

Soeur M.  »

Réponse du secrétaire général de la CGT.

 

th
 

 

« Ma soeur,

Je suis persuadé que notre jeune camarade, celui qui vous a indiqué le chemin, avait lu dans vos yeux l’humanité pure et joyeuse que nous avons retrouvée dans chacune des lignes de votre lettre. Sans nul doute il s’est agi d’un geste inspiré, avec la conviction que cette pointe d’humour " bon enfant " serait vécue comme l’expression d’une complicité éphémère et pourtant profonde.

 

d
 

 

Je vous pardonne volontiers votre interprétation originale du sigle de notre confédération, car nous ne pouvons avoir que de la considération pour un charpentier qui a révolutionné le monde.

Avec tous mes sentiments fraternels et chaleureux,

Bernard Thibault, Secrétaire général de la CGT »

 

d
 

 

 

 

 

 

vive, la source...

LA MEMOIRE PRESENTE

 

Juste, pour mémoire, quelques méditations… & quelques images…

 

 

 

b1
 

 

L'oubli est la condition indispensable de la mémoire.


 Alfred Jarry (Extrait de Le Périple de la littérature et de l'art)

 

 

 

Il faut rêver à haute voix,

il faut chanter jusqu'à ce que le chant s'enracine, tronc, branches, oiseaux, astres,

chanter jusqu'à ce que le chant engendre et que sourde de la côte du dormeur

l'épi rouge de la résurrection,

l'eau de la femme,

la source pour boire et se voir et se reconnaître et se reprendre,

la source pour se savoir homme,

l'eau qui se parle à elle-même dans la nuit et nous nomme de notre nom …

la vie et la mort ne sont pas des mondes contraires,

nous sommes une seule tige avec deux fleurs jumelles,

il faut désenterrer la parole perdue, rêver vers l'intérieur vers l'extérieur,

déchiffrer le tatouage de la nuit et regarder midi dans les yeux, lui arracher son masque,

se baigner dans le soleil et manger les fruits de la nuit,

épeler l'écriture de l'étoile et du fleuve,

écouter ce que disent le sang et la marée, la terre et le corps,

revenir au point de départ …

 

Octavio Paz

Prix Nobel de littérature 1990

"La Jarre Cassée", dans « Liberté sur parole »

 

 

 

cl

 

L'un des avatars philologiques du mot "dolor", en terre gallo-romane, est d'avoir à désigner la douleur et le deuil, selon que l'articulait la langue d'oc ou la langue d'oil ! La peine éprouvée et la peine signalée ! Ainsi, le deuil renvoie à la douleur qu'il montre, et essentiellement une douleur de (devoir) perdre. Etre en deuil, c'est avoir douloureusement perdu : porter le deuil, c'est l'indiquer aux autres. En revanche, faire son deuil de quelque chose ou de quelqu'un, c'est (finir) par y renoncer, avec un assentiment de la volonté, quelque douloureuse que soit la perte, en quelque peine qu'ait coûtée la décision de s'en détacher !

 

"Devoir se résigner à perdre", subir, - et d'autant plus douloureusement, - le deuil, c'est qu'on a été "surpris" sans y être préparé, ou qu'on n'a pas su/voulu reconnaître ses signes avant-coureurs. Se propage alors autour de lui une atmosphère d'injustice diffuse (plainte contre X", comme un sentiment de fatalité avec relents de déception (on était persuadé que cela n'arrive qu'aux autres). Le deuil n'est plus que le constat d'une effraction imméritée, d'un événement fatal, d'une erreur du destin : incapable de confesser son impréparation, chacun (se) doit d'accuser le sort !

 

Payer ses facture dès réception, faire réviser régulièrement sa voiture … ou son cœur, réserver à temps un titre de voyage ou une chambre d'hôtel … est une affaire de discipline personnelle : si le deuil se transforme en signe de mon laisser-aller ou de mon imprévoyance, il ne pourra être vécu que "négativement", c'est-à-dire avec du regret, du remords et de la mauvaise conscience. Il muera vite en lamentation et en auto-dé-responsabilisation : en "partant", l'autre "m'abandonne" ! Et si je reste seul, c'est de sa faute ! Regretter l'autre, alors, c'est d'abord "lui" en vouloir des liens que "nous" avons tissés avec lui !

 

 

nde
 

 

 

Accompagner celui qui part, m'offre enfin l'occasion de me demander si je sais, - si j'ai appris à, - cultiver en moi, au cours de mon existence quotidienne, qu'il me faut (c'est même mon intérêt !), par nécessité vitale, me détacher, me libérer, me dépouiller en permanence de tout ce que j'accumule, emmagasine et possède, de tout ce dont je "dispose", tant au plan matériel, qu'affectif et spirituel (père, mère, frères et sœurs, famille, mari, épouse, enfants, amis ; ainsi qu'amour, tendresse, certitudes, croyances) … Me faire à cette idée, m'y entraîner : trancher délibérément, pour ne pas me retrouver, un jour (demain, tout à l'heure …) défait, pillé, violé ! Vivre fondamentalement convaincu que je suis né nu, et que je m'en retournerai nécessairement nu, qu'il n'y a aucune raison de ne pas utiliser tout ce dont j'ai besoin et tous mes dons … mais avec la distance intérieure qui me gardera toujours de tomber sous leur dépendance, une distance susceptible d'établir entre moi et le monde, - tout le monde !-, entre moi et la création, - toute la création ! -, entre moi et tous les objets de culture, - toute la culture !  - … la différence fondamentale qui me constitue dans la liberté et signifie que bée un abîme incommensurable entre ce que je suis et ce que j'ai ! Tâche première et toujours ultime de n'exister qu'en fonction de la vie et non de ses aléas ! Si je ne constate pas en moi, profondément ancrée, implantée, enracinée, ou si je n'ai pas acquis, - quel qu'en fût le biais, - cette "évidence de base" que rien ne tient en dehors de la vie, … j'aurai besoin de difficulté (pour ne pas dire brutalement que je serai parfaitement incapable,) à aider un autre, cet autre que j'accompagne, (mon alter ego, mon autre moi-même, "moi autre") : faire le deuil, tout bien considéré, consiste à ré-intégrer l'origine, en re-trouvant l'intégrité prim-ordiale.

 

 


 

 

 

Vécu de la sorte, le deuil provoque des retombées positives, dont la première est le marquage de mon autonomie. Il n'exclut nullement la peine, mais la tristesse ; il ne dispense pas de hurler : mais un temps seulement. Mais il fait articuler des paroles qu'un cœur captif croira, et de bonne foi, irrévérencieux, voire scandaleux, comme celle de devoir convenir sans m'effondrer de désespoir, que sans sa mère ou son père, que sans son mari ou sa femme, etc. on peut vivre fort bien, mais "autrement". Mais porter sa tristesse en bandoulière et ne plus cesser de pleurer, tout cela prouve, - en plus de la peine, - que notre "attachement" nous "ligotait", en fait, à une vie que nous avions cru "nôtre", alors qu'elle appartenant à un autre : le temps s'est arrêté au moment de la perte. Et perdant l'autre, nous perdons tout, c'est que nous ne vivions pas depuis bien avant la perte ! Cela rend un son terrible : c'est pourtant la seule vérité. Mais juger cette réflexion étrange, inhumaine, fausse, ne serait-ce qu'excessive, c'est n'être pas prêt à faire jamais le deuil de qui que ce soit !

 

Rester libre vis-à-vis de ceux qu'on aime et qui vous aiment, - se libérer d'eux, s'il le faut, - est une condition pour continuer à les aimer. N'être pas toujours prêt à se détacher d'eux (partir, laisser, quitter …), c'est exclure d'être jamais libre. C'est n'avoir jamais perçu la voix d'une volonté plus grande, d'une raison plus haute, d'un amour plus fort : toutes les décisions ne s'originent pas dans la chair et le sang. Il se trouve que chacun/chacune est le fils/la fille d'un père (cet homme-là) et d'une mère (cette femme-là), et les remercie pour le don d'une vie reçue. Mais en dépit de toute cette reconnaissance, et la façon dont les parents aiment leurs enfants les entrave dans la conquête de leur autonomie et de leur liberté, "cet" amour est mauvais, intolérable, inadmissible. Si l'amour est nécessaire, il n'est jamais suffisant !

 

 

 

 

 

Il est préférable pour mener une vie sainement libre, de renoncer à ce qui peut paraître important, - et qui l'est indéniablement souvent, - pour ne retenir que ce qui peut être reconnu comme l'absolu nécessaire. La pratique de la vie seule montrera, - comme pour un nécessaire de voyage, - que cela se réduit à "peu de choses" : un ou deux visages indélébilement mémorisés, une voix ou un air, une couleur, un paysage entrevu lors d'un voyage. L'odeur chaude d'une brioche, la pluie sur le carreau un jour de grippe, un livre, peut-être … le tout em-baluchonné dans une ou deux certitudes bien solides ! Tout est vie, tout peut devenir de l'être, si je le devine : on est ce que l'on est devenu. C'est, dans le temps, cette mémoire vive ! Chacun en a connu, des personnes, des lieux, des expériences, et la mémoire même qu'il en a, a transformé son être propre : il ne peut même plus se comprendre lui-même, sans tout ce et tous ceux qui l'ont fait, en déplaçant en lui une bascule ontologique. Il est capable alors de passer d'un état de son être à un autre état, accompagné lui-même en ce passage, par celui qu'il accompagnait à finir sa tranchée …

 

 

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On se sépare aussi sur les chemins de compassion. L'accompagnant dit alors : "Tu sais, si j'avais la parole, n'oublie pas que la tienne résonnait sans arrêt au fond de moi. Et je sais que la mienne était souvent en fait l'écho de ta propre parole. Peut-être ne faisions-nous que compatir l'un avec l'autre, nous passant la parole, comme un bâton de pèlerin … Vois-tu, j'ai cru souvent me parler à moi-même, à l'autre en moi, me souhaitant pour ma tranchée la même résolution de présence, de paix et de silence. Ce doit être quelque chose comme çà le courage ! Je me suis souvent vu partir avec toi, n'attendant rien et tout, ne sachant plus très bien, mais disposé à cadencer mon souffle au rythme du tien. Souvent aussi j'ai cru entendre entre nous vibrer comme un frisson, peut-être parce qu'une porte, "là-bas", s'était ouverte …". L'accompagnant dit alors : "Je vois sur la grand'table la lourde nappe dépliée, achalandée par Dieu sait quels greniers comblés, opulente de Dieu sait quels secrets ! Je vais approcher des places réservées : je voudrais voir la mienne … depuis ici déjà …" L'accompagnant dit alors :

 

vg
 

"Enseigne-moi les sutures du tracé minutieux des nouvelles frontières : plus tu t'avances vers là-bas, et moins je suis, et je chancelle. En prenant du champ devant moi, tu éclaires ce dont je ne me doute même pas encore ! Il faut donc nous quitter pour nous voir "autres" !

 

Je garderai, le temps qu'il faudra, ma lampe allumée. Je ne la laisserai pas se consumer en vain : je crois que j'ai appris l'économie, pas l'avarice. Je veillerai sans gaspiller mes réserves. Je planterai ma lumière comme un fanal sur la tranchée. Quand l'alter et l'ego s'apercevront qu'il (n') est (plus) temps, ils se démettront même de leur compassion, pour s'en remettre, en-fin, à la miséricorde et célébrer la vie !".

 

 Vincent-Paul Toccoli,

 in Finale de Petit Traité de la compassion

 

bm
 

 

TOUSSAINT

Vous avez dit :

Communion des saints ?

 

C’est l'union de l'ensemble de tous les Chrétiens

- encore sur terre ou déjà partis –

unis, par leur appartenance au Christ, dans une solidarité

qui traverse et dépasse et l'espace et le temps.

Ils forment ainsi un corps dit « mystique »,

car ce corps inclut ensemble

le visible et l’invisible,

le physique et le spirituel,

le passé et l’avenir

dans le présent même de Dieu : Hier- Aujourd’hui & Demain.

 

t 

 

Paul le Méditerranéen répète aux habitants du port de Corinthe :

 

C'est le même Dieu qui opère tout en tous.

À chacun, la manifestation de l'Esprit est donnée pour l'utilité commune.

C'est le seul et même Esprit qui produit tous nos dons particuliers !

De même  que le corps est un et a plusieurs membres,

et de même que tous les membres du corps, malgré leur nombre,

ne forment qu'un seul corps,

ainsi en est-il du Christ.

Tous, en effet, nous avons été baptisés dans un seul esprit

pour former un seul corps,

et nous avons tous été abreuvés d'un seul Esprit.

Et si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui;

si un membre est honoré, tous les membres s'en réjouissent avec lui.

 

 

C’est pourquoi, la messe de ce jour est particulièrement significative

 

Au Christ s'unissent

 non seulement les hommes encore sur Terre,

mais aussi ceux qui ont déjà rejoint Dieu !

Ainsi

en communion avec Marie,

et  tous les héros de Dieu

les chrétiens constituant l’Eglise

célèbrent l’eucharistie !

(mot qui veut dire : « dire merci ! »

 

Les morts sont entraînés dans l'immense fleuve de vie

de la communion des saints 

chante le théologien orthodoxe Olivier Clément.

 

Et moi aussi je m’y suis mis,

en indiquant, avec Matthieu,

les conditions nécessaires et suffisantes

pour être déclaré « bon pour servir»

dans le corps expéditionnaire

des fantassins de Dieu !

 

 a

 

 

L'important, c'est d'être libre :

respirez la pauvreté,

ne tenez à rien ni à personne :

l'éternité est à ce prix !

L'important, c'est d'être sensible

à la vie, à la mort,

à la joie, à la peine :

le réconfort est à ce prix !

L'important, c'est d'être tendre

à qui résiste,

à qui se donne,

à qui te hait ,

et à qui t'aime :

l'avenir est à ce prix !

L'important, c'est d'être juste

pour qui a tort

et pour qui a raison,

pour qui savait

et pour qui ne savait pas :

la joie est à ce prix !

L'important , c'est d'être créatif

de neuf et d'espérance,

d'amour et de pardon :

la vie est à ce prix !

L'important, c'est d'être pur

devant soi et les autres,

devant les petits et les grands :

Dieu est à ce prix !

L'important, c'est de faire la paix

ici et là,

tout près et loin

si l'on veut être fils de Dieu.

 

……………

Souriez : votre éternité grandit encore !

Tous les prophètes sont passés par là !

 

Alors…

 

 

z

 La Toussaint, sur l'immense place du Zocalo, à Mexico...

     

A notre Dieu et à son Fils

Salut ! Amen !

Louange, gloire, sagesse,

actions de grâce, honneur, puissance et force pour l’éternité !

Amen !

 

L’un des Anciens me dit alors :

 

Ces gens en habits de fête,

qui sont-ils ? D'où viennent-ils ?

 

Ils viennent de la grande épreuve de l’existence humaine.

Ils se sont purifiés dans l’Esprit de Jésus !

Ils se tiennent face à Dieu

maintenant pour toujours !

Le Christ les conduit

jusqu'à la source même de la Vie !

 

Dieu lui-même a essuyé leurs larmes !

 

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Ayons une petite prière pour ceux qui préfèrent les citrouilles !

Eh oui, il y en a!

 

c 

c 

 

 

 

You are my special angel...

 

 Bon Jour à tous mes amis..., et aux autres!

 

Je vais t’envoyer quelqu’un pour veiller sur toi et te conduire là où tu dois aller.

Respecte-le, écoute-le.

Ne lui résiste pas : il ne te le pardonnerait pas, car c’est en fait à moi que tu résisterais...

- Il est ma voix : son nom  - ange ανγελος– veut dire information, ne l‘oublie pas ! -

Mais si tu lui obéis parfaitement, c’est-à-dire si tu fais tout ce que je te dirai,

je te défendrai contre ceux qui te veulent du mal,

je poursuivrai tes persécuteurs.

Mon ange te conduira.

Livre de l'Exode 23,20-23.

 

a

 

"Lorsque l'enfant était enfant, il marchait les bras ballants, voulait que le ruisseau soit rivière et la rivière fleuve, que cette flaque soit la mer... Lorsque l'enfant était enfant, il ne savait pas qu’il était enfant, tout pour lui avait une âme et toutes les âmes étaient une... Lorsque l'enfant était enfant, il n'avait d'opinion sur rien, il n'avait pas d'habitudes, il s'asseyait en tailleur, démarrait en courant, avait une mèche rebelle et ne faisait pas de mines quand on le photographiait..."

"Lorsque l'enfant était enfant, ce fut le temps des questions suivantes: pourquoi suis-je moi, et pourquoi pas moi ? Pourquoi suis-je ici et pourquoi pas là ? Quand commence le temps et où finit l'espace ? La vie sous le soleil n'est-elle pas un rêve ? Ce que je vois, entend, sens, n'est-ce pas simplement l'apparence d'un monde devant le monde ? Le mal existe-t-il vraiment et des gens qui sont vraiment les mauvais ? Comment se fait-il que moi, qui suis moi, avant de devenir, je n'étais pas, et qu'un jour moi, qui suis moi, je ne serai plus ce moi que je suis ?"

. " Merveille de vivre en esprit et d'attester pour l'éternité le spirituel, rien que le spirituel chez les gens.

L’ange DAMIEL à l’ange CASSIEL, dans Les Ailes du Désir, de Wim Wenders).

 

 

 

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